[Monuments de Paris] Vie et mort autour de la Fontaine des Innocents

Chers auditeurs, nous voici ce jour en plein cœur du quartier des Halles de Paris, sur la rive droite.
Partant de la Porte Lescot sous la toute récente Canopée du Forum des Halles, nous tournons à droite et nous nous retrouvons presque immédiatement sur la Place Joachim du Bellay où nous attend la Fontaine des Innocents, édifice intimement lié à l’histoire du quartier.
Savez-vous que ces lieux ont été les témoins d’événements et de périodes plutôt… lugubres? Nous y reviendrons!
Mais je vous invite d’abord à participer aux festivités qui sont à l’origine de notre visite!

À nouveau roi, nouvelle fontaine !

Nous voici à Paris le 16 juin 1549 pour célébrer un événement tout particulier… C’est en effet aujourd’hui que notre bon roi Henri, deuxième du nom, va faire son entrée solennelle dans la capitale. C’est notre commentateur Léon Zitrone qui va nous faire vivre ce moment mémorable avec son brio habituel…

– Euh… non. Moi, c’est Léon Sitrone. Avec un s. Désolé… Mais je vais tenter de l’égaler!
– Léon Sitrone? OK… Eh bien, c’est à vous!
– Merci et bonjour à tous! Voici donc cette journée tant attendue et préparée depuis des semaines par les Parisiens où nous allons recevoir notre nouveau souverain, comme il est de tradition, sur cette voie Royale. Magie de la technologie, chers auditeurs du XXIe siècle, je suis pour ma part en direct de la « Grande Chaussée de Monsieur Saint-Denys », en l’an de grâce 1549!

Je vais profiter du temps qu’il nous reste avant l’arrivée du cortège royal pour vous dépeindre les lieux et vous donner une idée de l’ambiance qui règne ici.
Je vous rappelle tout d’abord que la chaussée où nous nous trouvons est une ancienne voie romaine qui reliait Lutèce à Saint-Denys. Elle est devenue la « Voie Triomphale » par laquelle les rois et les reines de France font leur entrée solennelle dans leur bonne ville de Paris jusqu’à notre sainte cathédrale Notre-Dame. C’est d’ailleurs le chemin inverse qu’ils sont amenés à prendre lorsque la mort les conduit à la Basilique de Saint-Denys pour y être inhumés…

Une entrée solennelle donne toujours lieu à de grandes fêtes. La voie est aujourd’hui jonchée de fleurs et des arcs de triomphe de circonstance ont surgi de partout. Et ne parlons pas des fontaines… ou plutôt si, parlons-en! Ces fontaines publiques qui pour ce jour exceptionnel ne laissent plus couler de l’eau, mais du lait ou du vin, au choix. Oui, du vin! Pour égayer davantage encore le cœur des Parisiens venus acclamer leur souverain.
Mais aujourd’hui, un autre événement va venir couronner le déroulement de la fête: une halte particulière sera marquée auprès d’une fontaine toute nouvelle qui vient remplacer celle autrefois installée par notre roi Philippe Auguste il y a plus de 350 ans.
Et c’est notre souverain lui-même qui viendra l’inaugurer et la mettra en service lorsque son cortège s’y arrêtera.

Mais j’entends les clameurs augmenter. Est-ce à dire que… Ouiiii, voici le cortège royal qui approche. Et la foule est en délire ! Ah ! mes amis, c’est à peine croyable, c’est indicible, c’est fabuleux, c’est …. c’est… Quelle ambiance ! On me bouscule de tous côtés et haaaa où suis-je ? J’ai perdu mes bésicles, je n’y vois plus rien. Et mon porte-voix vers le XXIème siècle, dans cette véritable mêlée, ne me sert plus à rien. Ce sont les vivats de la foule qui illustrent mieux que mon pauvre gosier ce moment inoubliable. Je sens, je sens le sol qui tremble alors que le métro passe en dessous de nous, heu pardon ! alors que les chevaux passent devant nous au petit trot.
Mais voici le roi qui lève la main et le cortège s’arrête à l’angle de la rue « aux Fers » et de cette Chaussée de Monsieur Saint-Denys qui jouxte en cet endroit le cimetière dit « des Innocents ».

