
C'est très tôt dans l'histoire de l'Islam, en l'an 657, seulement 25 ans après la mort de Mahomet, que l'islam se divisa. La source du conflit était politique : la désignation du calife ou imam, successeur du Prophète à la tête de la communauté. Or Mahomet a eu des filles mais pas de fils.
Qui donc allait diriger la communauté après sa mort ? Il n'avait pas donné d'instruction à cet égard.
- Les Sunnites
L'islam sunnite - ou sunnisme - est le principal courant religieux de l'Islam. Il concerne 85 à 90 % des musulmans. Le sunnisme est dérivé du mot "sunna" qui représente la ligne de conduite de Mahomet. Qualifiés de musulmans orthodoxes, ils prônent un monothéisme épuré dont la base demeure le Coran, livre sacré sur lequel doit reposer l’organisation sociale et la vie spirituelle de tout musulman. Contrairement aux Chiites, les Sunnites combattent l’idée selon laquelle le successeur de Mahomet doit obligatoirement appartenir à sa famille.
- Les Chiites
Les Chiites dont le nom dérive de Chî’at a Ali ("ceux qui suivent Ali") représentent aujourd'hui un dixième seulement de l'ensemble des musulmans (environ 100 millions de fidèles). Ils sont cependant majoritaires en Irak et en Iran et forment une communauté très influente au Liban. Les musulmans chiites attribuent une importance cruciale au culte de l'imam. Cet imam chiite se distingue de l’imam qui, chez les Sunnites, préside simplement à la prière dans les mosquées. Il est le descendant d'Ali, le gendre du Prophète.

- Le soufisme
Les soufis sont la branche mystique de l'Islam. Environ 40 % du monde musulman, sunnites et chiites, est lié à une quelconque fraternité soufie. Le soufisme s'est développé en Islam parmi ceux qui cherchaient des relations plus affectives avec Dieu. Chaque confrérie a son maître-guide spirituel. Parlant en des termes poétiques qui scandalisaient les docteurs de la Loi sunnites et chiites, ils étaient autrefois jugés hérétiques et combattus. C'est AL-UHAZALI au XIIe siècle qui a réconcilié l'Islam classique avec les courants mystiques, ce qui a permis l'apparition des grandes confréries.
L’Espagnol IBN ARABI, mort en 1240, est considéré comme le plus grand maître soufi. Le soufisme est un humanisme et un style de vie entièrement tourné vers la spiritualité et l'excellence du comportement.
- Les courants islamistes fondamentalistes
Nous sommes témoins aujourd'hui de la naissance de multiples courants islamistes plus radicaux les uns que les autres qui cherchent à étendre la domination islamique dans le monde entier par le djihad. Parmi eux, on distingue entre autre le Wahhabisme et le Salafisme : le premier est un mouvement religieux et politique arabe et musulman sunnite d'inspiration hanbalite fondé par Mohammed ibn Abd el-Wahhâb (1703 - 1792) vers 1745. L'intention de ce dernier était de ramener l'islam à sa pureté d'origine. Ses fidèles rejettent toute tradition extérieure au Coran et à la Sunna. Cette alliance est à l'origine de la diffusion de la doctrine la plus radicale de l'Islam, l'idéologie dite "islamiste". Le wahhabisme est étroitement lié à la notion de "salafisme", (en arabe : "as-salafiyya" provient du mot salaf, "prédécesseur" ou "ancêtre"), un courant fondamentaliste dont il se distingue difficilement et dont la description est l'objet de débats. Le salafisme est un dérivé du wahabisme, mais ces deux doctrines prônent toutes les deux un Islam radical et rigoriste, en opposition à la modernité du mode de vie occidental.




Pas mal ce petit rappel pour se rafaîchir la mémoire.
