La vidéo :
Le résumé de la vidéo :
Vers l’an 1500, le roi d’Ecosse James IV met au point une expérience qui, selon lui, permettrait de connaître le langage originel des hommes. Pour cela, il isole du reste du monde deux bébés qui viennent de naître et les fait élever par une femme sourde et muette. Exilés sur une île déserte, les bébés auraient ainsi la possibilité de développer leur propre langage, sans aucune influence du monde extérieur. Résultat : les enfants moururent sans jamais avoir prononcé le moindre mot !
Projet complètement fou d’un roi cinglé ? Pas du tout ! James IV était réputé pour sa sagesse et son extrême érudition. Il parlait couramment dix langues ! À vrai dire, l’idée n’était pas nouvelle. Au XIIIe siècle, l'empereur des Romains Frédéric II de Hohenstaufen, monarque également d'une grande culture et qui parlait au moins six langues, avait déjà réalisé ce même genre d’expérience qui s’était soldé par la mort des enfants. Et la mythologie regorge d’exemples d’enfants sauvages : de Jupiter buvant le lait de la chèvre Amalthée à Rémus et Romulus recueillis par une louve...
Cette “expérience interdite”, selon l’expression de l’écrivain Roger Shattuck (1923-2005), intéresse toujours les psychologues d’aujourd’hui. Les recherches récentes montrent que l’absence d'affection durant les premiers mois de vie du nourrisson altère les taux de vasopressine et d'ocytocine, deux hormones au centre des comportements sociaux. C’est prouvé, les câlins rendent les enfants (et le monde) meilleurs !




Six bébés.
Six bébés recueillis dès leur naissance.
Six bébés qui dépérirent et qui finirent par mourir.
Tous sont morts. Sans exception.
C'est ça, l'expérience de Frédéric II que James IV voulut reproduire.
Il voulait absolument découvrir quelle était la langue de Dieu. Plus simplement, il voulait découvrir quelle était la langue naturelle de l’être humain c’est-à-dire quelle langue parlerait un bébé si on ne lui donna aucune indication dès sa naissance.
Il ordonna ensuite à des nourrices de subvenir à leur besoin physiologique à savoir les alimenter, leur donner à boire, les nettoyer et les changer pour qu’ils soient propres.
Mais tout cela avec plusieurs conditions :
Ne jamais leur parler
Ne jamais babiller avec eux
Jamais leur exprimer de l’empathie
Jamais le droit de les câliner
Et jamais le droit de jouer avec eux.
L’isolement affectif total.
Vous l’avez compris, les nouveau-nés étaient isolés et n’avaient pas du tout la possibilité d’avoir des interactions avec les nourrices missionnées spécialement pour cette expérience.
Maintenant, permettez-moi de vous interrompre.
Prenez deux secondes pour imaginer comment serait votre vie sans affection.
C’est bon ?
Terrible, n’est-ce pas ?
Vous n’êtes pas au bout de vos surprises.
En effet, comme je l’ai dit en début de l’article, voici les résultats édifiants : tous les bébés finirent par mourir sans avoir dit un seul mot.
Tous, sans exception.
Étonnant non ? Surtout que tous leurs besoins physiologiques étaient assouvis.
Seulement, il s’avère que cela n’a pas suffi.
Le fait d’avoir été isolé et d’avoir été privés de relations leur a été fatal.
Ils périrent par manque d’affection.
Cette expérience fait écho à celle d'un psychanaliste américain du nom de Spitz qui réalisa une expérience dans les années 40 :
2 groupes de bébés observés, le premier dans un orphelinat, sans affection particulière de la part du personnel qui s'occupait d'eux.
Le second dans une prison, dont les mamans pouvaient donner autant d'amour et d'affection à leurs enfants.
Et Spitz étudia les différences de développement entre les 2 groupes d'enfants. Les bébés élèves sans affection avaient bien sûr beaucoup plus de retards psycho-moteurs que ceux qui étaient élèves dans l'orphelinat.
Ces traumatismes d'enfance se répercutent évidemment à l'adolescence puis à l'âge adulte. L'absence de tendresse durant l'enfance est une véritable fabrique de gens asociaux, pervers voire sociopathes.
C'est bien triste... Tous les enfants méritent l'amour de leurs parents.
J'ai retrouvé le compte-rendu d'un moine sur l'expérience de Frédéric II :
En 1211, l'empereur prit donc des enfants (le nombre varie de deux à plusieurs douzaines selon les récits) et les cloisonna. Le moine Salimbene nous raconte la suite :
"Aussi demanda-t-il à des nourrices d'élever les enfants, de les baigner, de les laver, mais en aucune façon de babiller avec eux ou de leur parler, car il voulait savoir s'ils parleraient l'hébreu, le plus ancien des langages ou le grec, ou le latin, ou l'arabe, ou peut-être encore le langage des parents dont ils étaient issus.
Mais il œuvra pour rien, car tous les enfants moururent… En effet, ils ne pouvaient pas survivre sans les visages souriants, les caresses et les paroles pleines d'amour de leurs nourrices.
— Salimbene, Chronique
Rien sur l'expérience de James IV, par contre...
Je me demande pourtant s'il est vrai que les enfants soient tous morts. Ca me paraît un peu trop gros pour être vrai !
D'autres enfants sauvages ont existé : ils avaient certes de gros retards de développement mais ne sont pas morts pour autant...
Je soupçonne la fake news historique ! Mais nous n'aurons aucune façon de le savoir...
Commentaire vu sur Facebook qui m'a semblé très pertinent :
"Merci pour la vidéo!
Les conséquences néfastes du manque de liens affectifs privilégiés avec un nourrisson sont connus depuis plusieurs décennies en psychologie. Lorsque ce manque de liens affectifs est présent dès la naissance cela conduit à l’hospitalisme. Lorsqu’il y a rupture de liens ayant pu être créés cela donne une dépression anaclitique.
En gros, les nourrissons se laissent mourir (refus de manger notamment). C’est notamment pour cela que les nourrissons des orphelinats où le nursing est réalisé de manière indifférencié connaissent une si grande mortalité.
L’établissement d’un lien affectif privilégié est un besoin vital!"
Beaucoup ne manquent pas d'étaler leur culture dans les commentaires...
Quant à moi, ignare que je suis, je dois me contenter de saluer le très bon travail que vous faites.
Grâce à vous, j'en apprends tous les jours !
Bonne continuation