C’est maintenant que la nouvelle fontaine va être dévoilée! Elle est l’œuvre de deux de nos célèbres artistes: l’architecte Pierre Lescot et le sculpteur Jean Goujon, tous deux bien connus pour leurs travaux de rénovation du palais du Louvre commencés il y a trois ans. Mais voici que succédant aux cris de la foule, vous l’entendez comme moi, un silence solennel s’établit.

Je vais maintenant parler à voix basse pour éviter de me faire remarquer…

Plusieurs personnes s’affairent autour de la fontaine et les deux grandes tentures qui la cachaient sont retirées. Et oh la la la! la voici qui apparaît, adossée à l’église des Saints Innocents, cette église qui fut édifiée vers 1140 par le roi Louis VI, dit Le Gros, en lieu et place d’un ancien oratoire. Vous vous demandez peut-être: mais pourquoi ce nom? Qui sont ces « Saints Innocents »? Eh bien, c’est en souvenir des enfants massacrés par Hérode lors de la naissance du Christ que cette église fut ainsi baptisée. Mais le fait que le cimetière comporte un secteur consacré aux enfants « innocents », car morts en bas âge, explique également cette appellation dans l’esprit des habitants.

Mais, mais, mais je vois que le roi est accompagné des deux artistes dont je viens de parler. Il donne la parole à Pierre Lescot, le concepteur et l’architecte de la fontaine. Écoutons-le!

« Comme vous le voyez, Sire, avec ses trois arcades dont une à angle droit, la fontaine forme un rectangle avec les murs de l’église ancienne qu’elle embrasse. Elle est montée sur un socle élevé, ce qui la rend plus facilement visible, rehausse sa beauté et rend l’accès à l’eau plus facile.
Elle forme une loggia couverte permettant à ceux qui s’y trouvent d’observer depuis chacune des trois arcades les spectacles de la rue et tout particulièrement en ce jour d’abriter les nobles personnes qui ont eu le privilège de vous accueillir, vous notre souverain.

Les arcades sont décorées de cinq bas reliefs, chacun entre deux pilastres, représentant de gracieuses naïades, œuvres de notre ami Jean Goujon, tenant une urne d’où l’eau, suggérée dans la pierre, semble s’écouler. La légèreté et la transparence des drapés des vêtements cherchent à évoquer également le ruissellement de l’eau.
Chaque arcade est surmontée d’une large frise et d’un fronton triangulaire et comporte également une frise plus petite à son pied.
Deux mascarons sont disposés en dessous de chaque arcade et c’est par eux que l’eau va jaillir dans quelques instants.
J’invite donc maintenant Votre Majesté à ouvrir les vannes pour que cette eau coule pour le bienfait des habitants…. »

Et c’est sous les vivats que le roi descend de cheval et va ouvrir les commandes des six points d’arrivée d’eau. Il se tourne vers nos deux artistes et les félicite chaudement. Je crois entendre qu’il propose alors de nommer cet admirable édifice: « Fontaine des Nymphes ». Jean Goujon s’en montre manifestement très flatté!

Prières et bénédiction vont bientôt clôturer la cérémonie, avant que le cortège ne reprenne sa route vers Notre-Dame toute proche, sous les nouvelles acclamations de la foule, comme vous pouvez l’entendre!

C’était Léon Sitrone depuis la Fontaine des Nymphes pour Sa Majesté le roi Henri, deuxième du nom. A vous, les studios!

Après ce brillant et enthousiaste reportage de Léon Zi… non, Sitrone qui nous a fait vivre en direct l’entrée triomphale de Henri II dans la capitale, je reprends donc la parole pour vous parler de l’environnement de la fontaine. Étant donné qu’elle jouxte le cimetière des Innocents, je m’en vais de ce pas interviewer son dernier Conservateur. Nous sommes maintenant en l’an de grâce 1785…

Le Cimetière des Innocents

– Monsieur le Conservateur, bonjour! Vous allez, paraît-il, bientôt quitter vos fonctions ici… pourquoi cela?
– Eh bien tout simplement parce que ce cimetière va fermer définitivement et disparaître d’ici la fin de l’année. Je vous expliquerai pourquoi tout à l’heure. D’ailleurs vous voyez bien tous les travaux de transformation en cours pour attribuer un autre usage à ce vaste terrain.
– C’est donc le moment propice pour nous parler de son histoire, si je comprends bien.
– Pour sûr! Mais je vous préviens, il va falloir parfois vous accrocher, car elle n’est pas toujours bien agréable, cette histoire. Rien à voir avec les cimetières remplis de tombes bien entretenues. Ça n’a pas toujours été une sinécure, ici! Mais que voulez-vous, comme on dit : « c’est aussi la vie »…

Pour nous remettre en perspective, sachez que le terrain a servi de cimetière de fait dès l’époque mérovingienne du Vème au VIIIème siècle. Ce n’est qu’au Xème siècle qu’il est devenu cimetière officiel et ce jusqu’à aujourd’hui, soit pendant huit siècles.

