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Tous les artistes sont-ils fous ?

Tous les artistes sont-ils fous ? La question mérite d’être posée tant le petit monde des artistes semble avoir été marqué au cours des siècles par la folie et les troubles psychiques (dépression, bipolarité…). Alors a-t-on tort…

Le cri, Edvard Munch

Tous les artistes sont-ils fous ? La question mérite d’être posée tant le petit monde des artistes semble avoir été marqué au cours des siècles par la folie et les troubles psychiques (dépression, bipolarité…). Alors a-t-on tort ou raison de vouloir systématiquement associer folie et génie créatif ? C’est que les exemples marquants ne manquent pas !

Tout le monde pourrait s’accorder à dire qu’un artiste est une personne ayant une sensibilité accrue sur le monde qui l’entoure, qui perçoit avec force d’émotions les choses dans leur expression les plus contradictoires. On a aimé nous vendre l’artiste comme un écorché-vif, un être tourmenté, spleenétique, gagné par cette étrange mélancolie qui semblait tant convenir aux romantiques. Les artistes seraient-ils revenus de leurs pérégrinations intellectuelles avec trop de certitudes, désabusés pour avoir buté sur le casse-tête de l’existence humaine qui met les nerfs à vif et les neurones en sang ? Peintres, écrivains… ils ont beaucoup à exprimer, de grandes aspirations au cœur, mais ce monde leur parait si vide de sens… Et si c’était dans leurs œuvres qu’ils en trouvaient un ?

L’art, la solution à leur souffrance, par lequel ils se déchargent d’un fardeau, sorte d’exutoire au mal être qui les ronge ? Le talent jaillit, poussé par une force nouvelle, cette émotion trop forte qui les accapare. Mais alors, est-ce le fou qui a précédé l’artiste ? Aujourd’hui nous sommes capables d’établir de manière scientifique que certaines maladies psychiques dopent la créativité, mais se prendre pour Picasso fait-il aussi bien peindre que lui ? La folie : catalyseur, catharsis, catastrophe… A force de trop tirer sur la corde, la folie aura raison de certains artistes : Nerval avant de se suicider est aperçu tirant un homard en laisse, Camille Claudel passée l’âge de 50 ans ne quittera plus l’hôpital psychiatrique où elle est internée… Maupassant mourra dans un lieu similaire rongé par la maladie qui lui promettait le pire.

Le Désespéré, de Gustave Courbet, huile sur Toile, 1843

Le Désespéré, Gustave Courbet, huile sur toile (1843) - Autoportrait de l'artiste sous les traits d'un jeune homme qui regarde le spectateur avec désespoir... Reflet des angoisses du peintre ou simple exercice de style ? La question reste ouverte !

Vous admettrez aisément que cet état d’esprit qu’on imagine propre aux artistes n’est pas d’une joie folle et aurait une légère tendance à les rendre dépressifs ou suicidaires. Et les exemples sont légion ! Hemingway, à la fin de sa vie, qui ne supportait pas l’insulte de la vieillesse et se suicida d’un coup de fusil ; Romain Gary, ne voulant pas vieillir, qui attendit l’âge de 66 ans pour en finir à coup de revolver ; Virginia Woolf qui plongea dans une rivière pour mettre fin au spectre de la folie qui planait au-dessous d’elle.

Le monde est dur pour les artistes et, avides de sensations nouvelles et de réconfort, les paradis artificiels seront alors un refuge pour bon nombre d’entre eux.

Le monde est dur pour les artistes et, avides de sensations nouvelles et de réconfort, les paradis artificiels seront alors un refuge pour bon nombre d’entre eux. Rimbaud était victime d’hallucinations ce qui ne devait pas être étranger à ses prises de haschich et d’opium, tout comme Baudelaire (membre du club des Haschischins). Van Gogh souffrait également d’hallucinations visuelles et auditives et était grand consommateur d’absinthe... Mais relativisons, s'il vous plaît ! Le mythe de l’artiste maudit est plaisant, mais l’artiste reste avant tout un homme qui comme tout un chacun peut être ballotté par les cahots de l’existence (deuil, déception amoureuse…) qui donneront des bleus à l’âme ou à l’esprit.

