La culture générale pour briller en société.
Curieux depuis 2012 0% publicité 100% passionnés
étale ta
culture.

Moins on en a…
plus on en découvre.

Surprends-moi
← Culture Générale

Satan n'est pas celui qu'on pense !

Satan, démon à cornes et à la queue fourchue ? Dans l’imaginaire collectif contemporain, Satan est souvent représenté comme le gardien des Enfers, doté de pouvoirs quasi égaux à ceux de Dieu, vêtu de rouge et de noir, orné de…

Satan, démon à cornes et à la queue fourchue ?

Dans l’imaginaire collectif contemporain, Satan est souvent représenté comme le gardien des Enfers, doté de pouvoirs quasi égaux à ceux de Dieu, vêtu de rouge et de noir, orné de cornes et pourvu d’une queue fourchue. Cette image spectaculaire, largement diffusée par la culture populaire et médiatique, ne correspond pas à la conception originelle issue des textes bibliques, mais résulte d’un long processus d’évolution iconographique et théologique.

La fonction originelle du terme « satan »

Dans les textes hébreux originels, le mot « satan » (sans majuscule) signifie simplement « adversaire » ou « accusateur ». Il désigne une fonction – celle de contester ou de mettre à l’épreuve – plutôt qu’une entité maléfique autonome. Ainsi, dans l’Ancien Testament, notamment dans le Livre de Job et dans Zacharie, le « satan » apparaît comme un membre de la cour céleste chargé d’agir en tant que procureur ou testeur de la fidélité des hommes, et non comme un rival de Dieu. Pour la tradition juive, l’idée qu’un être puisse se mesurer à Dieu est inconcevable, et le dualisme opposant un Dieu unique à une force maléfique toute-puissante ne fait pas partie de la conception originelle.

"Il me fit voir le grand prêtre Josué, debout devant l'ange de l'Éternel, et un satan qui se tenait à sa droite pour l'accuser"

Zacharie, 3, 1

Le récit de Job et la fonction d’accusateur

Dans le Livre de Job, lorsque Dieu loue la droiture de Job, le satan avance que cette fidélité serait motivée uniquement par les bienfaits matériels dont il bénéficie. Il propose ainsi à Dieu de mettre Job à l’épreuve en lui infligeant diverses calamités – la perte de ses biens, de ses proches et même une maladie douloureuse – afin de démontrer que la foi de Job est conditionnée par l’abondance de ses bénédictions. Malgré ces épreuves, Job reste inébranlable dans sa foi. Ce récit montre que, dans ce contexte, le rôle du « satan » est avant tout fonctionnel : il agit comme un adversaire qui teste la sincérité et la profondeur de la foi humaine, plutôt que comme le redoutable « Prince des Ténèbres » que l’on retrouve dans des représentations postérieures.

Yahweh dit à Satan : « As-tu remarqué mon serviteur Job ? Il n'y a pas d'homme comme lui sur la terre, intègre, droit, craignant Dieu et éloigné du mal. »
Satan répondit à Yahweh : « Est-ce gratuitement que Job craint Dieu ? Ne l'as-tu pas entouré comme une clôture, lui, sa maison et tout ce qui lui appartient ? Tu as béni l'oeuvre de ses mains, et ses troupeaux couvrent le pays. Mais étends la main, touche à tout ce qui lui appartient, et on verra s'il ne te maudit pas en face ! »

Job, I, 11

On peut dans un premier temps s'étonner que Dieu et Satan discutent entre gens civilisés... Mieux, Dieu accepte même de relever le pari de son contradicteur ! C'est maintenant parti pour une avalanche de malheurs qui tombent sur le coin de la figure de ce malheureux Job qui n'avait rien demandé...

Malgré l’accumulation de souffrances, Job conserve une foi inébranlable, illustrant ainsi la souveraineté du dessein divin. L'histoire se termine d'ailleurs en happy end : pour le récompenser de sa droiture, de son honnêteté et de ne jamais s''être détourné du Seigneur, Job retrouve au centuple les biens qui lui avaient été retirés...

Et Yahweh bénit les derniers temps de Job plus encore que les premiers, et il posséda quatorze mille brebis, six mille chameaux, mille paires de boeufs et mille ânesses.

Job, XLII, 12

Ce récit ne présente pas le satan comme un « Prince des Ténèbres » absolu, mais plutôt comme un adversaire fonctionnel, chargé de mettre en lumière la profondeur de la foi humaine.

