
Tous les artistes sont-ils fous ? La question mérite d’être posée tant le petit monde des artistes semble avoir été marqué au cours des siècles par la folie et les troubles psychiques (dépression, bipolarité…). Alors a-t-on tort ou raison de vouloir systématiquement associer folie et génie créatif ? C’est que les exemples marquants ne manquent pas !
Tout le monde pourrait s’accorder à dire qu’un artiste est une personne ayant une sensibilité accrue sur le monde qui l’entoure, qui perçoit avec force d’émotions les choses dans leur expression les plus contradictoires. On a aimé nous vendre l’artiste comme un écorché-vif, un être tourmenté, spleenétique, gagné par cette étrange mélancolie qui semblait tant convenir aux romantiques. Les artistes seraient-ils revenus de leurs pérégrinations intellectuelles avec trop de certitudes, désabusés pour avoir buté sur le casse-tête de l’existence humaine qui met les nerfs à vif et les neurones en sang ? Peintres, écrivains… ils ont beaucoup à exprimer, de grandes aspirations au cœur, mais ce monde leur parait si vide de sens… Et si c’était dans leurs œuvres qu’ils en trouvaient un ?
L’art, la solution à leur souffrance, par lequel ils se déchargent d’un fardeau, sorte d’exutoire au mal être qui les ronge ? Le talent jaillit, poussé par une force nouvelle, cette émotion trop forte qui les accapare. Mais alors, est-ce le fou qui a précédé l’artiste ? Aujourd’hui nous sommes capables d’établir de manière scientifique que certaines maladies psychiques dopent la créativité, mais se prendre pour Picasso fait-il aussi bien peindre que lui ? La folie : catalyseur, catharsis, catastrophe… A force de trop tirer sur la corde, la folie aura raison de certains artistes : Nerval avant de se suicider est aperçu tirant un homard en laisse, Camille Claudel passée l’âge de 50 ans ne quittera plus l’hôpital psychiatrique où elle est internée… Maupassant mourra dans un lieu similaire rongé par la maladie qui lui promettait le pire.

Le Désespéré, Gustave Courbet, huile sur toile (1843) - Autoportrait de l'artiste sous les traits d'un jeune homme qui regarde le spectateur avec désespoir... Reflet des angoisses du peintre ou simple exercice de style ? La question reste ouverte !
Vous admettrez aisément que cet état d’esprit qu’on imagine propre aux artistes n’est pas d’une joie folle et aurait une légère tendance à les rendre dépressifs ou suicidaires. Et les exemples sont légion ! Hemingway, à la fin de sa vie, qui ne supportait pas l’insulte de la vieillesse et se suicida d’un coup de fusil ; Romain Gary, ne voulant pas vieillir, qui attendit l’âge de 66 ans pour en finir à coup de revolver ; Virginia Woolf qui plongea dans une rivière pour mettre fin au spectre de la folie qui planait au-dessous d’elle.
Le monde est dur pour les artistes et, avides de sensations nouvelles et de réconfort, les paradis artificiels seront alors un refuge pour bon nombre d’entre eux.
Le monde est dur pour les artistes et, avides de sensations nouvelles et de réconfort, les paradis artificiels seront alors un refuge pour bon nombre d’entre eux. Rimbaud était victime d’hallucinations ce qui ne devait pas être étranger à ses prises de haschich et d’opium, tout comme Baudelaire (membre du club des Haschischins). Van Gogh souffrait également d’hallucinations visuelles et auditives et était grand consommateur d’absinthe... Mais relativisons, s'il vous plaît ! Le mythe de l’artiste maudit est plaisant, mais l’artiste reste avant tout un homme qui comme tout un chacun peut être ballotté par les cahots de l’existence (deuil, déception amoureuse…) qui donneront des bleus à l’âme ou à l’esprit.
Qu’on se rassure, les statistiques n’accablent pas nos amis les artistes et heureusement un grand nombre d'entre eux se portent plutôt bien. Les artistes ont leur mystique, du fait d’une vie plus exposée, intense, instable et la bohème ne plait pas à tous. Est-ce les bourgeois, par vengeance, qui les auraient caricaturés sous la forme d’êtres dépravés qui finiront leur vie à Charenton ? Aucune inquiétude à avoir donc si en chaque artiste une folie demeure, c’est celle qui leur permet de s’éloigner de la pensée commune, d’interpeller, de faire rêver ou d’émouvoir. Et c’est alors une folie qui, si elle reste disciplinée, devient leur meilleur atout !




Oh non des peintres italiens de la renaissance étaient pas mal dans leur genre, le caravage par exemple était complètement taré, il a fini plusieurs fois en prison pour meurtre ou pedophilie. Voilà voilà...
Après t'en a eut des normaux aussi comme Monnet qui ne vivait que pour ses fleurs et sa peinture ou Durer qui était sein d'esprit et même un théoricien avéré.
Ceci dit je ne suis pas en accord avec ce que tu viens de dire, l'art ne doit pas venir du cœur mais de la tête. Si il suscite des émotions il n'en provient pas, les émotions étant trop chaotiques pour être productives.
Euh... C'est toi qui te pète plus qu'autre chose ma sœur en te comparant aux génies tels que flaubert ou géricault etc c'est sur que si ils avaient eut ta "folie positive" on n'aurait n'ai le radeau de la méduse ni Emma ^^ la folie n'a rien à voir avec la création artistique c'est le génie qui a à voir avec la folie
Maintenant n'intègre pas Amélie Nothomb dans une discussion d'art c'est insultant
L'art ne doit pas venir du cœur mais de la tête? Je pense au contraire qu'il vient bel et bien du "cœur", du ventre, plus que de l'esprit. Un artiste n'est pas un penseur ou un philosophe (parfois il l'est mais dans ce cas il est double), un artiste exprime des émotions, des sentiments, il permet la catharsis... De même qu'un lecteur ou un spectateur ressent, l'artiste ou l'écrivain ressent en créant, il écrit, peint avec ses tripes. Il peut pleurer, rire, se sentir partir dans une frénésie tout en s'adonnant à son art... ces émotions-là partent avant tout du ventre, même si y a une part de réflexion dans l'oeuvre.
Les asiatiques parlent d'ailleurs du ventre, "hara" comme siège principal dans le corps humain. Ils ne lisent pas dans les pensées des gens, mais dans leur hara, dans leur ventre... de même, ils s'expriment avec le hara. A mon sens, les orientaux ont mieux saisi la chose. Lorsqu'on crée, ça vient du plus profond de nous même, ça implique une énergie monstrueuse qui dépasse de loin la sphère de la pensée, de l'esprit, de la tête.
Non ca continue ce nest pas une histoire de temps jen fais partis.yan mercier artiste facebook
Aum