
La Divine Comédie, œuvre magistrale de Dante Alighieri, est un long poème rédigé « en tercets enchaînés d’hendécasyllabes en langue vulgaire florentine ». De prime abord, cette description peut sembler austère et peu engageante… Mais restez avec moi !
Un Univers Codifié et Symbolique
Eh oui, il s’agit surtout d’un chef-d’œuvre qui mérite qu’on s’y attarde ! Dante Alighieri (1265–1321) — ou Dante pour les intimes — est un poète italien du début du XIVe siècle. Il est surtout célèbre pour avoir composé La Divine Comédie entre 1307 et 1321, un vaste poème allégorique d’une complexité fascinante dans lequel il nous livre sa vision métaphorique du monde. Un peu à la manière d’un Tolkien avant l'heure, Dante construit un univers minutieusement codifié, fondé sur une représentation inédite de l’Enfer et du Paradis peuplés de personnages hauts en couleur.
Dans l'univers imaginé par Dante, la Terre occupe le centre de l’Univers, autour de laquelle s’étendent les cieux. Au cœur même de la Terre se tapit le Diable, installé dans sa sinistre demeure, l’Enfer, eux-mêmes organisés en neuf cercles, chacun réservé à un type particulier de péché. Les cercles les plus profonds, destinés aux transgressions les plus graves, abritent les âmes les plus damnées. Chaque niveau illustre, par le principe du contrapasso 1, une punition en miroir du péché commis. On y retrouve bien sûr les obsessions de l'époque : c'est ainsi que les les sodomites se retrouvent dans le septième cercle...
Quant au Purgatoire, il s’élève sur une île isolée à la surface terrestre, dominant le chemin qui mène enfin au Paradis.
Le livre suit le voyage initiatique de l'écrivain qui se met lui-même en scène. Au début du récit, Dante se perd au milieu d'une forêt sombre et maléfique, la "forêt sauvage du péché". Recherchant désespérément la sortie, il tombe sur une monumentale porte au-dessus de laquelle est écrit en lettres gothiques : "Vous qui entrez, laissez toute espérance".
N'importe qui de normalement constitué aurait fait demi-tour illico presto et se serait enfui en courant... Mais pas Dante ! Quitte à être paumé, le héros décide de tenter le coup et traverse la porte...
- Tiens, ça a l'air sympa ce coin... Eh oh ! Y'a quelqu'un ? »
Rapidement, il est rejoint par son ami Virgile, le célèbre poète latin auteur de l’Énéide, qui endosse le rôle de guide spirituel. Peu après, apparaît Béatrice, la seule femme qu’il ait jamais aimée, disparue depuis plusieurs années.
Avec leur aide, Dante entame un périple périlleux à travers les neuf cercles infernaux, traverse le Purgatoire, pour atteindre, enfin, le Paradis où il aura l’opportunité de rencontrer Dieu en personne.

Durant son épopée, il rencontrera nombre de personnages célèbres (mythiques ou historiques) empruntés à différentes cultures. Parmi eux, on peut citer Ulysse, Lucifer, Caron, Minos, Sémiramis, Cléopâtre, Hélène de Troie, Cerbère, le Minotaure, Diomède, le comte Ugolin, Cassius, Brutus, Judas,... Bien sûr, ces rencontres se veulent symboliques et sont l'occasion pour le héros de s'interroger sur sa propre condition.

Au fil des siècles, La Divine Comédie a inspiré d’innombrables artistes — peintres, écrivains, compositeurs, metteurs en scène, etc. — qui y ont puisé une source d’inspiration inépuisable pour créer des œuvres souvent empreintes d’une atmosphère sombre et tourmentée. Auguste Rodin, par exemple, passera une bonne partie de sa vie à sculpter une représentation de la fameuse Porte des Enfers.
Ce n'est pas pas pour rien que La Divine Comédie est souvent considérée, à juste titre, comme LE chef d'oeuvre de la littérature, tout style et toute époque confondus !