Bonne initiative cet article sur les différents courants de l'islam pour éviter les amalgames de + en + nombreux dans l'esprit des gens. Pour compléter ce glossaire des termes liés à la religion:
la fatwa: Avis juridique donné par un spécialiste de loi islamique sur une question particulière. Comme on peut parfois l'entendre, une fatwa n'est pas une condamnation à mort d'un individu. (cette confusion est liée à la fatwa pronant l'assassinat de de Salman Rushdie, l'auteur controversé des Versets Sataniques. Depuis, fatwa = condamnation à mort dans l'esprit des gens, ce qui est complètement faux.
L'islam sunnite notamment, comme toute organisation religieuse ou politique, a parfois des divergences en son sein. Ainsi, il n'est pas rare que différents muftis rendent des fatwas différents... tout est question de'interprétation des textes fondamentaux.
un mufti: seul spécialiste de la loi islamique susceptible de donner une fatwa
Le Djihad (ou jihâd): concept mouvant et difficile à appréhender simplement. L'islam compte quatre types de djihad: celui par le cœur, par la langue, par la main ou par l'épée.
Le djihad par le cœur, par exemple, est loin d'être guerrier: il invite simplement les musulmans à se remettre sans cesse en question pour s'améliorer.
On s'en doute, c'est le djihad par l'épée qui fait le plus parler de lui. Il prône un combat obligatoire contre les non-musulmans, les mécréants. C'est une notion complexe, avec nombre de subtilités: on distingue par exemple le Djihad mineur et majeur: attention donc aux confusions et amalgames en tous genres.
Super intéressant, vraiment.
Entre l'article et le commentaire d'Histomanie, impossible maintenant de dire des âneries à propos des Musulmans (et de confondre islam et islamisme, par exemple...)
J'aurais bien aimé un petit grain de folie et d'humour en plus dans tout ça, mais bon, je suis très chiante (et exigente) (mais encore plus chiante ^^)
Merci pour l'article et merci pour les précisions Histomanie!! je voudrais juste rajouter que le jihad par l'épée est défini comme un ultime recours en cas d'agression, armée aussi(le Coran explique les conditions de ce jihad: éviter de tuer et privilégier le fait de faire des prisonniers, ne combattre que les attaquants et ne toucher ni aux innocents, ni aux femmes, ni aux enfants, avec même l'interdiction de détruire des arbres) et que donc il n'y a aucun lien entre terrorisme et jihad armé par exemple. Merci encore une fois pour cet article clair et objectif!
Les attentats, souvent reliés au terme de Djihad dans la Presse grand public, sont pourtant condamnés par les autorités religieuses musulmanes.
Et oui, on l'oublie trop souvent, le Coran précise bien que:
- il est interdit de tuer des innocents (comme vous le précisez, Kitri)
- le suicide est lui aussi clairement condamné
Donc, du moins en théorie, les attentats-suicides (ou attentats tout court d'ailleurs) vont à l'encontre du texte qu'ils défendent...
MAIS (oui, il y a toujours un mais...):
Bien sûr les interprétations d'un texte épais de plusieurs milliers de pages peuvent varier. On l'oublie trop souvent, l'Ancien Testament fait par exemple partie intégrante de l'Islam (au même titre que pour les Juif et les Chrétiens, c'est-à-dire les religions "du Livre"). Or, le Dieu qui apparaît dans l'Ancien Testament n'est pas la définition même d'un Dieu qui vit d'amour et d'eau fraîche... Il n'hésite pas à prôner la destruction de ceux qui ne croient pas en lui. Quant à la femme, elle n'est pas vraiment très bien traitée... (il faudra attendre le Nouveau Testament chez les Chrétiens pour que Dieu devienne amour et pardon...)
On touche là l'épineux problème de l'interprétation des textes: parce qu'ils ont été écrits par des auteurs différents au fil des siècles, parce que Dieu s'exprime le plus souvent en paraboles (et notamment son fils Jésus), on peut faire dire à peu près tout et son contraire à la Bible, la Torah ou le Coran.
L'enjeu se situe simplement au niveau de l'intelligence (et de l'intérêt politique) de ceux qui le lisent... et l'interprètent.