Le supplice de Tantale: l’a-t-il vraiment mérité?

Le supplice de Tantale

Tantale est le roi de Phrygie (région située grosso-modo au milieu de la Turquie actuelle) et il accumule les richesses grâce aux mines de métaux précieux qu’il exploite de façon intensive. Ce con aurait tout pour être heureux mais sa vanité va le conduire tout droit à sa perte…

Car il y a une chose que Tantale ne supporte pas: c’est sa condition de simple mortel. C’est vrai quoi, il est le fils de Zeus en personne mais, aussi riche soit-il, il doit se contenter de mener la simple vie d’un humain ordinaire. Et les quelques fois où il est invité par son père à venir partager un festin à la table des Dieux sur le Mont Olympe ne suffisent pas à calmer sa colère. Bien au contraire!

À table, sa vanité devient très vite insupportable pour les habitants de l’Olympe. C’est bien simple, les Dieux n’attendent qu’un faux pas de sa part pour lui rabaisser son caquet! Lorsqu’un jour Tantale est surpris en train de voler un pichet d’ambroisie à la table des Dieux pour le ramener sur Terre, les compagnons de Zeus se frottent les mains: voilà enfin l’occasion qu’ils attendaient pour punir leur exécrable invité! La sentence tombe sans appel: Tantale est définitivement exclu de l’Olympe. Bon débarras!

Humilié, Tantale rumine sa vengeance. Quelques années plus tard, il va trouver son père Zeus, se met sous son balcon et l’implore de lui pardonner. Sa punition lui a bien servi de leçon et, en pleurs, il supplie le Dieu des Dieux d’enfin lui pardonner.

– Oh, oh! Zeus! Je t´en prie, encore une fois, montre-toi magnanime. Donne-moi une chance encore, dis! Recommençons!

Tantale aurait donc changé, il le jure! Comme tous les papas du monde, Zeus a envie d’avoir foi en son fils et accepte de donner à Tantale une seconde chance. Pour le remercier, ce dernier organise chez lui un superbe banquet de réconciliation où il invite tous les Dieux.

Bien sûr, ce revirement soudain n’est pas très sincère… Tantale a une idée derrière la tête et, pour le moment, son stratagème fonctionne à merveille! Il reste néanmoins encore un détail à régler… Il va en cuisine, se saisit d’un énorme couteau à la lame affûtée et appelle son fils, Pélops.

– Pélops, vient faire un câlin à papa!

Peu habitué à des élans d’affection, Pélops descend de sa chambre tout joyeux et se rue dans les bras de son père. Alors qu’il serre son fils dans ses bras, Tantale se saisit du couteau et abat la lame dans le dos de Pélops. Puis recommence, encore et encore. Le pauvre gamin a à peine le temps de comprendre ce qui lui arrive que le voilà déjà allongé au milieu de la cuisine, baignant dans une mare de son propre sang.

Sans sourciller, Tantale commence alors son travail: méticuleusement, il découpe son fils en morceaux, les place dans un énorme sac et les amène à son cuisinier en chef.

– Prépare-moi un succulent repas avec cette viande, lui demande alors l’ignoble souverain. Et gare à toi si quiconque se rend compte de la réelle nature de la chair qu’il déguste!

20h00. Les invités de marque de Tantale arrivent dans la salle de banquet du palais de Tantale. Quand vient l’heure du repas, c’est avec un petit regard plein de malice que Tantale observe ses hôtes se servir de la viande qui semble si appétissante. Mais seule Démeter, sans doute perturbée par la disparition de sa fille Perséphone, ne se rend pas compte de la supercherie et mâche à pleines dents un bout de l’épaule de Pélops. Les autres Dieux, heureusement, comprennent aussitôt toute l’horreur de la situation. Ils ne sont pas Dieux pour rien, les bougres…

le-supplice-de-Tantale

Le supplice de Tantale, Gioacchino Assereto, 1630

Le complot de Tantale éventé, les Dieux sont horrifiés. Tantale est un monstre et mérite un châtiment exemplaire. Il est envoyé illico presto dans le Tartare, l’endroit le plus profond du monde souterrain. Immergé dans un fleuve jusqu’au menton, le niveau de l’eau baisse aussitôt qu’il se penche pour boire. Des branches de magnifiques arbres fruitiers pendent juste au dessus de sa tête mais se dérobent aussitôt qu’il tend la main pour s’en emparer.

