Trois semaines au Sri Lanka… BILAN !!!!!

Et donc, avec mon ami Jean-Lou, on est partis au Sri Lanka.

Dans mon esprit, le Sri Lanka, ça ressemblait à un truc comme ça:

Eh ben, pour une fois, mon esprit ne s’était pas planté. Le Sri Lanka, ça ressemble VRAIMENT à ça.

Du moins, en partie.

Mais commençons par le commencement…

Au commencement était la préparation des bagages, sous l’œil très, mais alors très mécontent de notre Dipsy qui commençait à se douter qu’un truc pas net se tramait dans son dos.
(pas conne du tout, cette chienne, je l’ai toujours dit)

Sacs à dos sur le dos (la logique est sauve), direction l’aéroport. 18 heures plus tard, on atterrit à côté de Colombo.
(la capitale du pays, pas l’inspecteur)

Au moment de sortir de l’avion, un doute nous envahit:

– Mais en fait, on dort où, cette nuit?
– Ben, je sais pas moi, on verra bien.
– Mais… il est quelle heure ici?
– Oh… À peine 19 heures…
– Ça va, on est large!

Et c’est comme ça qu’on se retrouve à monter dans un taxi direction Negombo, petite ville de pêcheurs au nord de Colombo. On fait confiance au chauffeur qui nous dit connaître une superbe guesthouse, et pas chère en plus! Et c’est comme ça qu’une petite heure plus tard, on se retrouve dans une piaule de 8 m², sans fenêtres, qu’on partage avec quelques cafards qui nous font coucou avec leurs petites antennes.

– Oh, T’as vu, les cafards nous font coucou! C’est trop chou!
– Ta gueule!

(Leçon n°1: ne jamais faire confiance aux « bons plans » des chauffeurs de taxi!)

On dort habillés pour éviter le contact avec le drap qui, semble-t-il, n’a pas vu de lessive depuis une période relativement reculée… Il commence à se faire tard, mais la chaleur est encore étouffante, et j’ai du mal à trouver le sommeil. Je commence donc à lire un bouquin sur l’histoire du pays… Il est plutôt fourni, alors ne compte pas sur moi (tu permets que je te tutoie, cher lecteur?) pour en faire un résumé exhaustif! Mais voyons ensemble quelques points de repères nécessaires pour comprendre à quoi ressemble le Sri Lanka…

Histoire (rapide) du Sri Lanka: le cas Kassapa

Il y a très très longtemps, ne vivaient sur l’île que des génies (les yakhas) et des dragons (les nagas). Jusqu’au jour où Bouddha débarque dans le coin, terrasse ces créatures de malheur et permet au premiers hommes (venus de l’Inde toute proche) de s’y installer. On est, grosso modo, vers le VIe siècle avant Jésus-Christ.
Au fil des siècles, l’île, pourtant pas si grande, est divisée en différents royaumes, tantôt en paix, tantôt en guerre. Les chiffres suggèrent la forte instabilité politique de l’île: à Anuradhapura (voir la carte plus bas), par exemple, « 15 rois vont régner moins d’un an, 22 seront assassinés par leur successeur, 6 par d’autres personnes, 4 se suicideront et 11 abdiqueront ». Pas mal…

Bon, pour être franc, cette période de l’Histoire de l’île ne m’a guère passionné. Un épisode super intéressant, par contre, c’est l’histoire de Kassapa.

En 478 après notre ère, le roi Dhatusena règne sur Anuradhapura. Comme la tradition l’exige, le trône reviendra à sa mort à son fils aîné, un certain Mogallana. Mais Kassapa, le fils cadet, ne l’entend pas de cette oreille… Il tue son père (la légende veut qu’il l’ait emmuré vivant…) et réserve le même sort à son frère aîné. Manque de chance, celui-ci prend la poudre d’escampette et s’enfuit sur le continent.

Kassapa a gagné la partie, bien sûr, mais il sait aussi que son frère reviendra un jour pour revendiquer son trône… Ce jour-là, il veut être prêt. Alors il déménage jusqu’à Sigirya, une région qui a la particularité de posséder un immense rocher de plus de 200 mètres de haut. Il y lance un chantier colossal pour installer son palais tout en haut… De là, il ne craindra aucune armée, aussi grande et puissante soit-elle.