Bonus track : les neuf cercles des Enfers
Clic pour dérouler
- Premier cercle – Les Limbes
Accueille les âmes des non-baptisés et des vertueux païens (comme Virgile, Homère, etc.) qui, bien qu’inoffensifs, restent séparés de la vision divine. - Deuxième cercle – La Luxure
Les âmes des luxurieux sont emportées sans cesse par une violente tempête, symbolisant leur incapacité à maîtriser leurs passions. - Troisième cercle – La Gourmandise
Les gourmands subissent une pluie incessante et se retrouvent dans une boue fétide, tourmentés par Cerbère. - Quatrième cercle – L’Avarice et la Prodigalité
Avarices et prodigues se livrent à une lutte éternelle en poussant de lourdes pierres, illustrant leur obsession du gain ou du gaspillage. - Cinquième cercle – La Colère et l’Acedie
Les coléreux se battent sur la surface du Styx, tandis que les âmes acédiques restent submergées, symbolisant respectivement la violence incontrôlée et l’indifférence. - Sixième cercle – L’Hérésie
Les hérétiques, ayant renié la foi, sont enfermés dans des tombes enflammées. - Septième cercle – La Violence
Divisé en trois anneaux :- Violence contre autrui : immergés dans un fleuve de sang bouillant, surveillés par des centaures.
- Violence contre soi-même : suicides transformés en arbres tortueux.
- Violence contre Dieu, la nature et l’art : blasphémateurs, sodomites et usuriers errent dans un désert de feu.
- Huitième cercle – La Fraude (Malebolge)
Réparti en dix fosses, ce cercle punit divers fraudeurs (séducteurs, simoniaques, hypocrites, voleurs, etc.) chacun selon la nature de leur tromperie. - Neuvième cercle – La Trahison
Les traîtres sont emprisonnés dans un lac de glace. Ce cercle se divise en quatre zones selon le type de trahison (à l’égard de la famille, de la patrie, des hôtes ou des bienfaiteurs) et culmine avec Lucifer, enfermé au centre et dévorant éternellement Judas, Brutus et Cassius.
Sources
Oh, joie des internets : une traduction en français de la Divine Comédie est disponible gratuitement sur Wikisource. Ami lecteur, vous savez maintenant ce qu'il vous reste à faire si vous avez une trentaine d'heures à tuer devant vous !
Notes
- contrapasso : principe de punition selon lequel la peine s'inscrit en miroir du crime commis. Par exemple, ceux qui se sont laissés emporter par leurs passions (les luxurieux) sont condamnés à être baladés éternellement par une tempête, ce qui rappelle l'instabilité de leur désir, tandis que les devins, qui cherchaient à voir l'avenir, doivent marcher la tête tournée vers le passé.↩ Retour au texte




En fait, tellement d'influence qu'a cause de ce livre, la langue florentine sera choisie lors du Risorgimento comme langue nationale italienne.
"Ma mise me per l'alto mare aperto..." Ah le Chant d'Ulysse.. Que de souvenirs!
Mais de quoi parles-tu?
Les sodomites se trouvent au milieu de l'enfer alors non il ne s'agit pas du pire des péché selon Dante (en non c'est traites qui sont au cœur de l'Enfer!), surtout que dans ce cercle (des sodomites) il y rencontre l'un de ses anciens professeurs, une personne qu'il admire énormément! Ensuite, Dante rencontre Virgile, poète qu'il admire (et qu'il place tout de même comme habitant du premier vrai cercle de l'enfer, les limbes) au cœur de la foret sombre car c'est son rôle de lui faire voir ce qui attend Dante s'il reste dans le péché. Aussi celui-ci ne pouvait-il pas faire demi tour, il n'avait pas le choix! Et il était bien loin de trouver ça sympa... Virgile sera son guide en Enfer ET au Purgatoire et Béatrice au Paradis et s'il «tape la discut'» avec un assez grand nombre de saints, il ne la tape jamais avec Dieu.
Et là je pose encore la question: de quoi parles-tu? Certainement pas de la Divine Comédie... que tu n'as jamais lu, c'est assez évident... Pourquoi prend tu la peine de parler de quelqu'un et d'un ouvrage auquel tu ne t’intéresse même pas?
Faudrait voir à péter un coup Monsieur VC Je sais Tout...
1/ Il n'est pas écrit que la sodomie est le pire des péchés, mais que les sodomites sont placés dans un des cercles les plus inférieurs de l'enfer. Après vérif', les sodomites sont placés dans le septième cercle sur 9 au total. Pas d'erreur ici, donc, c'est bien dans le Bas-Enfer consacré aux actions les plus viles.
Ce n'est pas parce qu'il y rencontre Brunetto Latini, son professeur qu'il admire énormément, que la sodomie n'est pas considéré à cette époque comme l'un des pires pêchés, votre argument ne tient pas. (Quant au "Quelle horreur" de l'article, c'est du second degré au cas où vous auriez pas compris)
2/ "Et il était bien loin de trouver ça sympa": ben oui, on s'en doute, on n'est pas des débiles. L'humour, vous connaissez?
