[Monuments de Paris] Les petits secrets de l’Hôtel de Ville

Vous souvenez-vous? Voici deux mois, j’emmenais mon ami Pierre visiter le Panthéon. Aujourd’hui, je me suis mis en tête de lui proposer d’aller voir l’Hôtel de Ville, ce monument que tout le monde croit connaître car il s’impose au regard, que l’on se trouve sur sa vaste place ou sur les quais et les ponts alentours, mais dont en fait on ignore souvent tout ou presque.

– Notre virée au Panthéon, tu m’as dit que ça t’avait plu, Pierre. Alors, que dirais-tu d’une petite visite à l’Hôtel de Ville aujourd’hui? Tu connais?
– Ben, bien sûr, je passe devant tous les jours pour aller bosser.
– Ah bon! Mais tu es tout de même d’accord pour y faire un tour? Peut-être le regarderas-tu différemment ensuite?
– Dis-moi tout! Tu veux encore me faire étalage de ton savoir! Ouais! Pourquoi pas. Mais j’te dis, j’le connais par cœur. C’est bien pour te faire plaisir.
– Mais ça nous permettra peut-être de rafraîchir notre savoir à tous les deux, non?

Histoire de nous laisser le temps d’une petite entrée en matière, tant visuelle qu’historique, nous nous donnons rendez-vous au pied de la Tour Saint-Jacques et prenons l’avenue Victoria qui nous permet de découvrir l’édifice progressivement, au travers des feuilles naissantes de la double rangée d’arbres.

Le port de la Grève

– Dis-moi, pendant que nous marchons tranquillement vers la place, sais-tu pourquoi ce bâtiment se trouve à cet endroit?
– Ben, heu… Il y avait un terrain libre, non? et nous sommes au cœur de la capitale.
– Pas tout à fait! Au cœur de la capitale, c’est vrai. Mais il y a une raison historique lointaine à cela.
– Ah oui! Laquelle donc?
– Ce sont les « marchands de l’eau ». Dès l’époque gallo-romaine, le commerce et tout le ravitaillement de Lutèce passaient par le trafic fluvial effectué par les « Nautae Parisii », premiers « armateurs parisiens », comme rappelé par M. Hittorf, célèbre architecte du XIXe siècle, lors de la visite de la Place de la Concorde.
– Oui, et alors?
– Ces activités demandaient de disposer de ports où décharger et entreposer les marchandises. Ceux-ci, très sommaires, prirent d’abord place autour de l’île de la Cité, mais progressivement certains naquirent sur la rive droite. L’un des tout premiers et des plus importants s’installa au XIIème siècle en face de l’île de la Cité sur une grève, en pente douce vers le fleuve, au milieu des marais et des roseaux. Il fut appelé le « Port de la Grève », du mot latin « gravis » qui signifie « sable ». Ici même, donc. On a du mal à s’imaginer, hein?
– C’était « Paris-Plage » avant la lettre, dis donc !
– Si tu veux, sauf qu’on y exposait plutôt du blé, du vin ou du sel… que la pâleur de son corps au soleil!

La création de ce « Port de la Grève » entraîna celle d’une agglomération de bateliers, mais aussi d’un centre de commerce et d’un marché. Il deviendra la « Place de Grève » qui, jusqu’au début du XIXème siècle ne couvrira que le quart de la surface actuelle.

– Bon, d’accord! Mais de là à l’Hôtel de Ville, j’ai l’impression qu’on n’y est pas encore!
– On va très vite y arriver. Tout juste un peu de patience!

Le Prévôt des Marchands et le premier bâtiment

Vu leur rôle dans l’approvisionnement de Lutèce, puis de Paris, l’influence des « marchands de l’eau » devint considérable. Leur corporation (la Guilde ou Hanse parisienne) bénéficiait même du monopole de la navigation sur le fleuve.

En 1246, Saint-Louis créa une assemblée municipale élue par les bourgeois parisiens et présidée par le « Prévôt des Marchands », lui-même chef de cette Hanse. Le vieil emblème des marchands de l’eau (une nef, alors sans la devise « Fluctuat nec mergitur » qui n’apparaîtra qu’au XVIème siècle) devint alors le sceau de l’institution.

Le rôle du prévôt s’apparentait à celui d’un maire de Paris, en charge du ravitaillement de la ville avec même la fixation des prix des denrées, des travaux publics, des impôts et de la juridiction sur le commerce fluvial (ports, ponts, quais, navigation). Son pouvoir politique s’accrut du fait de ses liens très étroits avec la bourgeoisie parisienne dont il défendait les privilèges auprès du roi.