Entouré de tentations, Tantale est donc condamné à souffrir de la faim et de la soif pour l’éternité.

Et j’ai envie de dire qu’il l’a bien mérité!

____________________________________

Vous avez aimé cet article ? Alors j'ai besoin de vous ! Vous pouvez soutenir le blog sur Tipeee. Un beau geste, facile à faire, et qui permettra à EtaleTaCulture de garder son indépendance et d'assurer sa survie...

Objectif: 50 donateurs
Récompense: du contenu exclusif et/ou en avant-première

Je vous remercie pour tout le soutien que vous m'apportez depuis maintenant 5 ans, amis lecteurs!
Djinnzz

PS: ça marche aussi en cliquant sur l'image juste en dessous ↓↓↓↓

Djinnzz

Créateur et rédacteur d' EtaleTaCulture

Vous aimerez aussi...

9 Réponses

  1. Mélie Mini-Mélie dit :

    J’aime ce genre de défis, même si ce n’était pas très dur, j’ai eu l’impression de revenir dans le passé, comme lorsque j’étais en licence d’histoire de l’art et que, n’ayant pas eu le temps de prendre les références d’une œuvre présentée par le prof, je devais rechercher toutes les références d’un tableau avec pour seul indice, le sujet de l’œuvre en question.
    Me voilà donc partie à la recherche d’informations sur cette mystérieuse œuvre. J’ouvre mon Gombrich (ma Bible) et je regarde s’il n’y aurait pas ladite représentation à l’intérieur pour m’éviter de googliennes recherches… Peine perdue. Je me doute que l’œuvre doit dater du XVIIème siècle, mais n’ayant pas tous mes livres là où j’habite, il va me falloir passer par le support virtuel.
    Je vais donc sur Google Images et je tape « Tantale », je tombe rapidement sur la représentation en question et après avoir visionné quelques blogs indélicats qui ne jugeaient pas utile de citer entièrement leurs sources, je suis tombée sur un qui avait la gentillesse de donner le nom de l’auteur : Gioacchino Assereto.
    Monsieur Larousse ( http://www.larousse.fr/encyclopedie/peinture/Assereto/150915 ) me dit là, que c’est un peintre génois du XVIIème siècle dont l’œuvre se caractérise par « par un goût pour une expression violente qui se manifeste dans ses tableaux de chevalet, aux personnages lourds et aux couleurs sourdes » dans laquelle s’unissent les influences de la peinture lombarde et du Caravage (dont il a été question sur EtaleTaCulture il y a peu de temps) chez lequel il est allé chercher le naturalisme. Le naturalisme du Caravage ? Prendre une morte noyée, le ventre gonflé par l’eau et le début de la décomposition _ les morts ont des gaz_ et représenter la dormition d’une Vierge verdâtre en pleine putréfaction. D’ailleurs, on n’a pas été choqué de voir la Vierge affublée d’un ventre encore rond, c’était fréquent pour rappeler que ledit ventre avait abrité le Sauveur, le diktat du ventre plat avant l’été et la multiplication des régimes miracles n’étaient pas très en vogue encore…
    Cette représentation de Tantale à été probablement peinte aux alentours de 1640 et est conservée au Auckland Art Gallery Toi et Tomaki (j’ai eu beau aller sur le site officiel du musée, je n’ai cependant pas pu trouver la représentation en question, l’information est donc à prendre avec des pincenounettes).
    Je vais en profiter pour rappeler les informations qu’il faut donner quand on site une œuvre, car, et ça me tape sur le système de voir que même les manuels scolaires ne le font pas parfois, ces informations sont tout aussi cruciales que l’œuvre en elle-même. Après avoir donné les informations basiques (Titre de l’œuvre, date, auteur) on rappelle qu’elle est la technique employée, ici c’est une huile sur toile, une technique très répandue. Pourquoi dire la technique ? Parce que le rendu va en dépendre, parce qu’elle ne va pas se patiner pareil, parce qu’elle rend compte bien souvent d’une école ou d’une école. Après avoir donné la technique, on donne ses dimensions : 117 x 101 cm (toujours sous cette forme, et souvent en cm et au millimètre près). Donner la dimension d’une œuvre peut donner une idée à celui qui voit une ridicule et minuscule représentation de ce à quoi elle ressemble réellement, mais pas seulement. Les dimensions d’un tableau sont assujetties à des règles et des normes et les grands modèles sont réservés aux sujets d’histoire et mythologique (d’où le grabuge autour de l’Enterrement à Ornans de Courbet conservé au Musée d’Orsay…), les sujets non nobles, natures mortes (bien que naturaliste et représentant un truc pas vivant, La mort de la Vierge du Caravage qu’on peut reluquer au musée du Louvre n’en est pas une), scènes de la vie quotidienne, paysages, ne pouvant bénéficier d’une œuvre monumentale normalement, la taille est une question de taille, et « plus c’est gros plus c’est… ». La taille et la forme du tableau peuvent également tenir son origine dans l’emplacement pour lequel il était créé, car jusqu’au XIXème siècle, la majorité des œuvres étaient des commandes qui avaient leur place avant même d’être produites. Enfin, pourquoi donner une référence aussi matérielle ? C’est parce qu’il y eut des faussaires tellement géniaux et bêtes en même temps, que leur contrefaçon ne fût démasquée qu’après examen des dites mesures… Faut quand même avouer que c’est ballot de se faire pincer pour une si petite imperfection quand l’expert en venait à douter… C’est d’ailleurs pour cela que tous ceux que l’on voit reproduire des œuvres célèbres, comme au Louvre par exemple, n’utilisent jamais des toiles de la même dimension que l’original … Enfin, on dit, lorsque c’est possible, où se trouve l’œuvre en question des fois qu’il viendrait l’idée à quelqu’un d’aller voir l’œuvre en vrai.
    Donc voilou, La punition de Tantale est une œuvre de Goacchino Assereto (1600-1649 ?) peinte aux alentours de 1640. Conservée depuis 1978 au Auckland Art Gallery Toi et Tomaki, c’est une huile sur toile de 117cm par 101 cm.