Le début du cimetière

– Son ouverture correspondait sans doute à un besoin spécifique ?
– Effectivement, il a été ouvert pour recevoir les corps de paroissiens de l’église Saint-Germain l’Auxerrois, située derrière le Louvre, alors propriétaire de la plus grande partie du terrain. Mais n’étant pas clôturé, il est vite devenu un véritable passage public, servant autant de lieu de rendez-vous que de décharge d’ordures de tous genres, surtout depuis qu’un marché important avait été installé à côté.
– Mais il a bien fini par être clôturé, non?
– En effet, en 1186, Philippe Auguste le fit entourer d’un mur de trois mètres de haut, ce qui isola enfin le cimetière du marché… Progressivement, le lieu accueillit les défunts d’autres paroisses parisiennes et reçut aussi les corps provenant d’hôpitaux comme Sainte-Catherine et l’Hôtel Dieu. Les personnes non identifiables (noyés dans la Seine, victimes d’épidémies et personnes retrouvées mortes sur la voie publique, entre autres) étaient également amenées en cet endroit.
– Brrrr… ça me donne froid dans le dos!
– Oh! attendez, ce n’est qu’un petit début… Ainsi les épidémies de peste de 1348, 1418 et 1466 amenèrent à ensevelir ici plus de 500 cadavres par jour! Imaginez la noria incessante de charrettes! Au cours de ses huit siècles d’existence, le site reçut 40 générations de Parisiens représentant plus de 2 millions de corps, devenant de fait le plus grand cimetière de la capitale. Pour les plus pauvres, le mode d’inhumation normal était alors la grande fosse commune pouvant recevoir 1 500 cadavres superposés. Deux ou trois fosses étaient simultanément en service, recouvertes seulement de quelques planches… Mais devant la croissance démographique, il fallut vider les fosses pour faire de la place. C’est pourquoi au XIVème siècle on construisit des « charniers » tout autour du cimetière…

Les charniers

– Et plus précisément ?
– Eh bien, l’idée fut très simple: on doubla d’abord intérieurement le mur d’enceinte de Philippe Auguste tout en le perçant d’arcades gothiques. Entre ces deux murs on aménagea une galerie recouverte d’une voûte en ogive, elle-même surmontée de combles sur un ou deux étages. C’est dans ces combles que l’on entassa les ossements plus ou moins décharnés et desséchés que l’on exhumait des fosses communes trop pleines. Un système d’aération entre les arcades et la toiture permettait d’accélérer le dessèchement des cadavres. Quatre charniers donc, chacun identifié par son nom propre.

– Wao! C’est à la limite du supportable!
– Je vous avais prévenu que ce ne serait pas très agréable!

L’art et la vie malgré tout

Toutefois l’art et la vie n’étaient pas absents de ces lieux lugubres… Certaines arcades abritaient les sépultures ornées par ceux qui les avaient financées, tel le mausolée de l’épouse de Nicolas Flamel. Les galeries étaient utilisées comme promenoirs couverts où venaient s’installer, comme plus tard au Pont-Neuf, écrivains publics, marchands de vêtements, tableaux, livres et images souvent étalés à même les tombes.
Ainsi, malgré les fosses et les charniers aux odeurs souvent pestilentielles et malgré les arrivées presque incessantes de cadavres à certaines périodes, le cimetière était assidument fréquenté par les badauds, mais aussi par les mendiants, prostituées et les voleurs. N’oublions pas que nous nous trouvons à quelques pas seulement de la cour des miracles!