En très peu de temps, Kassapa réalise des travaux pharaoniques. Il parvient même à faire venir l’eau courante jusqu’au sommet, par un système de citernes successives, sans nécessité d’action humaine (honnêtement, j’ai toujours pas pigé le système, mais j’y travaille).

Et puis, pour occuper ses longues soirées d’hiver
(haha, je déconne, il n’y a PAS d’hiver au Sri Lanka. Tu es condamné à transpirer sous une chaleur suffoquante TOUTE L’ANNÉE)
(ça forge un caractère, c’est sûr)

Pour occuper ses longues soirées, disais-je, Kassapa fait réaliser de magnifiques fresques le long des parois du rocher. Des femmes à demi dénudées, principalement. Ces fresques sont pudiquement appelées aujourd’hui « les Demoiselles de Sigirya ». Fortement abîmées, certaines d’entre elles possèdent pourtant encore un charme fou! Une sorte de fascination hypnotique s’installe entre les « Demoiselles » et leurs visiteurs… (si, si)

Et Kassapa attend maintenant l’arrivée de son frère de pied ferme.
Il attend.

Les années passent.

Il attend encore.

Et encore…

Merde, il n’a quand même pas fait tout ça… pour rien!? Dans un mélange d’inquiétude et d’excitation, il en vient bientôt à espérer l’arrivée de son frère… Ce qui n’arrivera que dix-huit longues années après son coup d’état. Nous y voilà enfin: « le frère prodigue » pointe le bout de son nez. Il était temps!
Pour Kassapa, la partie est quasiment gagnée d’avance. C’est bien simple, sa citadelle est tout simplement imprenable.

Et pourtant… Que se passa-t-il dans l’esprit du parricide ? Nul ne le sait. Lui qui passa tout son temps, consacra toute son énergie, lutta contre ses propres peurs (on raconte qu’il avait le vertige!) pour se mettre définitivement à l’abri de la vengeance de son frère eut une réaction pour le moins… étrange. Il décida d’affronter l’armée de son frère sur la terre ferme, en dehors des remparts de sa cité!

Une décision totalement absurde et incompréhensible pour les chroniqueurs de l’époque et les historiens! Fièrement dressé sur son éléphant de combat, il se met à la tête de ses troupes pour affronter l’armée ennemie. Les deux frères rivaux sont bientôt face à face. Soudain, c’est le drame: l’éléphant de Kassapa devient incontrôlable. Il trébuche et oblique brusquement. Ce geste est perçu comme un signe de retraite par sa propre armée, qui prend la poudre d’escampette. « Seul devant son ennemi, Kassapa lève sa dague au ciel, se la plonge dans la gorge, la remet dans son fourreau, glisse de son éléphant et tombe mort. »

Et le frère aîné reprend la place qui lui est due à la tête du royaume…

J’ai trouvé cette histoire absolument fascinante et, à ma connaissance, sans aucun équivalent!

À ce stade de mes lectures nocturnes, une forte envie de soulager ma vessie me prend. Il fait nuit noire dans la chambre (je lis sur mon téléphone), mon compagnon de voyage dort à côté de moi, le ventilateur accroché au plafond fait des bruits inquiétants, laissant présager qu’il finira par s’écraser sur le sol dans un futur semble-t-il tout proche. Et puis, surtout, des petits bruits bizarres s’élèvent de temps en temps depuis un coin de la chambre. Le cri d’un gecko, lui aussi insomniaque? Peut-être…

Quoi qu’il en soit, il faut que je me lève.
Et puis je me rappelle les cafards.

Merde.

Je reste dans le lit et reprends ma lecture, priant pour que mon envie d’uriner puisse attendre le lendemain matin…

Histoire (rapide) du Sri Lanka: la période coloniale

On va la faire courte, parce que je sens que la période coloniale du Sri Lanka, c’est pas super accrocheur, comme thème.
Les premiers Européens à avoir posé le pied sur l’île, ce sont les Portugais, au début du XVIe siècle. Aussi étrange que cela puisse paraître, ils sont plutôt bien accueillis par la population locale… Car Ceylan, comme on l’appelle alors, est divisée en différents royaumes en proie à des rivalités intestines. Le roi de Kotte, le premier à voir « la race d’hommes excessivement blancs et beaux « , voit en eux le moyen inespéré de battre les royaumes ennemis. Les Portugais, eux, voient un énorme marché s’ouvrir à eux: celui de la cannelle, qui se vend à prix d’or sur le vieux continent.

