
Alors que vous procrastinez, regardant avec envie les photos de vos amis qui exhibent leur joie de vivre et leur réussite sociale sur Facebook, vous tombez sur un lien "Sauvez les ours bruns de Russie". Cette pétition relayée sur Facebook vous interpelle, et la photo trop mimi d'un ourson en train de regarder l'objectif de l'appareil photo n'y est pas pour rien. Vous vous dites que, vraiment, il faut faire quelque chose pour sauver cette espèce.
Étrange, il y a à peine quelques secondes, vous ignoriez même qu'il y avait des ours en Russie.
Allez hop, vous signez la pétition et transmettez le message à vos amis, ça fera du bien à votre karma et vous donnera l'image de quelqu'un d'engagé, qui va au bout de ses convictions, tu vois.
Un clic, un "J'aime" sur Facebook, un retweet et vous retournez à vos occupations quotidiennes le cœur plus léger avec l'impression d'avoir fait bouger les choses.
Vous vous reconnaissez dans ce portrait peu flatteur? Vous êtes dans ce cas un (ou une) slacktiviste! (Rassurez-vous, ça se soigne.) Tiré des mots "slacker" (fainéant") et "activisme", le slacktivisme désigne cette nouvelle forme de militantisme développé par les réseaux sociaux. Sans bouger ses fesses de son fauteuil bien confortable, sans même prendre la peine de se renseigner plus en profondeur sur le sujet, le slacktiviste clique compulsivement sur toutes les pétitions qui passent à portée de clic, du petit Biafrais qu'il faut aider, à une famille du Kazakhstan qu'il faut sauver de l'expropriation en passant par la sauvegarde de la libellule rouge d'Amazonie en voie d'extinction. Son engagement politique n'a aucune limite... Et, bien sûr, il regarde de haut les minables qui refusent de rentrer dans la danse...
Donner de l'argent? Descendre dans la rue? S'engager dans un parti politique pour militer? Le slacktiviste n'y voit pas l'intérêt. Déjà qu'il signe régulièrement des pétitions en ligne, il faudrait quand même pas pousser...




Moi, ce qui m'enerve encore plus, c'est ce que l'on pourrait appeler les "slackosophes": slacker + philosophe
Vous savez, tous ces gens qui publient ou qui relayent des citations pseudo-intellectuelles et rajoutant "c'est tellement vrai" à la fin de leur message...
Le pire, c'est que je suis sur qu'ils sont persuadés d'etre profond!
Ou les slackitiques: slacker + politique.
Ceux qui commentent des décisions politiques du haut de leur QI d'huitre!
On ne peut que déplorer l'appauvrissement de la pensée. A croire que les gens ne savent plus raisonner...
Facebook, c'est un peu comme le monde des bisounours: tout le monde s'aime, tout le monde s'auto-congratule.
Zuckerberg à réussi à créer un univers lisse (pour preuve sa volonté de ne pas implémenter un boton "J'aime pas": sur Facebook, on est censés tout aimer!).
Qui dit lisse dit inintéressant...
Et comme la règle est de ne jamais critiquer personne, certains se pensent intelligents avec leur statut pseudo-intellectuel, alors qu'ils sont bêtes comme leur pied. Mais personne ne leur dit!
Au moins, ça a l'avantage de flatter leur ego!
Une analyse que je partage!
Des vraies révolutions ont eu lieu grâce aux réseaux sociaux, notamment celles du Printemps arabe.
L'action de chacun est une goutte d'eau, mais des millions de gouttes d'eau forment une vague qui peut déferler et balayer tout sur son passage.
Donc je ne suis pas d'accord avec vous. Je préfère être une goutte d'eau que ne rien faire du tout.
Les critiques que vous formulez ne regardent que vous.