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[La Parisienne passe ses journées en tailleur] Plus d'un siècle d'évolution de la Presse féminine

Tous ceux qui me connaissent un peu le savent, je suis un lecteur assidu de Vogue, ce magazine dédié au monde de la mode, de la beauté, et même de la culture (si, si, c'est eux qui le disent). Quelle joie que de lire des…

Tous ceux qui me connaissent un peu le savent, je suis un lecteur assidu de Vogue1, ce magazine dédié au monde de la mode, de la beauté, et même de la culture (si, si, c'est eux qui le disent).

vogue-google

Quelle joie que de lire des interviews de femmes aux allures "néo-parisiennes", de me plonger dans des "démonstrations d'équilibrisme stylistique", de découvrir comment me forger une "street-crédibilité" ou d'admirer (sic) pendant des pages et des pages des femmes qui m'observent la bouche entrouverte.
(concernant ce dernier point, en fait, c'est super flippant)
(c'est vraiment MOI qu'elles regardent toutes comme ça ???)

tu-as-vu-comme-je-suis-belle

Nan, mais je suis super mauvaise langue, en fait. J'ai parcouru quelques autres magazines "féminins"
(oui, cette idée d'article m'est venue chez le coiffeur, et alors ?)
(ne me juge pas)
et Vogue est sûrement le moins pire des magazines de mode et de la presse-poubelle. La preuve ? Y'a un article dédié à Kurt Cobain dans le numéro de novembre 2015.
(c'est sûr que la photo choisie par le magazine représentant le chanteur dans un costume de tigre est vraiment très représentative du personnage...)
(mais bon)

kurt-cobain-version-magazines-mode

Trêve de plaisanterie.
Si je m'intéresse à Vogue aujourd'hui, c'est, d'une part, parce que ce magazine est diffusé dans plusieurs éditions nationales. Un tel rayonnement mérite notre attention.
Et surtout, parce que le magazine américain a été créé en... 18922! À travers les archives du magazine, c'est donc le reflet d’une partie du XXe siècle qui défile sous nos yeux !
Soyez heureux, chers lecteurs, car Gallica nous permet de feuilleter 21 années d'archives, de 1920 à 1940. Un véritable joyau pour les amoureux de l'entre-deux-guerres...

Prenons-en un au hasard. Celui du 15 février 1921, par exemple, parce que j'aime bien sa couverture3.

couverture-vogue-15-fevrier-1921

Couverture du VOGUE de février 1921. La classe. (on dirait presque du Mucha)(j'ai bien dit presque)

Qu'y apprend-on ?

Oh, plein de choses intéressantes... Que la Parisienne passe ses journées en tailleur, par exemple. Et qu'elle reçoit ses invités étendue sur un divan surchargé de coussins4. Et que la mode d'utiliser des mots anglais à tout bout de champ n'est pas si nouvelle que ça...

la-parisienne-passe-ses-journées-en-tailleur

Pour paraphraser Apollinaire : Passent les jours et passent les semaines5, rien de nouveau dans la presse mode féminine... On est fashion, ou on ne l'est pas !

Ah, oui, avec tout ça, j'ai failli oublier l'essentiel : les archives de VOGUE de 1920 à 1940 sont consultables ici (merci Gallica).

Notes

  1. Vogue naît à New York en 1892 comme une publication destinée à la haute société. Condé Nast le rachète en 1909 et développe sa place dans la presse de mode. L’édition britannique suit en 1916, puis l’édition française en 1920 : un même titre recouvre donc des histoires nationales distinctes.
    ↩ Retour au texte
  2. Pour la France, le point de départ est juin 1920. La notice de la BnF distingue bien Vogue (Paris) du titre américain. Les archives françaises de l’entre-deux-guerres éclairent ainsi les débuts de cette édition, plutôt que les premières décennies du magazine né aux États-Unis.
    ↩ Retour au texte
  3. Les couvertures dessinées occupent alors une place majeure. La BnF cite notamment Helen Dryden, George Wolfe Plank et Georges Lepape parmi les illustrateurs qui ont façonné l’image de Vogue dans les années 1920 et 1930. La photographie prendra progressivement davantage de place dans cette culture visuelle.
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  4. Cette « Parisienne » est aussi une construction éditoriale. Le Palais Galliera souligne le rôle de Vogue dans la fabrication d’un idéal d’élégance, à travers les choix des rédacteurs, des artistes et des photographes. Ces pages documentent une représentation sociale et ses aspirations, sans décrire la vie quotidienne de toutes les Parisiennes.
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  5. L’allusion vient du Pont Mirabeau, dans Alcools. On peut aussi entendre Apollinaire lire ce poème : PennSound conserve l’enregistrement réalisé le 24 décembre 1913 au laboratoire de Ferdinand Brunot.
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LA CONVERSATION CONTINUE

Vos commentaires.

15 commentaires
Steeeven

En réponse à un commentaire précédent

Oui, je comprends !
Je vais me contenter de cette jolie citation dans ce cas...
Merci mille fois !!!!

Vaillefendre

Votre façon d'écrire, c'est du génie. Et je le pense vraiment.
Un jour, vous allez être repéré et vous allez faire une belle brillante carrière.

Et ce jour-là, vous abandonnerez le blog et vous vous plierez aux exigences des medias ayant une large audience.
Et puis vous vous censurerez pour plaire aux annonceurs.
Et puis, ce jour-là, c'est un peu de vous qui sera mort.

Alors, non, je ne partage votre site avec personne, le risque que vous deveniez trop connu est bien trop fort.

Voilà, ne me remerciez pas.

Djinnzz

En réponse à Vaillefendre

Euh... Merci ?

:p

Julio

Sous votre air un peu con-con, vous êtes très cultivé, non? Je me trompe ?
Vous placez discrètement une référence au Pont Mirabeau, une autre petite allusion à Mucha, tout en nous parlant de Gallica...

Le pire, c'est que a plupart des lecteurs ne s'en rendront même pas compte... et je parle d'expérience !

Pas mal dans un article qui semblait pourtant uniquement dédié à amuser la galerie ! ;)

Djinnzz

En réponse à Julio

On dirait que vous vous êtes passés le mot pour les commentaires bizarres aujourd'hui !

Je ne vous remercie pas pour mon air "con-con" ! C'est pas gentil-gentil ! :)