Paris aura un Prévôt des Marchands jusqu’à la Révolution, mais avec des pouvoirs progressivement limités et subordonnés à celui du roi. Après l’assassinat du prévôt le 14 juillet 1789, la prévôté des marchands disparaîtra au profit d’un Conseil Municipal avec un Maire. Cette fonction existera d’abord pendant 6 ans, puis épisodiquement jusqu’en 1871, avant de disparaître à son tour pendant un siècle jusqu’en 1977 (on en reparle en fin d’article).

Pour éviter toute confusion, il faut rappeler que le Prévôt des Marchands est à distinguer du Prévôt de Paris, officier royal dont la juridiction s’étendait sur Paris et ses environs (vicomté) en matière de police, de justice, d’administration et de finances.

– Bon, je commence à voir: cette assemblée et son fameux « Prévôt », il fallait bien qu’ils trouvent où se réunir!
– Eh bien voilà!

L’assemblée utilisa d’abord le bureau des marchands situé à côté du Grand-Châtelet, forteresse qui défendait le Grand-Pont (actuel Pont au Change). Puis son siège, appelé « Parloir aux Bourgeois », fut établi dans une maison très banale d’aspect, sur la Montagne Sainte-Geneviève, près de notre Panthéon actuel.

Mais, dans ces deux cas, il s’agissait plutôt d’un simple local utilisé comme centre d’affaires et de juridiction commerciale.

– Nous n’y sommes pas encore alors?
– On y arrive!

En 1357, le Prévôt des Marchands, Etienne Marcel, fit transférer le siège de la corporation à la « Maison aux Piliers » qu’il avait achetée à la famille royale sur la Place de Grève, à peu près à la place actuelle de l’Hôtel de Ville. C’était une construction à deux étages sur arcades avec deux tourelles d’angle. Elle possédait une grande salle de réunion et un grenier servant de dépôt d’armes des bourgeois transférées depuis le Louvre. Elle prendra le nom de « Meson de Ville ».

Ce déménagement dans un bâtiment spécifique et de prestige symbolisait en même temps les libertés municipales acquises face au pouvoir royal.

– Je suppose que la place a alors pris de l’importance dans la vie de Paris?
– Tout à fait!

La place devint célèbre et connut de nombreuses manifestations populaires et fêtes publiques (en particulier feu de la Saint-Jean auquel ont participé chaque année les rois de Louis XI à Louis XIV). Mais elle fut aussi le lieu d’exécutions capitales et supplices au cours des siècles, notamment à la Révolution avec la guillotine. Elle servit également fréquemment de point de ralliement, lors des insurrections qui ont marqué l’histoire de la capitale.

– C’est ici également que sera brûlée la chasse de Sainte Geneviève avec son corps et ses reliques, après avoir été enlevée de la crypte du Panthéon. Tu te souviens?
– Absolument! Même que l’on a réussi à lui refaire une nouvelle chasse ensuite à l’église Saint-Etienne-du-Mont avec quelques restes éparpillés!
– Haha! Je vois que tu es toujours dubitatif sur le sujet!

C’est également sur cette place que se rassemblaient les ouvriers, en particulier en bâtiment, qui cherchaient du travail. On disait qu’ils « allaient en grève », espérant que des employeurs viendraient leur proposer un travail.

– Mince! c’est l’opposé de maintenant alors!
– Si tu veux! C’est en effet à partir du XIXème siècle que cette expression a vu son sens en quelque sorte inversé pour parler des travailleurs mécontents de leur situation qui manifestaient sur cette même place en « faisant la grève ».

L’Hôtel de Ville du Boccador sous François Ier

– Bon! on a un bâtiment maintenant, mais rien à voir avec l’actuel!
– Tout à fait!

Près de deux siècles plus tard, la « Maison » se révélant trop vieille et trop exiguë, François Ier chargea l’architecte italien Le Boccador qui s’était illustré dans la construction des châteaux de la Loire, de dresser les plans d’un « Hôtel de Ville » de Paris.

Commencé en 1533, il ne fut terminé qu’en 1628. Quatre bâtiments furent construits sous François Ier et Henri II entre 1533 et 1551, puis les guerres de religion interrompirent les travaux qui ne reprirent qu’en 1606 sous Henri IV, puis Louis XIII.

– Et à quoi ressemblait-il ce premier Hôtel de Ville effectif?
– Sa structure était proche de celle d’un château de la Renaissance. Tu peux en avoir une petite idée maintenant que nous sommes devant la façade. Il correspondait schématiquement à la partie centrale actuelle, mais moins haute.