S’ouvre une période très complexe durant laquelle les Portugais vont s’allier tantôt à un roi, tantôt à un autre, pour maintenir leur main-mise sur l’île. Quelques dizaines d’années plus tard, vers 1656, de nouveaux venus viennent mettre leur nez dans la région: les Hollandais. Attirés par le marché juteux de la cannelle (mais aussi celui des défenses d’éléphants, de noix d’arec ou de bétel), ils vont très vite ouvrir les hostilités contre les Portugais… et vont les virer de l’île à grands coups de canons dans la tronche. Mundi placet et spiritus minima
(ça ne veut rien dire, mais c’est toujours très classe de glisser une locution latine, l’air de rien)
(prenez-en de la graine)

Deux siècles plus tard, ce sont les Anglais qui vont s’intéresser de très, très près à Ceylan. En 1795, La British East India Company offre sa « présence protectrice » aux Hollandais… Tu parles! Trop affaiblis par la guerre qu’ils viennent de perdre aux Pays-Bas contre les Français, les Bataves ne peuvent pas vraiment lutter… Et les Anglais obtiennent à leur tour la main-mise sur l’île.

C’est fini? Ben oui, c’est fini. Trois pays colonisateurs successifs, c’est déjà pas mal!

Au XIXe siècle, la mode n’est plus à la cannelle mais au café. Des rumeurs de possibilité de faire fortune rapidement à Ceylan circulent en Angleterre et en Inde, et les aventuriers affluent donc des quatre coins du monde. Mais la culture du café ne fera pas long feu à Ceylan: pendant les années 1870, un champignon dévastateur détruit toutes les plantations…

Dans ce contexte, le nouvel or vert de vert devient bientôt… le thé! Nous y reviendrons!

Je regarde l’heure, il est une heure du matin. Mauvaise nouvelle, ma vessie est sur le point d’exploser: il faut VRAIMENT que je me lève! Je prends mon courage à deux mains et, m’éclairant à l’aide de la lumière palote de mon téléphone, me dirige vers la salle de bains. Jusque là, tout va bien. Sur le chemin du retour, un « truc » me frôle le pied. L’effet de mon imagination, sans doute… Je plonge sur le lit, d’où s’élève la respiration régulière et rassurante de mon compagnon. Je ferme les yeux et ne tarde pas à m’envoler dans le pays des songes.

Récit de voyages

Le lendemain matin, les choses sérieuses commencent!

Parce qu’un dessin vaut souvent mieux que de longs discours, je t’ai concocté une petite carte avec notre itinéraire. Il faut que tu comprennes qu’en partant, on était un peu inquiets: on se disait que trois semaines, c’était beaucoup trop long pour une petite île de rien du tout comme le Sri Lanka et qu’on risquait de s’emmerder sévère une fois qu’on en aurait fait le tour.

Eh ben vous savez quoi? On avait complètement tort! On n’a pas eu le temps de voir le quart de la moitié de toutes les richesses culturelles et naturelles de l’île. En dessinant la carte, j’ai d’ailleurs eu un petit pincement au cœur, en mode : « tiens, ça, j’aurais vraiment aimé y aller… », « tiens, ça aussi… »

Retour sur le rocher de Sigiriya

Le point fort du voyage, ça a certainement été Sigiriya…Tu sais, c’est ce fameux rocher au milieu de la jungle dont je t’ai parlé un peu plus haut sur lequel le roi Kassapa a bâti un forteresse.
Une ascension de plus de 2000 marches, une passerelle installée au-dessus du vide, des frelons géants qui n’aiment pas beaucoup les visiteurs… Dur, dur, les vacances!
(j’ai le vertige, ça n’aide pas… du coup je n’ai pas pris de photos durant l’ascension car j’étais incapable de lâcher la rambarde de sécurité ne serait-ce qu’une demi seconde)
(quant à mon ami, il n’a même pas tenté l’ascension, il m’a attendu en bas en sirotant des Coca-Cola)
(voilà, voilà)

Bon, c’est pas tout à fait vrai, j’ai pris UNE photo.
(elle est pas terrible, mal cadrée, on ne se rend absolument pas compte du vide… mais faudra t’en contenter!)

