Etes-vous un slacktiviste?

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Le bouton Entrée, l’arme secrète du slacktiviste…

Alors que vous procrastinez, regardant avec envie les photos de vos amis qui exhibent leur joie de vivre et leur réussite sociale sur Facebook, vous tombez sur un lien « Sauvez les ours bruns de Russie ». Cette pétition relayée sur Facebook vous interpelle, et la photo trop mimi d’un ourson en train de regarder l’objectif de l’appareil photo n’y est pas pour rien. Vous vous dites que, vraiment, il faut faire quelque chose pour sauver cette espèce.
Étrange, il y a à peine quelques secondes, vous ignoriez même qu’il y avait des ours en Russie.
Allez hop, vous signez la pétition et transmettez le message à vos amis, ça fera du bien à votre karma et vous donnera l’image de quelqu’un d’engagé, qui va au bout de ses convictions, tu vois.
Un clic, un « J’aime » sur Facebook, un retweet et vous retournez à vos occupations quotidiennes le cœur plus léger avec l’impression d’avoir fait bouger les choses.

Vous vous reconnaissez dans ce portrait peu flatteur? Vous êtes dans ce cas un (ou une) slacktiviste! (Rassurez-vous, ça se soigne.) Tiré des mots « slacker » (fainéant ») et « activisme », le slacktivisme désigne cette nouvelle forme de militantisme développé par les réseaux sociaux. Sans bouger ses fesses de son fauteuil bien confortable, sans même prendre la peine de se renseigner plus en profondeur sur le sujet, le slacktiviste clique compulsivement sur toutes les pétitions qui passent à portée de clic, du petit Biafrais qu’il faut aider, à une famille du Kazakhstan qu’il faut sauver de l’expropriation en passant par la sauvegarde de la libellule rouge d’Amazonie en voie d’extinction. Son engagement politique n’a aucune limite… Et, bien sûr, il regarde de haut les minables qui refusent de rentrer dans la danse…

Donner de l’argent? Descendre dans la rue? S’engager dans un parti politique pour militer? Le slacktiviste n’y voit pas l’intérêt. Déjà qu’il signe régulièrement des pétitions en ligne, il faudrait quand même pas pousser…

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20 Réponses

  1. jerome J dit :

    Article très rafraichissant que je partagerai sur Facebook à tous ces c*** qui me prennent la tête avec leur altermondialisme ou leur écologie de « slacker » (j’ai appris un nuveau mot anglais lol)

  2. Marie dit :

    Et donc vous proposez quoi? Ne rien faire du tout?

    • linux dit :

      Voilà, t’as tout compris toi
      N’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir

  3. hans dit :

    Merci pour cette tribune qui fait du bien!
    J’avais l’impression d’être le seul à m’énerver contre ce genre d’activités. C’est fou a quel point les gens perdent aussi facilement leur sens critique.

  4. linux dit :

    C’est vraiment trop ca.
    Facebook = exhibition de sa réussite sociale + montrer qu’on est quelqu’un de cool.

    Et faire chier tous ces contacts avec des messages alter-mondialistes à la mord-moi-le-noeud est malheureusement devenu la norme.

    Quu’un malheureux ne clique pas sur « j’aime » et qu’il dise ce qu’il pense de cette mascarade et il est mis au ban de son reseau.

    Bienvenue dans la dictature de la pensée unique version XXIE siecle

  5. charlie dit :

    On touche le sommet du slacktivisme avec les événements de janvier dernier.
    Des millions de gugusses qui changent leur photo de profil avec un carré noir Je suis Charlie, juste parce que ça fait cool.

    Intérêt de la chose? Proche du néant. Pourtant, ils sont tous convaincus d’etre de bons citoyens et des militants actifs. Pathétique.

    Ces mouvements de masse me font penser aux moutons d’un certain Panurge.

    • larissa dit :

      Arrête ton cinéma, toi. Tu me fais bien rire avec tes mouton de panurge.
      Tu aurais préférée que face à l’horreur tout le monde reste indifferent?

      Putain on a assisté à un des plus beaux mouvements spontanés de l’Histoire des l’Humanite. J’en avais la chair de poule de voir ces millions de personnes venues défendre la liberté d’expression et les valeurs de notre société.
      Pourquoi faut-il que certains veuillent salir tout ça?

    • winstonmat dit :

      Peut être parce-que défendre la liberté d’expression seulement après un tel drame c’est juste de la grosse hypocrisie??
      Avoir des valeurs, ce n’est pas avoir des simples réactions spontanées stimulées par les media!!
      Concrètement, 4 mois après les faits, ils font quoi dans leur vie de tous les jours c’est centaines de milliers de personne qui ont défilées en janvier??
      Du pure slacktivisme on vous dit, à la différence que les moutons ont eux le courage de sortir dans les rues….