Tout comme celui que tu vois, son propre bâtiment central comportait deux niveaux plus les combles, sept fenêtres à l’étage et était encadré de deux pavillons plus élevés à trois niveaux avec chacun trois fenêtres et une vaste arcade au sol. La porte du bâtiment central était surmontée d’une statue équestre d’Henri IV et d’un clocheton à étage avec horloge qui n’était pas sans rappeler celui du château de Chambord. Sur son toit se tenaient six statues dorées de chevaliers.

Ornant l’arcade du fond de la cour du bâtiment, une statue pédestre en bronze de Louis XIV réalisée par Coysevox, celèbre sculpteur français de la fin du XVIIe siècle, rappelait depuis 1689 la visite et le souper du roi et de la famille royale à l’Hôtel de Ville le 30 janvier 1687. C’est la seule statue des rois de France qui n’ait pas été détruite à la Révolution. On peut la voir de nos jours dans la cour d’honneur de l’Hôtel Carnavalet.

Les Parisiens se montrèrent très attachés à l’édifice du Boccador et les extensions et reconstructions qui eurent lieu ultérieurement ont toujours cherché à conserver cette configuration du bâtiment que l’on retrouve donc encore de nos jours…

Les agrandissements successifs

L’augmentation de la population parisienne nécessita de réaliser plusieurs agrandissements.

Sous le Ier empire, une église et un hospice fermés à la Révolution y furent intégrés, tandis que la « Place de Grève » changeait de nom et devenait « Place de l’Hôtel de Ville » en mai 1803.

Sous Louis Philippe entre 1837 et 1848, c’est à un changement de taille que l’on assista. Les deux bâtiments précédemment intégrés, les maisons et rues voisines disparurent et deux ailes furent ajoutées, en retrait, à la façade Renaissance. Deux vastes pavillons d’angle furent construits perpendiculairement et complétés par deux retours. L’édifice devint alors un quadrilatère avec deux cours intérieures. Mais seule la façade principale resta vraiment inspirée par celle du Boccador. Les autres furent réalisées dans le style de l’époque Louis Philippe par les deux architectes Godde et Lesueur.

A l’intérieur deux nouvelles salles furent créées: la salle des fêtes donnant sur la face arrière et la salle Saint-Jean. De nombreuses pièces d’apparat furent réaménagées, en particulier la salle du Trône, avec des peintures célébrant les révolutions parisiennes, salle devenue par la suite la salle des séances du Conseil de Paris. De même fut rénové le salon de l’empereur où se trouvaient notamment la peinture de l’Apothéose de Napoléon Ier par Ingres et les bustes de sa famille par Casanova.

Le désastre de 1871

– Malheureusement tout fut réduit en cendres ou presque lors des événements de 1871…
– C’est la révolte de la Commune, bien sûr?
– Oui! En mai 1871, la Commune qui avait occupé l’Hôtel de Ville pendant la révolte y mit le feu lorsqu’elle dut l’abandonner. Hélas… Cet incendie qui dura une semaine détruisit la plus grande partie de l’édifice ainsi que la bibliothèque et toutes les archives de Paris.

La municipalité ira siéger pendant une dizaine d’années au Palais du Luxembourg avec la Préfecture de la Seine, puis au Pavillon de Flore au Louvre quand le Sénat reviendra de Versailles pour s’installer au Luxembourg. La fonction de Maire disparaît alors au profit d’un Président du Conseil Municipal élu chaque année.

Après la pluie, le beau temps: la reconstruction

– Le bâtiment actuel fut vite construit?
– En fait, un concours fut lancé dès 1873 pour bâtir un nouvel Hôtel de Ville sur la même place. Sur 70 projets reçus, ce fut celui de Théodore Ballu secondé par Edouard Deperthes qui fut retenu. Celui-ci poursuivait trois objectifs principaux: reconstruire totalement le bâtiment à l’identique (mais sans chercher à intégrer ce qui pouvait encore rester de l’ancien), augmenter la surface des salles d’apparat et enrichir le monument au niveau de sa décoration sculptée.
– Exit le Boccador, si je comprends bien ?
– Oui, malheureusement, ce qui restait encore debout de l’œuvre du Boccador fut démoli! L’Hôtel de Ville fut intégralement reconstruit sur le modèle ancien entre 1874 et 1882. La façade centrale fut cependant agrandie et surélevée par rapport à la précédente… Tiens, si ça te dit, tu peux d’ailleurs trouver une trace de l’Hôtel de Ville du Boccador au parc Monceau dans le VIIIème arrondissement où l’une de ses grandes arcades a été réédifiée pierre par pierre.