À mon avis, c’est un passage obligé à tout visiteur sur l’île. Mélange unique en son genre d’exploit sportif, de curiosité architecturale et de lutte contre ses peurs. Je n’en menais pas large pendant toute l’ascension (et encore moins pendant la descente…), mais ça vaut VRAIMENT le coup.

La presque visite des temples de Dambulla

Une autre petite merveille de l’île s’appelle Dambulla. Il s’agit de temples bouddhistes vieux de plusieurs siècles creusés dans la roche. Tout le monde nous a dit que c’était magnifique, merveilleux, extatique, colossal…
(et j’en passe)

Donc nous, on était tout contents d’y aller. Problème: ces cons de temples sont encore une fois en haut d’une montagne. Et une montagne qu’on doit gravir à pied.
À pied, et sous une chaleur d’environ 36° à l’ombre.
(sinon, c’est pas drôle)

N’écoutant que notre courage, nous commençons l’ascension… 45 minutes plus tard, nous voilà à l’entrée des grottes… Youpi, on a réussi! On rentre dans une salle où des gardiens nous demandent notre billet.

– Notre billet? Quel billet?
– Ben… Celui que vous avez acheté tout en bas, pardi.
– Hein? On n’a vu aucune vente de billets, en bas.
– Ah, mais c’est parce que vous n’êtes pas arrivés du bon côté! Il fallait venir depuis le parking où se garent tous les bus pour les touristes!
– Mais nous, on est pas venus en bus, on est venus en tuk-tuk.
– Voilà, c’est pour ça.
– Et donc?
– Ben… Il ne vous reste plus qu’à retourner en bas pour les chercher.
– C’est une blague? Vous, vous pouvez pas nous les vendre, ces p!@& de tickets?
– Ah non, nous, on ne fait que contrôler si vous les avez bien achetés!

Après cette conversation ubuesque, inutile de te dire qu’on n’a pas eu le courage de faire l’aller-retour. Donc je ne peux que te répéter ce que l’on nous a dit: c’est vraiment magnifique, merveilleux, extatique, colossal… à condition d’avoir un ticket pour y entrer.

Bref, on est allés à Dambulla.

L’océan indien, partout

Sinon, ça serait dommage d’aller au Sri Lanka sans piquer une petite tête dans l’Océan indien. En gros, c’est exactement comme sur la plage de Dunkerque, seuls quelques petits détails changent
(mais vraiment des détails de rien du tout, hein)

Par exemple, l’eau est à 29°, le sable est d’un blanc éblouissant, la plage est ombragée par de majestueux cocotiers, les mojitos sont à 2 ou 3 euros. Juste par exemple, hein. Franchement, pas de quoi en écrire tout un roman.

C’est sûr, ça change des ascensions de montagnes, des temples magnifiques dans lesquels on ne peut pas rentrer, des bus bondés,… Mais oui, suis-je bête, les bus bondés! Je ne t’en ai pas encore parlé?!

Se déplacer au Sri Lanka, toute une histoire…

Au Sri Lanka, pour te déplacer, tu as 5 options: le train (mais le réseau n’est pas très étendu), le taxi (pas si cher que ça, mais pas très fun), les bus climatisés (99% de leurs occupants sont des touristes; le 1% ben… c’est le chauffeur – très peu pour nous), les tuk-tuks et les bus locaux.

Les tuk-tuks, c’est ça:

C’est le moyen de transport le plus développé dans toute l’Asie du sud-est, et le Sri Lanka ne fait pas exception. Les chauffeurs sont des grands malades qui se faufilent dans la circulation en frôlant les bus et les camions et en klaxonnant toutes les douze secondes.
Mais bon, ils sont sous la protection de Bouddha ou de Shiva (ou des deux), alors en général, ça passe.

Si tu vas en Asie du Sud-Est, tu monteras forcément dans un tuk-tuk et, tu verras, c’est vraiment fun. Au Sri Lanka, les chauffeurs sont super sympas, toujours le sourire, toujours à vouloir te rendre service. Les mecs sont des perles. Vraiment.

(sauf quand ils connaissent des super bons plans comme une superbe guesthouse à Negombo… et pas chère en plus!)
(celle-là, je l’ai vraiment en travers de la gorge!)

