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[Analyse d'une œuvre] La Chute d'Icare, de Pieter Brueghel l'Ancien

Fidèle lecteur d'EtaleTaCulture, vous connaissez maintenant la légende d'Icare sur le bout des doigts. Pour avoir trahi son protecteur le roi de Crète, Dédale est enfermé avec son fils Icare dans un labyrinthe inextricable qu'il…

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Fidèle lecteur d'EtaleTaCulture, vous connaissez maintenant la légende d'Icare sur le bout des doigts. Pour avoir trahi son protecteur le roi de Crète, Dédale est enfermé avec son fils Icare dans un labyrinthe inextricable qu'il a lui-même conçu quelques années plus tôt. Toute évasion par voie terrestre est impensable... par contre, rien n'empêche les deux hommes de prendre la poudre d'escampette par les airs... Dédale met au point deux paires d'ailes collées dans leur dos avec de la cire et met bien en garde son fils de ne pas s'élever trop haut dans les airs pour ne pas que les rayons du soleil fassent fondre la cire. Comme tout ado qui se respecte, Icare n'écoute pas les recommandations de son père, ses ailes fondent et il meurt à la suite d'une chute vertigineuse dans la mer. Fin de l'histoire.

Moralité 1 : tu ferais mieux d'écouter les conseils des anciens, toi le jeune con qui croit tout savoir de la vie !

Moralité 2 : à trop vouloir atteindre les sommets, la chute n'en est que plus terrible...

Pieter Brueghel l'Ancien, peintre humaniste appartenant avec Jan van Eyck, Jérôme Bosch et Pierre Paul Rubens au top 4 des artistes flamands qui ont marqué l'Histoire de l'Art, s'empare du mythe en 1558 pour produire une œuvre surprenante. Le spectateur assiste à une scène campagnarde et, si ce n'est le titre, bien peu d'indices le mettent sur la voie d'Icare et de son père Dédale... On a beau scruter le ciel, aucune plume à l'horizon ! Seul le berger au centre de la composition avec le nez tourné vers le ciel nous laisse supposer qu'il se passe d'étranges choses dans les airs... Pourtant, après plusieurs minutes d'observation attentive, on remarque les jambes qui se débattent dans l'eau à côté du bateau et qui peuvent, bien sûr, n'appartenir qu'à Icare !

Brueghel fait donc le choix étonnant de représenter le mythe APRÈS qu'Icare soit tombé ! C'est peut-être un détail pour vous, mais pour l'artiste, cela veut dire beaucoup !

Ce contenu interactif historique est en cours d’adaptation.

Analyse interactive de la Chute d'Icare de Breugel l'Ancien, 1558

Le regard du spectateur est en premier lieu attiré vers le personnage en premier plan, le paysan qui laboure son champ dont les préoccupations semblent bien loin du drame mythologique en train de se tramer. Des deux hommes présents, l'un regarde le sol et l'autre les cieux : comment ne pas y voir le symbole de la dualité de l'Homme ? La recherche d'un Idéal qui s'oppose aux nécessités quotidiennes pour subsister.

"Lorsque nous détournons les yeux pour ne pas voir le mendiant à côté de nous, valons-nous mieux alors que ce laboureur qui semble aveugle au malheur du pauvre Icare ?"

Surtout, ce qui choque, c'est bien sûr qu'Icare se noie dans l'indifférence la plus générale : le pêcheur pourtant à côté de lui ne semble même pas daigner lever les yeux ! "Expression même de la solitude" selon l'écrivain Anne Philippe, la Chute d'Icare de Pieter Brueghel l'Ancien semble dénoncer l'indifférence des hommes envers leurs prochains. Ce pêcheur, n'est-il pas nous, passants indifférents à côté d'un mendiant réclamant une pièce ? Lorsque nous détournons les yeux pour ne pas voir la misère à deux pas de nous, valons-nous mieux alors que ce laboureur qui semble aveugle au malheur du pauvre Icare ?

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La Chute d'Icare, Breugel l'Ancien, huile sur toile, 73.5 × 112 cm, 1558

Mais rassurez-vous et ne culpabilisez pas ! La force de Brueghel c'est justement que, loin de juger l'égoïsme humain, il porte au contraire un regard plein d'amour sur l'humanité. La misère et la mort font partie de notre quotidien, mais la Vie ne s'arrête pas pour autant : continuer de tracer son sillon dans la terre semble être la seule protection possible aux malheurs qui nous accablent. En un seul tableau, Brueghel réussit ainsi l'exploit de nous résumer toute la philosophie humaniste !