Les promeneurs, souvent de classes aisées, venaient en particulier méditer devant la Danse Macabre. François Villon en personne fut inspiré des lieux, dit-on, lorsqu’il écrivit son Grand Testament ou composa sa célèbre ballade des pendus
– La Danse Macabre?
– Oui, pendant des dizaines d’années la grande curiosité du cimetière fut la « Dance Macabre », une suite de tableaux peints en 1424 sur le mur du fond de quinze arcades de la galerie longeant la rue de la Ferronnerie, rue où Henri IV sera assassiné en 1610.
Quinze tableaux composés de deux groupes de personnages montraient chacun la mort conversant avec un vivant. Chacun de ces vivants représentait une personne dans sa fonction sociale, du pape jusqu’à l’enfant en passant par le bourgeois, le marchand ou même l’ermite.
Sous chaque tableau, quatre strophes de huit vers reproduisaient le dialogue entre la mort et le vivant, chacune se terminant par une sentence dont plusieurs sont devenues des proverbes, par exemple « Qui trop embrasse peu étreint » ou encore «  A toute peine est dû salaire ».
– Jusqu’où ne faut-il pas chercher nos proverbes!
– Cet ensemble illustrant l’égalité de tous devant la mort cherchait à inciter chacun à la dévotion et eut un succès considérable. Mais ce qui pouvait rester de la « Danse Macabre » disparut définitivement en 1669, en même temps que la galerie, lors de l’élargissement de la rue de la Ferronnerie qui empiéta sur le cimetière. Les ossements entassés dans le charnier au-dessus furent alors déplacés.

– Je suppose que la galerie fut remplacée par une autre construction ?
– Tout à fait! Un long bâtiment, donnant sur la rue d’une part et sur le cimetière d’autre part, fut construit à sa place. Avec ses 120 mètres de long, ses deux façades de 52 fenêtres, ses 10 mètres de large et ses cinq étages, ce fut alors la plus grande maison de Paris, une sorte d’HLM avant la lettre, si vous permettez cet anachronisme.
Mais un nouveau charnier fut aménagé entre les voûtes des arcades et le plancher de l’entresol du nouveau bâtiment. Ainsi les occupants des cinq étages vivaient face au cimetière et au-dessus d’un amoncellement d’ossements par ailleurs visibles de l’extérieur.
Comme cela ne suffisait sans doute pas, faute de toilettes, les habitants de l’immeuble jetaient par les fenêtres les urines et matières fécales de la famille !
– Ainsi, si la « Danse Macabre » avait disparu en peinture, elle renaissait en spectacle et en odeurs !
– Je ne vous le fais pas dire!

La disparition du cimetière des Innocents

– Comme je vous l’ai indiqué, le cimetière va se trouver complètement désaffecté à la fin de cette année 1785.
En fait, il n’est déjà plus permis de l’utiliser depuis cinq ans. En effet en 1780, il était tellement rempli que son sol était surélevé de près de deux mètres par rapport au niveau des rues voisines… Mais l’élément déclencheur a été en Mai de cette même année, l’éboulement d’une fosse commune contenant des centaines de cadavres en décomposition! Ceci entraîna de telles émanations que de nombreuses personnes faillirent périr…
– Mais j’avais entendu dire que le transfert de tous les cimetières de Paris intra muros vers l’extérieur était prévu bien avant?
– Oui, vous avez raison. Une décision du Parlement de 1765 prévoyait déjà un tel transfert. Mais, comme toujours, l’on a attendu la catastrophe pour l’appliquer ici… Le cimetière a maintenant été vidé de ses tombes et mausolées, puis des ossements qui ont été déménagés dans les anciennes carrières de la Tombe Issoire transformées en « catacombes ». Ces transferts ont eu lieu de nuit pour éviter d’incommoder la population et ont duré une quinzaine de mois.
– Et a-t-on pu retirer tous les ossements?
– L’arasage du sol, puis le creusement du terrain en cours ne permettront certainement pas de récupérer tous les cadavres dont un grand nombre resteront encore enfouis ici bien longtemps, peut-être même pour toujours. Requiescant in pace, qu’ils reposent en paix ici-même…

Avant de nous quitter, car le devoir m’appelle, laissez-moi vous faire une confidence! Parmi les personnes célèbres ayant été inhumées ici, il en est une à laquelle on ne penserait pas spontanément, puisqu’il aura plus tard sa tombe officielle au Père Lachaise, c’est La Fontaine. Ses restes ont vraisemblablement été mélangés avec d’autres corps des fosses communes et se sont évanouis depuis longtemps.

