La presque véritable histoire de Jack-o’-Lantern

jack-o-lantern

– Hey! Tavernier! Reverse-nous un p’tit coup à boire! Jack, c’est toi qui paye ta tournée, ce coup-ci!

Fouillant bon gré mal gré dans sa bourse pour y dénicher une piécette qui ne s’y trouve pas, Jack bouscule par mégarde un passant qui passait par là par hasard. Manque de bol, le passant qui passait par là par hasard n’est pas n’importe qui, mais ça, Jack ne le sait pas encore.

– Holà, l’ami! Fais donc attention à où tu mets tes miches, veux-tu!
– Pardon Monsieur, je ne l’ai pas fait exprès.

(même bourré, Jack est un type extrêmement poli)

Le passant qui passait par là par hasard se dit qu’un mec aussi poli même quand il est bourré serait très facile à influencer. Car le passant qui passait par là par hasard n’est autre que le Diable en personne! Mais ça, Jack ne le sait pas encore.

– Ça te dirait de devenir riche? demande le Diable à Jack.
– Ben… oui. À qui ça ne dirait pas?

Et, en moins de temps qu’il n’en faut pour un démon à déployer ses ailes, voilà le Diable qui parvient à convaincre Jack de lui vendre son âme en échange d’une immense fortune.

– Vous y gagnez au change, l’ami!
– Oui, c’est vous qui le dites… Avant de signer votre contrat qui me liera à vous pour l’éternité, me permettez-vous de boire un dernier verre pour la route?
– Mais bien sûr, l’ami.

(cette manie qu’a le diable de mettre « l’ami » à la fin de toutes ses phrases est très énervante, je vous le concède.)

Et Jack fouille bon gré mal gré dans sa bourse pour y dénicher une piécette qui ne s’y trouve (toujours) pas.

– Euh… vous pouvez m’avancer?
– Mais bien sûr, l’ami. Je vais même faire mieux. Je vais me transformer en pièce de 6 pences pour que tu puisses payer ta bière. Puis je retrouverai ma forme humaine.

(il est comme ça, le Diable, il aime bien se transformer en piécette de 6 pences.)

Mais Jack, sous ses faux airs de mec poli même quand il est bourré, a plus d’un tour dans son sac. À peine le Diable transformé, il s’empare de la pièce et la fourre dans sa bourse dans laquelle il a une croix en argent dont il ne se sépare jamais…

Voilà le Diable piégé par la croix en argent! Il ne peut plus se transformer et est condamné à rester sous sa forme de piécette de 6 pences! Mais Jack prend peur. Il sait bien que le Diable finira bien par trouver un moyen ou un autre de retrouver sa vraie forme. Et là, attention à son courroux! Du coup, il lui propose un marché.

– Bon, OK, je vous ai bien eu, mais c’était juste pour déconner, hein… Si je vous libère, vous me promettez de pas vous fâcher?
– Mais oui, l’ami, je comprends tout à fait. C’était une simple blague, voilà tout. Libère-moi TOUT DE SUITE s’il te plaît…
– Mais promettez-moi avant de ne pas venir réclamer mon âme avant qu’un délai de 10 ans ne s’écoule!
– OK, l’ami, je t’en fais le serment.

Et quand le Diable fait un serment, c’est pas du pipeau. Jack vit donc peinard les dix années suivantes en exerçant son métier de maréchal-ferrant (un peu) et en buvant des bières à la taverne du coin (beaucoup). Puis vient la fin du compte à rebours fatidique… Le Diable l’attend à un coin de la rue et lui rappelle son marché.

– Rappelle-toi, l’ami, tes dix années sont maintenant écoulées.
– Ah, mince, je pensais que vous auriez oublié, moi…

Et Jack réfléchit très très vite à la façon dont il va arnaquer le diable une deuxième fois.

– Bon, OK, je veux bien vous suivre où vous voulez, mais, avant, j’ai un petit creux. Vous pourriez pas monter à l’arbre, là, et me cueillir une pomme?

Et le Diable accepte de grimper à l’arbre. C’est vraiment un type super sympa, quand on y pense.

(oui, oui, vraiment)
(peut-être un petit peu con sur les bords aussi, à bien y réfléchir)

Aussitôt que ses pieds ont décollé du sol. Jack grave rapidement une croix sur le tronc de l’arbre à l’aide de son couteau. Piégé, une seconde fois!

– Ah ah! J’vous ai de nouveau bien eu! Alors, c’est qui le patron?
– Allez, déconne pas, l’ami, j’ai plein de boulot aujourd’hui. Relâche-moi!
– OK, mais jurez-moi cette fois que vous ne viendrez plus JAMAIS prendre mon âme.
– D’accord l’ami, je t’en fais le serment.

Et voilà le Diable aussitôt libéré du maléfice qui le retenait prisonnier à l’arbre. Jack peut maintenant se la couler douce jusqu’à la fin de ses jours: il vécut heureux et eut beaucoup d’enfants.

Fin de l’histoire?
Non!

