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La Ballade des pendus de François Villon : Quand les morts parlent aux vivants

Aujourd'hui, c'est poésie ! Ceux qui lisent régulièrement ce site savent l'admiration que je porte à Serge Reggiani . Son interprétation de la Ballade des Pendus fait partie des chansons françaises qui me touchent le plus... et…

La ballade des Pendus - Serge Reggiani - Villon

Aujourd'hui, c'est poésie ! Ceux qui lisent régulièrement ce site savent l'admiration que je porte à Serge Reggiani. Son interprétation de la Ballade des Pendus fait partie des chansons françaises qui me touchent le plus... et j'ai envie de partager ça avec vous, >histoire de bien plomber votre fin de week-end !

La Ballade des Pendus est en réalité un poème de François Villon (1431 - 1463). Que dis-je ! C'est LE poème de François Villon, celui qui a contribué à inscrire ce poète médiéval au Panthéon des plus grands écrivains. Ce dernier a mené une vie assez dissolue : il est mêlé à plusieurs reprises à des embrouilles qui le conduisent tout droit dans des geôles sordides... (il est même grâcié par le redoutable Louis XI !) C'est lors de sa détention suite à l'affaire Ferrebouc - une rixe ayant mal tournée au cours de laquelle Villon blesse un notaire pontifical - qu'il écrit ces magnifiques vers.

Certes, c'est en vieux français. Certes, il faut se concentrer quelques temps pour comprendre la portée du texte. Mais, croyez-moi, l'effort accompli en vaut la peine et vous permettra de savourer ce texte multi-séculaire !

Frères humains qui après nous vivez

N'ayez les cœurs contre nous endurcis,

Car, si pitié de nous pauvres avez,

Dieu en aura plus tost de vous merciz.

Vous nous voyez cy attachez cinq, six

Quant de la chair, que trop avons nourrie,

Elle est pieça devoree et pourrie,

Et nous les os, devenons cendre et pouldre.

De nostre mal personne ne s'en rie :

Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre !

Si frères vous clamons, pas n'en devezAvoir desdain, quoy que fusmes occiz

Par justice. Toutesfois, vous savez

Que tous hommes n'ont pas bon sens rassiz ;

Excusez nous, puis que sommes transis,

Envers le filz de la Vierge Marie,<

Que sa grâce ne soit pour nous tarie,

Nous préservant de l'infernale fouldre.

Nous sommes mors, ame ne nous harie ; [que personne ne nous insulte]

Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !

La pluye nous a débuez et lavez,

Et le soleil desséchez et noirciz :

Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez [nous ont crevé les yeux]

Et arraché la barbe et les sourciz.

Jamais nul temps nous ne sommes assis ;

Puis ça, puis la, comme le vent varie,

A son plaisir sans cesser nous charie,

Plus becquetez d'oiseaulx que dez à couldre.

Ne soyez donc de nostre confrarie ;

Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre !

Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie,

Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :

A luy n'avons que faire ne que souldre. [n'ayons rien à faire ou à solder avec lui]

Hommes, icy n'a point de mocquerie ;

Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre.

L'interprétation de Serge Reggiani :

LA CONVERSATION CONTINUE

Vos commentaires.

6 commentaires
euh ben non, j'suis personne

Quelle musique? Alors... Led Zeppelin, Juliette, Philippe Katherine, Bach et... Boris Vian !! ;-) non non ce n'est pas de la lèche, c'est vrai :lol:

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