L’Hôtel de Ville devint alors le plus grand bâtiment municipal d’Europe. Il se présenta davantage comme un véritable palais que comme un bâtiment administratif fonctionnel. Escalier d’honneur de Baltard, salons, arcades, lustres, ors, peintures… ont voulu être dignes du prestige de Paris. Les façades ont été décorées de cent six statues et de nombreuses sculptures ornementales et symboliques.

L’Hôtel de Ville aujourd’hui… la façade…

– Bon! On peut faire un tour du bâtiment pour que tu me montres tout ce que, en bon Parisien que je suis, je ne vois pas en passant tous les matins!
– Haha, bien sûr! Et c’est la façade principale sur laquelle nous allons nous attarder. Je suis sûr que tu n’as jamais réfléchi à sa longueur, n’est-ce pas?
– Allez, je dis… 100 mètres?
– Un peu court! Celle-ci s’étend sur 143 mètres, tout de même moins longue que les 172 m de l’Opéra Garnier!

La façade est totalement symétrique de part et d’autre de son avant-corps central qui correspond donc à l’ancien ouvrage du Boccador. Celui-ci est toujours composé de son bâtiment central à deux niveaux et sept fenêtres encadré par deux pavillons plus élevés de trois niveaux et trois fenêtres. Ces pavillons sont flanqués chacun d’une tourelle carrée en saillie sur leur côté extérieur, un peu comme une excroissance latérale qui donne du relief à chaque pavillon.
Chacun d’entre eux est percé d’une porte permettant d’accéder aux cours intérieures. Ces portes sont fermées par une grille en fer forgé portant les armes de la ville de Paris.
Prolongeant ces deux pavillons, mais en retrait, se trouvent deux ailes moins imposantes, qui sont elles-mêmes terminées chacune par un pavillon d’angle.
Au total donc sept « corps de bâtiments » selon le schéma: 3 + 1 + 3.

– Au centre sur le toit, tu peux voir un fronton orné d’une horloge derrière laquelle se dresse un campanile octogonal culminant à 50 mètres… L’horloge est entourée par les statues du Travail et de l’Instruction et encadrée par des demi frontons portant les figures couchées de la Seine et de la Marne. Ça, il faut le savoir, ça ne saute pas aux yeux!
Et au-dessus d’elle une statue assise qui symbolise quoi? Tu peux le deviner grâce au fronton qui la couronne.
– La Ville de Paris, alors, puisque le fronton porte les armes de la ville?
– Ouais, terrible! Les armes sont elles-mêmes soutenues par des figures couchées, allégories, comme tu t’en doutes, de la Prudence et de la Vigilance. Bon! ça je te l’accorde, je n’aurais pas été fichu de le trouver tout seul!

Si tu as vraiment de bons yeux tu peux observer que le campanile est entouré par quatre chimères accroupies. Il est couvert d’un dôme à écailles et terminé par un lanternon à balustrade en fer forgé.

Par contre, les dix chevaliers du XVeme siècle en cuivre tenant des oriflammes et montant la garde sur les toitures rappelant ainsi les chevaliers du bâtiment du Boccador, eux, sont très visibles.

– Mais, oui, tu as raison! Six sur le toit central et deux sur chaque pavillon latéral. Mince alors, je n’avais jamais fait attention…
– Regarder en l’air a parfois du bon! Mais revenons sur terre avec les deux statues de bronze sur le parvis de chaque côté de l’entrée centrale. Ce sont des allégories de l’Art et de la Science. Elles datent toutes deux de la fin du XIXème siècle.

Nous gagnons alors la façade sud, côté Seine. Une statue équestre d’Etienne Marcel se dresse au-dessus de nous depuis le petit jardin bordant le bâtiment. C’est sous la présidence de ce prévôt que la Hanse connut politiquement son apogée au milieu du XIVème siècle. Il chercha à instaurer une monarchie contrôlée, en équilibrant les pouvoirs entre le roi Jean Le Bon et le dauphin Charles V et le prévôt à Paris, mais finit assassiné par les bourgeois qui trouvaient qu’il était allé trop loin dans ses actions face à la monarchie…

En poursuivant notre tour, ce sont surtout les cent-six statues ornant les quatre façades qui attirent notre attention. Elles représentent toutes des personnages marquants de Paris: politiciens bien sûr, mais aussi savants, industriels et même artistes. Mais toutes ont été refaites après l’incendie par la Commune.