Mais pour des trajets supérieurs à… disons… 100 kilomètres, il vaut mieux prendre un moyen de transport un peu plus rapide. Et le moyen de transport que nous avons sélectionné est… le bus local! Sans rire, en trois semaines de séjour, on a bien dû faire une trentaine d’heures de bus. Alors je te vois venir d’ici… Tu vas me dire que c’est pas si terrible, y’à qu’à poser son cul sur un siège et attendre que ça passe. Et ben justement, non! Les bus sont TOUJOURS bondés. Quand tu trouves une place assise, tu bénis le bon dieu (ou Bouddha, ou Shiva, ou qui tu veux).

Bon, on va la faire simple. Tu vois le métro parisien aux heures de pointe? Ben c’est comme ça tout le temps, pendant des heures et des heures de trajet. Les gens montent, descendent, crient, dorment, te bousculent pour passer (pas le choix, le couloir central est tellement réduit…). Le tout assaisonné d’une musique diffusée à fond, mélange apparemment très populaire là-bas de Bollywood, de Justin Bieber et de Mike Brant.

Ça donne envie, hein! Ben nous, malgré le manque de confort, on a adoré. Parce que ça coûte pas cher (compter environ 1€ par personne pour 2-3 heures de trajet), parce que les gens sont toujours souriants, parce que les chauffeurs roulent comme des fous furieux (une fois que tu t’es habitué, c’est très rigolo), parce que y’a des gens qui s’endorment sur ton épaule, parce que y’a toujours des embrouilles auxquelles on ne comprend rien, bref, parce qu’on a l’impression de vivre et de partager une expérience vraie avec les gens du coin.

Et ça tombe bien, parce que c’est justement pour ça qu’on a traversé la moitié du globe!

Ella, la montagne et les plantations de thé

Après le calme et la volupté de l’Océan indien, nous sommes allés dans les montagnes, plus précisément à Ella.
(l’occasion de chanter la chanson de France Gall à tue-tête – mais c’est une autre histoire)

La nature est verte, luxuriante. Les paysages sont magnifiques, avec les champs de thé qui s’étendent à perte de vue. Sans doute l’une des régions les plus belles de toute l’Asie…

Et c’est là qu’on en vient à parler de sir Thomas Johnstone Lipton (1848 – 1931). Ce gars est un petit génie du marketing… Il acheta quelques plantations de thé en faillite au Sri Lanka et fut l’inventeur du concept de thé en sachet. Le succès fut fulgurant! Aujourd’hui, une très célèbre statue de lui trône au milieu d’un champ de thé…

Une vue plus large sur l’endroit où se trouve le « Lipton’seat »:

Galle, la ville de l’Homme-scorpion

Autre temps fort du voyage, la ville de Galle. Si vous allez au Sri Lanka, vous DEVEZ aller à Galle. Je répète. Si vous allez au Sri Lanka, vous DEVEZ aller à Galle.
C’est bon, bien compris?

C’est une ancienne forteresse donnant sur la mer qui fut construite par les Hollandais lorsqu’ils avaient la domination de l’île. Le centre de la vieille ville est préservée de la circulation. En fait, c’est un endroit qui semble hors du temps. Des banians majestueux sont disséminés en plein cœur de la ville, ça a un charme fou.
Vous savez, les banians, ce sont ces arbres gigantesques qui ont des espèces de lianes qui pendent de leurs branches (en fait, des racines aériennes). Dès que les « lianes » touchent le sol, elles vont s’ancrer dans la terre et se développer à leur tour. Le banian grossit, grossit… et peut devenir ainsi immensément grand. Le tronc du banian le plus gros du monde se trouve en Inde et fait 412 mètres de circonférence (plus de 100 mètres de diamètre!)

Galle est aussi très connu grâce à Nicolas Bouvier, un écrivain-aventurier suisse qui écrivit L’Homme-Scorpion. Il y décrit son séjour de plus de 9 mois dans les années 50 dans cette ville du sud de l’île, dressant un tableau pas très flatteur de la société sri-lankaise, teintée de mysticisme, de croyances obscures et de xénophobie. Surtout, ce long séjour fut pour l’écrivain l’occasion d’une profonde remise en question durant laquelle il faillit perdre la raison. La maison où il logea, qu’il décrit dans le livre, existe encore (mais n’est malheureusement pas visitable…)
La première nuit qu’on a passée ici, j’ai dévoré ce bouquin. Lire à Galle un livre sur Galle… ça n’a pas de prix! Une lecture que je te conseille si tu comptes visiter la ville (d’autant que le livre est relativement court).