Car, comme tout le monde, Jack n’est pas immortel. Le jour de sa mort, il se retrouve devant les portes du Paradis dont Saint Pierre lui refuse l’accès.

– Déconne pas, Pierrot! J’ai mené une vie vertueuse, moi!
– Quoi?! Boire des canons au pub de la ville toute la sainte journée n’est pas ma définition d’une vie « vertueuse ». Tu peux donc aller au Diable!

Et c’est ce que fait Jack, il va voir le Diable.

– Coucou Diablo, ça va? Bon, ben… Le Paradis veut pas de moi, donc je viens vous voir histoire que vous me fassiez une petite place tranquille en Enfer…
– Je ne crois pas, non, l’ami.
– Quoi? Mais pourquoi? Vous êtes fâché contre moi? Nan, mais vous savez, le coup de la piécette et du pommier, c’était juste une blague, hein…
– Tu m’as fait prêter serment de ne jamais prendre ton âme, les portes de l’Enfer te sont donc refusées à jamais. Adieu, l’ami.
– Mais, mais… Où donc vais-je bien pouvoir aller, moi?

Et les larmes commencent à couler sur les joues de Jack. Le Diable, bien sûr, ne se laisse pas attendrir et reste inflexible.

– Diable, il fait nuit noire, là… Pourriez-vous au moins me prêter du feu pour que j’y vois quelque chose?

Pour qu’il puisse s’orienter dans les ténèbres, le Diable lui donne une braise venue tout droit des Enfers. Jack creuse alors un gros navet qu’il avait dans sa poche et place la braise à l’intérieur pour s’en servir comme d’une lanterne. Et, de cette lanterne, il en aura bien besoin: il devra errer au milieu des Ténèbres, l’âme en peine, pour l’éternité!

(et on se dit, qu’au final, il l’a bien cherché)

FIN.

Et voilà, vous connaissez maintenant l’histoire de Jack O’Lantern! Plus tard, lorsque les Irlandais émigrèrent vers les États-Unis (dans les années 1845), ils s’adapteront à la flore locale et remplaceront le navet par la citrouille.

Voilà de quoi bien effrayer tous ces sales morveux qui viendront vous casser les c… le soir d’Halloween à vous réclamer des bonbons!

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Créateur et rédacteur d' EtaleTaCulture

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8 Réponses

  1. Joel dit :

    Je suis très friant de ce genre de légendes, et votre façon de les raconter me plaît beaucoup!
    Je m’étais déjà poser la question sur l’utilisation des citrouilles à Hallowean, j’ai maintenant ma réponse, et je ne suis pas déçu! Une bien belle histoirre à raconter aux enfant un soir d’orage 😈

  2. censure dit :

    Excellente histoire!

  3. jean dit :

    Une legende intéressante que je ne connaissais pas du tout.

  4. Je n'ai pas de nom :) dit :

    Ça me rappelle une autre légende… Bretonne ou un truc du genre ^_^ il demandait des dons au Diable et après il s’en servait contre lui 🙂

  5. Hallo dit :

    Hier soir, j’ai envoyé chier les gamins qui sonnaient à ma porte.
    J’ai pensé à vous 😎

  6. betty dit :

    bonjour
    FAUX rien à voir ni même avec les irlandais sauf qu’ils ont exportés cette légende qui ne leur appartient pas dans leur histoire mais dans la notre celle de la FRANCE, légende antique qui remonte en l’an 600 de SIRE HALEWYN seigneur de guerre sanguinaire et féroce,et son peuple répandit cette légende qui était un chant. Comte de flandre se convertira catholique suite au décés de son épouse bien aimé puis moine et deviendra saint BAVON son nom sera donné à la cathédrale de GAND, ses descendants sont nombreuses j’en suis une et je détiens l’ouvrage de 260 pages sur l’histoire et généalogie de 1300 à 1926 de cette famille qui porte le nom de HALLUIN du même nom que la ville au nord de la France, des documents et cette légende s’y trouvent,

    je peux prouvé ce que j’avance

    Origine du nom d’Halloween

    Le nom de la fête des morts pourrait être inspiré de la légende flamande du sire Halewyn…

    A une époque lointaine, en Flandres, vivait le bel Halewyn. C’était un noble seigneur dont la cruauté n’était égalée que par une chose, la pureté de son chant. Ce dernier était magnifique, à tel point que quiconque l’entendait ne pouvait s’empêcher de suspendre ses gestes et de l’écouter, charmé. De nombreuses jeunes filles quittèrent la demeure de leurs parents pour suivre cette voix, les petits enfants disparaissaient dans les bois. Tous ceux-là, jamais on ne les revit.

    Le roi de l’époque avait une fille aussi belle que fière. Elle aimait braver le vent et galoper le long des plages sur son cheval favori, elle admirait les flammes qu’elle jugeait semblables à elle. Enfant d’une lignée de guerriers, elle maniait aussi les armes et s’entraînait avec les hommes. Un jour qu’elle était près de la mer, elle entendit le chant d’Halewyn, qui pour elle entonnait les chansons les plus belles et les plus émouvantes. Le cœur chaviré, la princesse se rendit auprès de son père pour le prier de la laisser partir auprès de l’élu de son cœur.