Le rôle de Satan évolue dans le Nouveau Testament

L’évolution de la figure de Satan se précise dans le Nouveau Testament. Désormais, il est clairement présenté comme l’opposant principal du Royaume de Dieu. Le satan y apparaît notamment dans le récit de la tentation de Jésus dans le désert (Marc 1:12–13, ainsi que dans Matthieu 4 et Luc 4), où il tente de détourner le Fils de Dieu de sa mission divine en lui proposant le pouvoir sur les royaumes de la terre. Ici, bien que Satan paraisse capable de proposer des avantages considérables, il reste toujours subordonné à la suprématie divine : Jésus rejette fermement ses tentations et confirme ainsi que, malgré ses apparences, le satan n’est nullement son égal en termes de pouvoir.

Quand Jésus est dans le désert (Marc, I,11), il est soumis à la tentation de satan, qu'il renvoie aussitôt par un un "Vade retro, Satanas !" qui restera à jamais gravé dans la culture populaire !

Dans l’Apocalypse de Jean, la figure de Satan prend un caractère encore plus dramatique et symbolique. Il est tour à tour décrit comme le Malin, le Serpent originel – identifiant par la suite le serpent du jardin d’Éden à l’archétype du diable – et la Bête. Toutefois, il n’est jamais montré comme le chef d’une armée de démons prêts à envahir les cieux ; cette image, populaire dans la culture moderne, est en réalité le fruit d’interprétations postérieures et d’analogies avec des œuvres littéraires comme la Divine Comédie de Dante ou Paradise Lost de Milton. Ces œuvres médiévales et modernes ont largement contribué à forger l’image du Diable que l’on connaît aujourd’hui, en y intégrant des éléments empruntés à la mythologie païenne (comme l’apparence de Pan) et en accentuant les aspects de peur et de rébellion.

Ainsi, si la représentation du Diable sous forme d’un être aux cornes, sabots et queue fourchue s’est imposée dans l’imaginaire populaire – notamment au Moyen Âge, lorsque l’Église utilisa cette image pour renforcer la crainte du mal et asseoir son autorité – elle est très éloignée de la conception biblique originelle. Dans l’Ancien Testament, le « satan » est avant tout un accusateur et un testeur de la foi humaine, tandis que dans le Nouveau Testament, il est bien l’adversaire principal de Jésus, mais toujours dans le cadre d’un ordre divin souverain où il ne peut rivaliser avec Dieu.

Même en cherchant bien, on ne saura trouver dans la Bible la mention d'un Satan à la tête d'une armée de démons prête à envahir les cieux... pour un tel scénario, lisez plutôt l'excellente bande dessinée Spawn !

Représentation des Enfers - Divine Comédie de Dante
Représentation des Enfers - Divine Comédie de Dante - Illustration de Gustave Doré

La descente aux enfers de Jésus dans Le symbole des Apôtres

À ce stade de l'article, je me permets un petit aparté personnel. Longtemps, le Symbole des Apôtres a suscité en moi des interrogations. Il s'agit d'un texte concis, utilisé dès les premiers temps de l’Église pour résumer l’essentiel de la foi chrétienne, énonce la croyance en Dieu le Père, en Jésus-Christ son Fils unique. Il est récité en chœur par l'assemblée des fidèles lors de chaque messe :

Je crois en Dieu, le Père tout-puissant,

Créateur du ciel et de la terre.

Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ;

qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie,

a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié,

est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers ;

le troisième jour est ressuscité des morts,

est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant,

d’où il viendra juger les vivants et les morts.

Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Église catholique, à la communion des saints,

à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle.

Symbole des Apôtres

Selon ce texte qui remonte aux temps des Apôtres, Jésus est donc "descendu aux Enfers" avant de monter aux cieux. J'ai compris récemment, grâce à l'homélie d'un frère dominicain, que l'enfer fait ici référence au royaume des morts, et non au lieu de damnation éternelle auquel le mot "enfer" est fréquemment rattaché. Par sa mort et sa résurrection, Jésus renverse ainsi le pouvoir de la mort, ouvrant l’accès à la vie éternelle à toute l'humanité. Ici encore, pas d'enfer au sens contemporain du terme, et encore moins de Satan, maitre démoniaque !

Mais alors, d'où ça vient, cette image que l'on a du Diable ?

En définitive, l’image dramatique et monstrueuse du Diable telle que nous la connaissons aujourd’hui n’est pas le reflet d’une conception originelle, mais le fruit d’un long et complexe processus de transformation culturelle et théologique. Cette évolution s’est opérée au fil des siècles par l’interprétation successive des textes sacrés, qui, selon les besoins spirituels ou politiques, ont pu attribuer au terme « satan » des nuances diverses, allant d’un simple accusateur céleste à un être radicalement maléfique et opposé à Dieu.