Bilan

Je crois que je t’en ai assez dit sur ce voyage… Oh, j’aurais pu te parler de plein d’autres choses, en vérité. De ce séjour à Kandy, par exemple, durant lequel on est tombés sur un chauffeur de tuk-tuk complètement cinglé (mais absolument génial) qui nous a emmenés dans des coins reculés et somptueux, n’apparaissant dans aucun guide touristique. Cerise sur le gateau, on a passé une soirée magique avec lui et ses potes!

Ou encore de Colombo, une ville sans âme qui a eu sur nous l’effet d’un repoussoir.

Ou de la guerre civile qui s’est achevée il n’y a pas si longtemps que ça… Les « Tigres tamouls » (que le Parisien qualifiait en son temps de « l’une des plus redoutables guérillas au monde ») s’y sont tristement illustrés durant plusieurs décennies. Pourquoi je n’ai pas envie de développer? Parce que les cicatrices sont encore vives, parce que le pays tente de tourner la page, le regard tourné vers l’avenir.

Ou de la pauvreté extrême, omniprésente sur l’île. Quelques jours après notre retour en France, on apprit avec tristesse qu’un tas d’ordures de 90 mètres de haut venait de s’effondrer sur un bidonville de Colombo, faisant 29 morts.

Passer tout ceci sous silence serait malhonnête. Insister trop longuement serait contre-productif. Alors, si tu veux vraiment te faire une idée du pays, la meilleure façon, c’est d’y aller toi-même…

(et, si tu veux, je peux te filer l’adresse d’une superbe guesthouse à Negombo, et pas chère en plus!)

Alors, t’attends quoi?
🙂

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7 Réponses

  1. Philippe dit :

    Ca donne envie de voyager !

  2. Bernard dit :

    Oui c super Sri Lanka que j ai visité en 1982, qui avant s appelait Ceylan et encore avant Serendip….

  3. Patrick CONSTANT dit :

    Bonjour,

    Concernant les tigres tamouls, une précision s’impose.
    Les anglais, comme souvent (et pas qu’eux), ont utilisé les divisions locales pour régner. Les Cinghalais sont majoritairement bouddhistes mais dans la culture du thé les anglais ont « importé » de l’Inde toute proche des hindouistes comme main-d’oeuvre bon marché.
    Les colons partis, les natifs ont pris les rennes du pouvoir…. et ont mal traité les immigrés indiens; exemple: la droits comme l’éducation étaient inégaux (pas ou peu d’accès surtout aux études supérieures), ainsi que ceux d’accès aux emplois d’administration et de l’armée (interdits aux indiens); je ne parle même pas du droit de vote. Ainsi le nord majoritairement peuplé d’hindouiste s’est révolté avec l’appui de son grand voisin. Y étant en 1981, le nord était encore interdit et le train qui joignait la côte ouest et est (passant par le nord) était protégé par des militaires.
    Heureusement ça s’est calmé mais longtemps la révolte a grondé et peut-être n’est-elle qu’endormie.
    Sinon je crois me souvenir qu’un pont de chemin de fer joignait l’île (partiellement) au continent du temps des anglais; il aurait été utilisé jusqu’en 1965 …

    Enfin, merci de m’avoir fait revivre mon voyage par récit interposé… promis, j’y retournerai pour compléter (en partie) ce que tu n’as pas eu le temps de voir.

  4. Sophie dit :

    Très intéressant! Ca donne envie de voyager!

    Je me pose une question: est-ce ce même ami dont tu nous parles dans l’article sur l’hôtel de Hilbert ?

  5. darsika dit :

    bonjour

    j’aimerais vous dire que la moitié de ce que vous avez appris au Sri Lanka c presque que des mensonge car les cingalais essaie de detruire la vrais histoire du Sri Lanka

  6. viviane ploquin dit :

    bonjour .

    voila ont part le 1 er mars et apres avoir parcouru votre blogue j ai hate .
    pourriez vous me donner l adresse de la guesthouse a negombo .
    Merci d avance

  7. indianeries dit :

    L’adresse de la bonne guesthouse à negombo ? (c’est pour un futur élevage de cafards… !)
    A moins que l’adresse de votre dernier hôtel avant le retour avion soit une bonne et réelle recommandation, je suis preneuse, jirai en mars 2019… Merci pour ce blog et récit plein de bonne humeur!

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