    Bien entendu, le roi refusa. La jeune fille réitéra sa demande auprès de chacun des membres de sa famille. Elle parvint finalement à convaincre son frère de la laisser agir à sa guise.

    La princesse se rendit dans sa chambre afin de se préparer. Elle revêtit un habit somptueux et de riches parures, car elle préparait ses noces. Puis, elle alla à l’écurie et sella son cheval favori. Enfin, elle enfourcha sa monture et partit à la rencontre de son bien-aimé.

    Au milieu de la forêt, elle le trouva qui l’attendait.

     » Te voici, si belle pour moi, princesse ! Ce que j’avais entendu sur tes charmes n’est que bien inférieur à la vérité. Suis-moi en ma demeure.  »

    Ils se mirent en route en devisant joyeusement, et les animaux regardèrent passer ce couple magnifique qui semblait si heureux.

    Après avoir parcouru bien des chemins dans la forêt, ils arrivèrent au domaine du seigneur et descendirent de leurs montures. Il sembla à la jeune fille apercevoir du coin de l’œil une forme blanche dans les airs. Levant les yeux, elle vit une femme pendue se balancer doucement à une branche. Regardant autour d’elle, elle s’aperçut que tous les arbres du domaine portaient de semblables fruits.

    Halewyn se tourna vers elle.

     » Vois-tu, ma princesse, je t’aime trop, et je désire ne te partager jamais avec personne, que la mort. Lorsqu’elle aura fermé tes beaux yeux, ils ne regarderont jamais un autre homme, et tu seras mienne pour toujours. »

    Tremblante, mais ne voulant pas manifester sa frayeur, la jeune fille demanda :

     » Je suis fille de roi, la corde n’est pas digne de roi. Une descendante de nobles guerriers ne peut mourir que par l’épée.

    • Il en sera fait selon tes désirs, ma bien-aimée.
    • Bien. Mais cependant, il serait fort dommage que le sang que vous allez verser puisse tacher la blanche tunique tissée pour vous par votre mère. Retirez-la donc.  »

    Halewyn fit passer la tunique par-dessus sa tête, mais dans ce mouvement l’épée qu’il portait à sa ceinture glissa. La princesse s’en saisit promptement et, d’un mouvement habile, trancha le chef de son fiancé. La tête roula à terre, mais pouvait encore parler.

     » Noble enfant, va dans les champs et sonne de mon cor, que mes amis l’entendent et accourent à mon aide.
    • Non, je n’irai pas et ne sonnerai pas de votre cor, car je suis à présent votre épouse et c’est moi seule qui resterai auprès de vous.
    • Si tu ne sonnes pas du cor, va au pied de cet arbre là-bas et prends l’onguent qui s’y trouve, puis recolle ma tête sur mon corps.
    • Non, je n’irai pas, je suis à présent votre épouse et je resterai ici avec vous.  »

    Elle prit la tête et alla la laver à la fontaine, puis l’enveloppa dans un linge. Elle remonta sur son fidèle cheval qui était restée là, et repartit joyeusement par la forêt, portant la tête sous son bras. A l’orée des bois, elle croisa une vieille femme qui leva la tête vers elle.

     » Noble jeune fille, n’auriez-vous pas vu mon fils Halewyn ? je devais le retrouver en ces lieux.
    • Désormais vous ne verrez plus votre fils, vieille femme. Car il est mort, et voici sa tête !  »

    Alors la mère du cruel seigneur poussa un cri et tomba au sol, car elle aimait son fils malgré les crimes de celui-ci.

    La fille du roi revint en la demeure de ses parents qui, la croyant perdue, étaient en train de la pleurer. Tous au château la retrouvèrent avec joie, mais s’étonnèrent qu’elle ait pu échapper à Halewyn, car elle était la première. Elle ne donna pas d’explication, et son père ordonna un grand festin. La princesse conserva ses vêtements de noces.

    Au repas, elle sortit la tête du linge et la posa devant elle à la table, sans un mot. Elle évida ensuite la tête du seigneur et plaça à l’intérieur une bougie. Puis elle mangea aux côtés de son époux, et tous la regardaient. Ainsi disparut le cruel et bel Halewyn, qui plus jamais ne chanta pour conduire les jeunes gens à leur perte.

    Le nom d’Halewyn est également à l’origine du nom de la ville de  » Halluin « , en Flandre française.

    ~Darkiliane Suky~ Publié le : 31/10/2005

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  7. Eurosix dit :

    Bonjour Djinnzz,
    Après avoir lu tous les commentaires et votre article, je préfère votre histoire à la légende du Nord ! Pourquoi ? Je n’en sais fichtre rien !!
    Ai-je gardé mon âme d’enfant ??
    Merci et à plus (tiens ? Aurais-je rajeuni ?) !!

    • Djinnzz dit :

      Bonjour Eurosix !
      Merci pour vos commentaires qui me font toujours autant plaisir !
      Amitiés,

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