L'image de divinités païennes, comme celle de Pan – qui allie beauté et sauvagerie – a aussi pu inspirer les symboles utilisés par la culture chrétienne. Ces symboles ont été ensuite modifiés au Moyen Âge pour renforcer le contrôle social et spirituel : pour faire peur à la population ou pour justifier des pratiques telles que l'exorcisme et la persécution des hérétiques.

La littérature et l’art, avec des œuvres marquantes comme la Divine Comédie de Dante ou Paradise Lost de Milton, ont quant à eux cristallisé et mythifié cette image en lui conférant une dimension quasi épique et ambivalente, à la fois fascinante et terrifiante. Plus récemment, Satan devient Lucifer, Belzébuth (on devra cependant attendre 1980 pour apprendre que c'est un bouc et qu'il est en rut : sans doute un clin d'œil au dieu Pan de la mythologie grecque !) ou encore Méphistophélès...

Ainsi, la représentation du Diable témoigne de la capacité des sociétés à adapter et réinventer le mythe du mal en fonction des enjeux politiques ou spirituels de chaque époque. À la fois symbole de rébellion et instrument de légitimation de l’ordre divin, Satan demeure un puissant vecteur de sens dans l’imaginaire collectif.

Défi

[Ajout du 02/07/2019] Même plusieurs années après la rédaction de cet article, je continue à recevoir beaucoup d'insultes ou de messages de dénigrement à son propos. Il est vrai qu'il n'est pas parfait, la dernière partie sur la construction de la peur de Satan à l'époque médiévale mériterait notamment d'être étoffée.

J'avoue ne pas comprendre ce déferlement de haine. Des médias chrétiens eux-mêmes accréditent la thèse d'une naissance progressive de l'imagerie de Satan à travers les siècles. À ce sujet, lire par exemple l'article de Taizé.fr, très instructif : un chrétien doit-il croire à l’existence de l’enfer ?

LA CONVERSATION CONTINUE

Vos commentaires.

296 commentaires
franck

En réponse à un commentaire précédent

Que la paix soit sur vous tous,

Voici un condensé de la question du diable d'un point de vue coranique, vu qu'il n'y a pas de commentaire allant dans ce sens je pense qu'il sera un aperçu utile si Dieu le veut.

Son nom est iblis, nom qui lui a été attribué après sa désobéissance envers un commandement Divin, celle-ci ayant entrainé sa chute ainsi que sa malédiction.Auparavant son nom était azazel.

Son histoire a débuté avant celle de la création d'Adam, il était sur terre avec ses semblables (génies) qui ont, comme les humains, désobéi aux commandements Divins et répandu le sang et la corruption sur la terre.
Lui était un adorateur du Seigneur, il a combattu et chassé avec l'aide des anges, et sur ordre Divin, ses semblables des génies (djinns) ces derniers s'étant réfugiés sur des iles, ce qui même aujourd'hui en fait un refuge privilégié de certains diables.

Son "trône" se situe sur l'eau et il possède une descendance démons (sheyatins) auxquels il donne des "ordres de missions", ses soldats favoris étant ceux qui provoquent le plus grand trouble chez l’être humain, il est rapporté d'ailleurs dans une tradition qu'il laisse s'assoir sur son trône, les shéyatins ayant réussi a séparer l'homme de sa femme, marquant ainsi l'importance que le diable accorde a la désunion entre époux et donc de la structure familiale.

Il est une précision importante a savoir, que bien qu'étant un génie (le diable), tout les génies ne sont pas des diables, ils disposent de la mème liberté de croire ou non que les êtres humains, cependant tous les enfants du maudit sont des démons dévoués a son service, c'est une prérogative qu'il a demandé a Dieu que, de chaque enfant d'Adam qui naitrait, un soldat a lui naitrait aussi.

Pour en revenir a son histoire il était donc un adorateur qui fut élevé au statut d'ange, sans pour autant en devenir un (il n'y a pas de consensus sur cette question, néanmoins l'avis prédominant est qu'il n'est jamais devenu un ange mais est resté un génie élevé au rang des anges).
Il est devenu imbu de ses prérogatives et du pouvoir que Dieu lui a accordé (il était gardien du ciel inférieur) ainsi l'orgueil a fini par naitre dans son cœur.
Avant que ne se manifeste ouvertement cet orgueil entrainant sa désobéissance et de facto sa chute, il se demandait :"pourquoi Dieu avait-il créé Adam?"
Celui-ci (Adam) gisait inerte, sa création n'étant pas encore parachevé par l’insufflation de l’âme qui allait lui donner vie.
Il tournait donc autour de lui se demandant quel était le but de cette nouvelle création, ainsi il tapa de sa main, entendit un son résonner et dit : " c'est une créature creuse elle ne pourra pas se retenir, je jure de détruire cette créature si celle-ci est préférée a moi"

Lorsque Dieu donna vie a Adam en lui insufflant son âme, il l’honora en lui enseignant les noms de toute chose, et ordonna aux anges de se prosterner devant lui, ce qu'iblis refusa de faire, prétextant qu'il est meilleur que lui car il (diable) fut créé a partir de feu et qu'Adam lui fut créé a partir de terre (argile crissante).