En contemplant l'œuvre, le regard inattentif d'un spectateur peu avisé pourrait songer à la simple représentation d'un paysage bucolique. Pourtant, si on prend la peine d'en décortiquer les détails, la symbolique puissante de l'œuvre prend tout son sens. Et c'est plutôt passionnant, non ?

LA CONVERSATION CONTINUE

Vos commentaires.

35 commentaires
Lolo

En réponse à un commentaire précédent

Ah ah ah! Le mec qui fait la morale en omettant point de mettre un lien vers son blog... Soyez crédible jusqu'au bout et ne profitez pas de ce site qui apparemment vous sort par les yeux pour vous faire de la publicité!
Ce site est un site de culture générale, pas d'astuces entre webmasters. Bravo à toi, t'as fait un ctrl+maj+I, t'as analysé le code source et déduit le plugin wordpress utilisé. Tu crois vraiment que tu mérites une médaille?

Pathétique...

Lolo

En réponse à Lolo

Et j'ajouterai que bien peu de blogueurs aurait laissé un commentaire aussi nauséabond que le vôtre sur LEUR blog. Djinnz a pas voulu donner le nom du plugin qu'il a utilisé... et alors? Qui es-tu pour le juger? Qui es-tu pour juger des milliers d'heures passées à mettre en ligne des articles plus brillants les uns que les autres?

Et surtout, pourquoi tirer de telles conclusions? Sans compter qu'il a fait une réponse très sympa à la personne qui lui a demandé...

Je pige pas.

Je le redis, pathétique...

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En réponse à Lolo

Lolo vous êtes franchement exaspérant. A croire que vous n'avez pas lu mon message !

Mon blog est effectivement accessible via mes commentaires. Contrairement à vous qui êtes parfaitement anonyme, c'est un moyen de montrer que j'assume mes opinions. Que vous y voyez un moyen de faire de publicité plus qu'un pacte de transparence ne me dérange pas, cependant cette supposition repose sur une grande méconnaissance du web, mais j'imagine que vous n'êtes de toute façon pas près à réviser votre point de vu, je ne développerai donc pas plus loin cette affirmation.

En effet, lire le "code source" pour identifier le plugin est extrêmement trivial, notez tout de même que si tout le monde est capable de créer un blog, tout le monde n'est pas en mesure de procéder à cette simple analyse. En tout cas ce que vous exprimez de façon très énervé en vous tortillant sur votre chaise (pardonnez moi, mais je ne peux m'empêcher de vous imaginer ainsi) exprime le même point de vu que celui exposé dans mon dernier commentaire. C'est à dire que l'information n'étant pas secrète, refuser de la partager est relativement mesquin et candide.

Avant de continuer plus loin dans ma réponse, j'aimerais recentrer le débat sur son sujet et son ton d'origine. Non, mon premier message n'était pas nauséabond. Ta façon de t'exprimer est nettement plus virulente, et la vacuité de tes arguments enfonce le clou !

Maintenant que ce quiproquo est levé, laissez moi affirmer qu'il est heureusement possible de donner son opinion sur tout, que l'on soit familier du sujet ou pas d'ailleurs, dans le cas contraire on ne parlerait pas de grand-chose avouez le... Alors qui suis-je pour donner mon avis ? Et bien « je suis », et c’est bien suffisant.

Ce qui est certain c’est que vous avez mis dans le mille lorsque vous avez estimé la quantité de travail que nécessite un tel blog, par contre j'ai du mal à trouver dans mes propos quelque chose qui aurait pu vous faire penser que je dénigrais le travail de l’auteur ou de l’équipe de etaletaculture.fr… Il me semble même avoir salué le talent de l'auteur et de ses collègues.

Pour finir, la réponse chaleureuse est à porter au crédit de l’auteur, cependant y voir un prétexte pour ne pas tenir rigueur de ce refus à mon sens malvenu est un choix que je ne fais pas. Libre à vous de ne pas dissocier l'affectif, la forme et le fond, j’espère simplement que vous êtes conscient de tirer une balle dans pied de votre capacité à raisonner et par ricochet dans celui de votre libre arbitre. :)

grenouille

Bonjour,

Bon je ne veux pas faire mon malin, mais en fait ce tableau, longtemps attribué à Bruegel l'ancien, n'est en fait qu'une copie de son fils. L'original a disparu. Ceci n'enlevant rien à l'analyse d'étaletaculture. Il y a un autre détail insolite : le cadavre d'un vieillard dans le buisson situé à gauche du tableau.
J'aurais insisté aussi sur la diagonale du tableau, séparant le rêve de la réalité.

En tout cas votre site est très sympa

Léna

Merci c'est très utile pour mon histoire de l'art :razz: !