Qu’on se rassure, les statistiques n’accablent pas nos amis les artistes et heureusement un grand nombre d'entre eux se portent plutôt bien. Les artistes ont leur mystique, du fait d’une vie plus exposée, intense, instable et la bohème ne plait pas à tous. Est-ce les bourgeois, par vengeance, qui les auraient caricaturés sous la forme d’êtres dépravés qui finiront leur vie à Charenton ? Aucune inquiétude à avoir donc si en chaque artiste une folie demeure, c’est celle qui leur permet de s’éloigner de la pensée commune, d’interpeller, de faire rêver ou d’émouvoir. Et c’est alors une folie qui, si elle reste disciplinée, devient leur meilleur atout !

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Vos commentaires.

16 commentaires
Kanntr

"On retrouve la plume la plume des plus grands compositeurs du XXIIIème siècle" ??? :???:
...J'ai rien compris à ce que vous vouliez dire...

Je rejoins l'auteur , je suis moi-même persuadé qu'un artiste de talent a forcément une ou plusieurs cases en moins.

Geets

En réponse à un commentaire précédent

Euh... T'es sûre d'avoir lu le bon article???

Eva

Quand on voit Amélie Nothomb on se demande si la folie des artiste à vraiment disparut ! (j'adore cette femme)
En tant qu'artiste moi-même (à comprendre dans le sens "aime créer des choses" et pas dans le sens "je me la pète parce que je suis géniale" évidemment) je peux dire que la folie nous poursuit toujours. Seulement il y a deux type de folie : la négative (celle qui finit par tuer) et la positive (celle dont je suis "victime").
La folie positive pour un artiste le pousse simplement à penser de façon illogique d'après la norme (la norme étant le plus grand nombre ici) et à paraître extrêmement étrange, donc fou.
est-ce une question d'intelligence ? (on se rassure comme on peux) ou une question de folie ? Je penche personnellement pour la folie. Etre considéré comme dingue est un compliment à mes oreilles.

Et puis bon, faut arrêter avec l'artiste tourmenté ! Parce que maintenant les gens qui se prennent pour des poète se sentent obligé d'être malheureux pour écrire... Sérieux, je ne suis pas crédible puis que je s=ne suis pas suicidaire !... Forcément....

Guillaume

Je pense très sincèrement que certains artistes sont tourmentés mais pas fou!
Par tourmenté j'entends bien évidement être angoissé.

Je pense que certaines personnes ici connaisse Hans Bellmer, qui à créer la fameuse poupée.
J'ai vue la poupée durant l'exposition au centre Pompidou de Metz en novembre 2011, et en voyant cette oeuvre je me suis tout de suite dit qu'il devait essayer d'exprimer quelque chose en rapport avec sa sexualité.....

Personnellement je fait de la peinture et de l'art numérique, et depuis mon enfance j'ai toujours aimé créer, il y a même une époque ou j'aimais créer des bandes dessiné.....
Et oui je me définis comme quelqu'un d'angoissé et de torturé et quand je peint ou je dessine sur mon ordinateur sa me fait du bien......

Anne

Il est vrai que les symptomes psychiques chez les artistes étaient très courants en particulier a partir de la Renaissance. En rapprochant ce fait d'une donnee scientifique, la notion de malédiction disparait : de nombreux produits utilisés par les peintres durant cette periode, contenaient des neurotoxiques en quantité très importante : du plomb pour la couleur blanche ou jaune, du cadnium pour les rouges ou encore du mercure... et les encres utilisés par les écrivains étaient elles aussi fabriquées a base de toxiques. Donc un artiste au départ simplement créatif, après plusieurs mois ou années passés a respirer les vapeurs d'encre, a broyer des pigments ou a ingérer des particules de peinture développait une intoxication sévère et devenait "fou".