Sur cette information inattendue, je quitte le futur ex-conservateur en le remerciant pour toutes ses explications qui me laissent toutefois quelque peu mal à l’aise…

L’évolution de la place et de la fontaine

Voilà donc quel fut l’environnement dans lequel « vécut » notre fontaine, depuis sa naissance en 1549 jusqu’à cette année 1785. Simultanément à la suppression du cimetière, la vieille église des Saints Innocents fut détruite. L’espace ainsi libéré devint un marché aux légumes dès 1788.

C’est alors que commença la seconde vie de la fontaine…

Le premier transfert et la reconstruction

Sans l’église sur laquelle elle s’appuyait, la fontaine ne pouvait subsister telle quelle. Aussi fut-elle complètement reconstruite au centre de la place du « marché des Innocents » en 1790.
Pour lui donner un équilibre et une harmonie, il fut décidé de lui adjoindre une quatrième arcade similaire aux trois autres formant ainsi un carré. Trois naïades furent ajoutées aux cinq existantes.
Afin de garder une unité de couleur au monument lors de sa reconstruction, on mélangea les pierres anciennes aux pierres nouvelles qu’il fallut apporter.
L’édifice fut alors surmonté d’un petit dôme imitant les écailles de poisson. Quatre lions furent disposés à chaque angle pour cracher de l’eau du haut du nouveau socle.
Sur chaque côté, quatre niveaux en gradins devaient recueillir l’eau d’une vasque en bronze placée au centre du pavillon en donnant un effet de cascade. Un bassin carré entourait l’édifice auquel on accédait en montant cinq marches circulaires. L’ennui est qu’il faudra attendre 24 ans pour qu’une canalisation d’eau vienne alimenter la fontaine ainsi reconstruite!

Le second (et dernier) transfert

En 1860, le marché disparaît, au profit des Halles de Baltard. La place devient le « Square des Innocents », jardin public plus petit au milieu duquel la fontaine est une nouvelle fois déplacée et modifiée.
La vasque centrale déverse désormais son eau sur les quatre côtés. Celle-ci aboutit alors dans six demi-bassins arrondis placés en gradins accolés au soubassement et formant un grand piédestal pyramidal. L’ensemble se trouve placé au milieu d’un bassin circulaire. C’est encore cette fontaine ainsi modifiée, classée monument historique en 1862, que nous voyons de nos jours…

Et aujourd’hui?

Depuis 150 ans, c’est essentiellement l’environnement de la fontaine qui a évolué, notamment avec la construction du premier, puis du second forum des Halles.
Il reste toutefois encore des traces des bâtiments qui l’entouraient et en particulier cet immeuble de 120 mètres de long construit le long de la rue de la Ferronnerie. S’il a été quelque peu raccourci, on peut encore apercevoir dans certaines boutiques de son rez-de-chaussée les arcades voûtées ayant soutenu l’ancien charnier. Eh oui!

Quant à la fontaine, avec ses 468 ans, elle est devenue la doyenne des fontaines de Paris. De celle-ci, le Bernin, auteur du baldaquin de Saint-Pierre à Rome au XVIIème siècle, disait qu’il n’avait jamais rien vu d’aussi beau en France.
Mais soumis aux outrages du temps, des intempéries et de la pollution, les bas-reliefs de la Renaissance ont beaucoup souffert. Pour préserver cette beauté, ils doivent faire l’objet d’une restauration prochaine en même temps que les rebords des bassins. La Mairie de Paris a voté pour ce faire un budget de 4 millions d’euros, mais sans toutefois fixer de calendrier… Alors, croisons les doigts!

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Amateur d'Histoire et de Paris

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5 Réponses

  1. Geo dit :

    Que d’infos ! C’est passionnant
    Brassens mentionnait le cimetière des innocents dans une de ses chansons, il me semble…

    • Anthrax dit :

      « Aller courir le cotillon
      Sur les pas de François Villon,
      Troussant la gueuse et la forçant
      Au cimetièr’ des Innocents,
      Mes amours de ce siècle-ci
      N’en aient aucune jalousie… »

      C’est bien une chanson de Brassens, qui s’appelle Le Moyenâgeux

  2. OoO dit :

    C’est une très belle fontaine, et connaître son histoire est encore mieux !

  3. Julien dit :

    La collection sur les monuments de Paris s’agrandit !
    J’aime beaucoup cette série d’articles !

  4. Cileet dit :

    Je me suis régalé !
    J’adore l’Histoire et je vois les monuments comme un héritage de notre passé qu’il faut connaître à tout prix.
    Car si tout le monde oublie leur histoire, alors ils tomberont dans l’oubli.

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