Ainsi disgracié il décida de faire chuter Adam du paradis dans lequel il s'introduisit usant pour se faire de la complicité du serpent.
Il usa de ruse et de faux serment pour inciter Adam et Eve a manger du fruit de l'arbre qui leur était défendu, et lorsqu'il y parvint tous furent bannis de la proximité Divine car Dieu leur dit: "Ne peut rester auprès de Moi quelqu'un qui m'a désobéi"

Ils chutèrent donc sur la terre étant ennemis les uns des autres, le diable étant leur l'ennemi mortel, sa mission consista désormais a inciter l’être humain a la mécréance, au polythéisme, a l’associationnisme, ainsi qu'a toutes sortes de turpitudes détestables afin qu'il chute avec lui dans la géhenne ( feu de l'enfer).

Concernant certains commentaires, l'enfer n'est pas gardé par les suppôts du diable, mais par 19 anges dont le chef s'appelle Malik.

On voit donc bien que le diable n'est qu'une créature ingrate qui ne peut faire que ce que Dieu lui permet, cette idée d'une "lutte" n'ayant évidemment pas de sens.

Dieu a fait du diable un exemple de la vanité que l'on peut tirer de l'adoration si celle-ci n'est pas emprunte d'humilité et de gratitude.
L'orgueil n'est pas une "qualité" qu'une créature puisse revendiquer, c'est un droit exclusif du Seigneur que nul ne peut Lui disputer.

Il n'existe de façon éternelle qu'une seule Divinité, Allah, qui n'a aucun semblable ni homonyme, et a qui appartient la royauté dans les cieux et sur la terre, dont la bonté n'a de cesse de se manifester envers ses créatures en leur permettant de sans cesse de revenir vers Lui.

La seule et unique faute impardonnable étant de mourir sans avoir eu le poids d'un atome de foi dans le cœur.

Qui oserait renier ses parents alors qu'ils ont été un modèle d'éducation, de vertus et d'amour envers leur enfant...
Renier Dieu est bien pire que cela, Il nous a créé a partir du néant, nous a préféré a bon nombre de ses créatures et a soumit pour nous tout ce qui se trouve sur la terre.

willymartien

En réponse à un commentaire précédent

AMEN meme les DIEUX de toutes les mythologies c est lucifer de son vrais nom azazel ou hariman et ces anges est leurs decendences dans toutes les mythologies il est question de dieux geant est la bible nous parle de geant pour quoi ?

willymartien

En réponse à un commentaire précédent

merci tu vien de renforcer ma foi la bible dit noir sur blanc que dans les dernier temps beaucoups perdron la foi il travaille bien satan et c est demon il est temps de ce reveille humanite endormis par la berceuses de ce monde encore un peut de temps est notre calvaire prendra fin guardon la foi en l amour de DIEU jean.3.16

willymartien

En réponse à un commentaire précédent

EXCUSE MOI mais tout ce que Dieu a cree etait bon c est l homme qui a choisi de devenir ce qu il est est de plus satan la aider c est anges dechuts quant ils ont trouver les filles des hommes belles ils ont prit forme de dieux facile pour eux c etait des anges ils ont aprit tout ce que l hommes connait de mehan pour l homme ps situ veut plus amples explication je te repondrai sur mon blog

MV

Texte qui ne fait qu'exprimer encore une fois une grave pathologie mentale à l'encontre du catholicisme.

Tu es bête, tu n'as pas la logique, tu n'as pas la science. Mais tu sais très bien ce que tu fais en désinformant ton lectorat par ton dégueuli sur un mode accusatoire.

Comme déjà dit, nous avons régné et nous régnerons à nouveau car nous existons toujours. Nous avons vu toutes vos civilisations s'effondrer les unes après les autres, de même pour vos théories pseudo-scientifiques, alors nous savons que vous ne valez rien. Ce ne sont pas des faux scientifiques comme toi qui vont pouvoir faire quoi que ce soit contre nous. Fais-toi à cette idée, ma cocotte... et va apprendre un peu la rigueur et l'exactitude. Si tu fais l'animateur pour losers du net c'est bien que tu n'as pas un article en cours.