  6. risette dit :

    Je prends le problème à l’envers de vous: internet offre à chacun la possibilité de s’exprimer sur tout ce qu’il veut.
    La révolte contre le système pourri commence à partir d’un simple non.
    Que la personne soit très impliqué personnellement ou non n’a que peu d’importance. Chacun lutte contre l’injustice avec les moyens qu’il possede.
    Moi je trouve ça bien et ce terme de slacktivisme, en plus d’etre un anglicisme est très péjoratif.
    De toute façon, la personne qui ne fait « que cliquer » ne fera rien d’autre. Donc qu’elle clique ou pas ça, au pire, ça ne changera rien, au mieux ça permettra de faire connaître un problème non médiatisé par les voies classiques.

    Donc je ne vois pas où est le probleme…

    • linux dit :

      Le problème, c’est que ces gens là se donnent bonne conscience en faisant des actions faciles et sans impact

      Donc elles considèrent qu’elles ont fait leur part de travail et n’agiront donc pas quand c’est vraiment utile.

      C’est aussi simple que ça

      Après je suis d’accord, hormi polluer la timeline de tous leurs amis, elles ne méritent pas l’opprobe

  7. rambeuX dit :

    Moi, ce qui m’enerve encore plus, c’est ce que l’on pourrait appeler les « slackosophes »: slacker + philosophe

    Vous savez, tous ces gens qui publient ou qui relayent des citations pseudo-intellectuelles et rajoutant « c’est tellement vrai » à la fin de leur message…
    Le pire, c’est que je suis sur qu’ils sont persuadés d’etre profond!

    • Jogger2 dit :

      Ou les slackitiques: slacker + politique.

      Ceux qui commentent des décisions politiques du haut de leur QI d’huitre!

      On ne peut que déplorer l’appauvrissement de la pensée. A croire que les gens ne savent plus raisonner…

  8. EricG dit :

    Facebook, c’est un peu comme le monde des bisounours: tout le monde s’aime, tout le monde s’auto-congratule.

    Zuckerberg à réussi à créer un univers lisse (pour preuve sa volonté de ne pas implémenter un boton « J’aime pas »: sur Facebook, on est censés tout aimer!).
    Qui dit lisse dit inintéressant…
    Et comme la règle est de ne jamais critiquer personne, certains se pensent intelligents avec leur statut pseudo-intellectuel, alors qu’ils sont bêtes comme leur pied. Mais personne ne leur dit!
    Au moins, ça a l’avantage de flatter leur ego!

    • Djinnzz dit :

      Une analyse que je partage!

  9. racinecarree dit :

    Des vraies révolutions ont eu lieu grâce aux réseaux sociaux, notamment celles du Printemps arabe.

    L’action de chacun est une goutte d’eau, mais des millions de gouttes d’eau forment une vague qui peut déferler et balayer tout sur son passage.

    Donc je ne suis pas d’accord avec vous. Je préfère être une goutte d’eau que ne rien faire du tout.

    Les critiques que vous formulez ne regardent que vous.

  10. EricG dit :

    Vous devriez lire ca:
    http://capsurlindependance.org/sorganiser/techniques-de-cybermilitantisme/le-slacktivisme-selon-gladwell/

    (désolé pour le lien mais c’est pour la bonne cause)

  11. gaelle dit :

    « Clique sur J’aime si tu es contre la faim dans le monde, si tu cliques pas un enfant mourra à cause de toi »

    (veridique)

    • BNH dit :

      Ce genre de message est en effet dommageable. Ils sont légion: mets cette photo sur ton profil pour soutenir telle cause, envoie ce message à tous tes amis etc…

      Mais à ce niveau-la, ce n’est même plus du slacktivisme, c’est de la connerie pure et simple…

  12. KArine dit :

    Beaucoup postent ce genre de choses sur leur mur Facebook pour gagner de la popularité.
    Mais être populaire sur Facebook, c’est comme être riche au Monopoly ; ça ne sert à rien.

  13. Lola dit :

    Bien que l’article soit très sympa, je trouve un peu dommage que vous généralisiez autant, surtout de nos jours. Certes, beaucoup s’indignent sans jamais bouger le petit doigt (sauf pour un click dans ce cas), mais beaucoup de ces personnes qui signent font aussi partie d’associations, de mouvements,… je suis consciente que ce n’est pas cela que vous remettez en question (du moins je l’espère), mais le militantisme a le vent en poupe. Puis ces personnes que vous avez l’air de trouver si ridicules, peuvent au moins être éliminées de tous ceux qui propagent la haine, bien cachés derrière leur écran. Alors si cela peut aider, pourquoi pas! Puis si ces pétitions existent, ce n’est sans doute pas (toujours) en vain, et même si cela ne fait pas de bien, ça ne fera pas de mal. Votre première phrase m’interpelle aussi, « regardant avec envie les photos de vos amis qui exhibent leur joie de vivre et leur réussite sociale sur Facebook »… on peut apprécier Facebook d’une toute autre manière, apprécier le bonheur des siens, être heureux pour eux, sans pour autant les envier, du moins pas dans le sens péjoratif du terme, ou procrastiner. Je ne pense pas que le moment soit bien choisi pour pointer du doigt une énième « facette » des gens, laissons-nous tranquille les uns les autres, surtout lorsque l’action de base se veut positive.

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