    Un enterrement à Ornans : http://www.musee-orsay.fr/index.php?id=851&L=0&tx_commentaire_pi1%5BshowUid%5D=130&no_cache=1
    La Mort de la Vierge : http://www.louvre.fr/oeuvre-notices/la-mort-de-la-vierge

  2. Pilou dit :

    Quand on pense à tantale, on pense á son supplice et je n’avais jamais pensé à réfléchir à la raison de ce supplice !
    C’est vrai qu’il ne l’a pas volé, il n’y a rien de pire que les histoires d’infanterie. La mythologie grecque est décidément pleine de surprises !

  3. DMZ dit :

    Vous auriez pas confondu Zeus avec Marie-Christine, des fois? 😉

    • Pilou dit :

      J’ai mis du temps à comprendre!
      Mais j’ai fini par faire le rapprochement avec la chanson de Nougaro « Je suis sous ton balcon »!

      « – Oh, oh! Zeus! Je t´en prie, encore une fois, montre-toi magnanime. Donne-moi une chance encore, dis! Recommençons! »

      😛

  4. Chokoko dit :

    Oui, Tantale l’a vraiment mérité son supplice.
    Tuer son enfant et le donner à manger à ses invités, c’est mal.

    Un point c’est tout.

  5. Je Dis Rien dit :

    Bah non il a pas mérité x) C’est ces débile s de Dieux qui doivent allez en Enfers mdr genre qui sont trop parfaits les dieux :’) :mrgreen: 😆 👿

  6. BB 95 dit :

    C’est vrai que l’on ne donne pas de vacheries à ses convives…!

  7. HarryPotterPercyJackson dit :

    tantale mériter largement sa penne

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.