Les deux façades latérales font pour leur part chacune 80 mètres de long, ce qui porte à 446 m le périmètre de l’édifice.

… et l’intérieur

Revenant par la façade nord, face au Bazar de l’Hôtel de Ville (BHV pour les intimes, un des magasins les plus célèbres de la capitale!) nous arrivons devant l’entrée des visiteurs.

– Attends-moi un instant… Je vais voir si l’on peut faire un tour à l’intérieur. Pour t’occuper en m’attendant, tu peux toujours compter les statues et déchiffrer les noms de celles et ceux qu’elles représentent! Tiens, essaye donc de retrouver Molière, Voltaire ou Nicolas Boileau!

[Quelques minutes plus tard]

– Dis, pas de chance… L’Hôtel de Ville peut être visité gratuitement, mais moyennant une inscription préalable auprès du service des Relations Publiques de la ville et seuls les groupes sont actuellement admis. « Les visites individuelles sont suspendues jusqu’à nouvel ordre » (sic).
– Alors pour nous c’est râpé!
– Oui, on se contentera d’un petit commentaire et de photos qui donnent tout de même une bonne idée de la richesse du décor intérieur et qui en montrent autant, sinon plus, que les visites qui permettent de voir seulement les salons de réception, l’escalier d’Honneur, et la salle du Conseil.

La salle des fêtes frappe par sa ressemblance avec la Galerie des Glaces de Versailles, et pour cause! Elle s’est voulue la « réplique républicaine » de Versailles. Les fresques au plafond représentent quant à elles les provinces de France.

Par ailleurs le bureau du Maire occupe 155 m². Celui-ci disposait précédemment d’un appartement de fonction de… 1.400 m² (hum, hum). Mais, ouf!, il a été en partie transformé en crèche en 2003…

L’Hôtel de Ville présente par ailleurs périodiquement de nombreuses expositions gratuites dans certains salons dédiés. Certaines manifestations telles des réceptions ou des défilés de mode peuvent aussi avoir lieu dans des salons loués. Il sert également, comme on peut aisément l’imaginer, aux réceptions de prestige des chefs d’Etat et personnalités du monde entier.

Pour nous faire une meilleure idée de l’espace et des décors intérieurs de l’Hôtel de Ville, on peut faire un tour sur le site officiel.

Les Maires de Paris

– Pour terminer notre tour, revenons un instant sur les maires qui ont occupé ces locaux… À ton avis, depuis la Révolution qui a instauré la fonction de Maire de Paris, combien la capitale a-t-elle compté de maires différents?
– Aïe, la colle! Difficile et en plus certains ont dû faire plusieurs mandats, alors que d’autres au contraire ont certainement connu des mandats extrêmement courts dans les périodes troublées.
– Bon, tu ne te mouilles pas trop… En fait, il n’y en a eu que 14! Eh oui, Paris n’a pas eu de maire à plusieurs reprises et pendant de longs, très longs intervalles!

Finalement on peut dire que tous les événements historiques dont l’Hôtel de Ville avec sa place a été le siège depuis sa création représentent à eux seuls une sorte de sommaire de l’Histoire de France. Il a été témoin et acteur de toutes les insurrections et révolutions, des exécutions de peines, le lieu de convergence des grandes émotions nationales, des mouvements de grève, mais aussi des grandes fêtes publiques à travers les siècles.
Il représente d’une certaine façon la mémoire de la nation…

– À une prochaine, Pierre?
– Oui, mais laquelle?
– Ce sera la surprise!

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Spritz92

Amateur d'Histoire et de Paris

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6 Réponses

  1. jlb dit :

    Très intéressant, comme d’habitude !

  2. Jerome dit :

    Merci de redonner leurs lettres de noblesse à tous ces monuments devant lesquels on passe presque chaque jour sans plus y prêter attention…
    Et en plus c’est très bien écrit 🙂

  3. Cileet dit :

    L’info la plus dingue, c’est que Jacques Choral était le premier maire de Paris après plus d’un siècle sans personne à cette fonction !

    • Baal dit :

      Sans commentaire…
      Le bougre fut peut-être le premier depuis fort longtemps, cela ne l’empêcha pas d’abuser de sa fonction, comme chacun sait…
      Juppé en paye d’ailleurs encore le prix aujourd’hui

  4. Heller dit :

    Un petit mot pour dire que vos articles sont toujours très intéressant, merci !

    • Djinnzz dit :

      Merci ! 🙂

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