3/ "Virgile sera son guide en Enfer ET au Purgatoire et Béatrice au Paradis" : Oui, et ... ?
4/ "S’il tape la discut’ avec un assez grand nombre de saints, il ne la tape jamais avec Dieu": vous marquez un point. Il ne discute pas avec Dieu, mais il est ébloui par l'éclat de Dieu. (on pourrait d'ailleurs bien se demander de quoi pourrait discuter Dieu avec un simple mortel)
Je ne vois pas en quoi cette seule imprécision mérite votre courroux (coucou).
Bref, au lieu de perdre du temps à cherche la petite bête, pourquoi ne consacreriez-vous pas votre temps à d'autres choses plus utiles? (dire les mêmes choses, par exemple, mais de façon constructive serait une grande avancée pour dégonfler vos chevilles)
Pour ceux qui veulent lire ce chef d'œuvre, version complète ici:
L'Enfer:
http://www.ebooksgratuits.com/pdf/dante_alighieri_divine_comedie_enfer.pdf
Le Purgatoire:
http://www.ebooksgratuits.com/pdf/dante_alighieri_divine_comedie_purgatoire.pdf
Le Paradis:
http://www.ebooksgratuits.com/pdf/dante_alighieri_divine_comedie_paradis.pdf
Sur le principe, je considère personnellement qu'on peu parler d'un sujet sans en être un spécialiste (cf. tous les journalistes qui interviewent des auteurs sans avoir lu leurs bouquins, face à l'impossibilité temporelle de tout lire).
On peut parler d'Ulysse sans avoir lu Homère, on peut parler d'Abraham sans avoir lu l'Ancien Testament et, oui, on peut parler de la Divine Comédie sans avoir lu Dante.
Je n'ai pas lu la Divine Comédie, parce que je trouve le style très chiant. Mais ça ne m'empêche pas de considérer que je connais à peu près l'œuvre pour en avoir entendu parler par des gens intelligents et en avoir lu de bonnes analyses. Je n'ai pas lu Homère ni la Bible pour les mêmes raisons, et je considère connaître à peu près le contenu de ces livres.
Bref, vous avez une vision très étriquée et old school du savoir.
Sans cela, bien peu de personnes pourraient parler de bien peu de choses... Après, ce n'est que mon avis et je laisse Djinnzz exposer son propre point de vue s'il le souhaite.
La Divine Comédie, Le Paradis, " La rencontre avec Dieu " :
Dans la profonde et lumineuse subsistance
De la haute Clarté, trois cercles m'apparurent,
De trois couleurs mais d'une ampleur égale ;
Comme Iris l'est d'Iris, le second paraissait
Le reflet du premier, et le troisième un feu
Egalement exhalé des deux autres.
Pour ce que je conçois, ah ! combien la parole
Est pauvre et faible ! et ce que conçois,
Près de ce que j'ai vu, est aussi peu que rien.
Eternelle Clarté, qui seule en Toi résides,
Es seule à Te comprendre, et qui Te comprenant
Et comprise de Toi, T'aimes et te souris !
Quand mon regard l'eut un peu observé,
Ce cercle, qui semblait un reflet lumineux
Que Tu aurais en Toi-même conçu,
Et son volume et de sa propre teinte
De notre image apparut figuré ;
Aussi ma vue se plongea-t-elle en Lui.
Ainsi qu'un géomètre appliqué tout entier
A mesurer le cercle et qui point ne découvre
Sans sa pensée le principe qu'il faut,
Je me troublai devant cette merveille :
Je voulais voir comment au cercle s'unissait
Notre image et comment elle y est intégrée.
Mais point n'auraient suffi mes seules ailes,
Si mon esprit n'avait été frappé
Par un éclair, qui mes vœux accomplit.
Ici ma fantaisie succomba sous l'extase.
Mais déjà commandait aux rouages dociles
De mon désir, de mon vouloir, l'Amour
Qui meut et le Soleil et les autres étoiles
Je suis complètement d'accord avec VC. Le résumé de la Divine Comédie est plein d'erreurs et c'est regrettable. Dante ne mérite pas d'être maltraité par les ignares. Et je peux aussi ajouter que la Comédie est un très beau poème : c'est loin d'être aussi glauque qu'une histoire de vampires d'aujourd'hui. A bon entendeur...