
S'il y a bien un truc qui m'énerve, c'est l'emploi à tout bout de champ du terme "zen". En langage bobo d'aujourd'hui, être zen semble être l'apanage des gens cool et branchés. C'est ce genre de type qui prend la vie comme elle vient, sans s'énerver, sans sur-réagir. Il est coincé dans les bouchons? Pas de problèmes! Le mec zen ne s'énerve pas et en profite pour écouter sa musique préférée à la radio. Il discute avec quelqu'un dont il ne partage le point de vue? Pas de problèmes! Le mec zen ne se dispute jamais, pas plus qu'il n'essaie de convaincre. Nan, convaincre, c'est pour les faibles. Lui, il se contente de hocher les épaules, un petit sourire narquois aux lèvres.
Le mec zen ne boit pas de café, mais des tisanes. Le café ça l'excite et c'est pas bon pour ses chacras. S'il vous invite chez lui, il vous fera visiter son intérieur Feng-Shui et ses magnifiques bambous accrochés au mur.
Bref, le mec zen est très chiant, mais ce n'est pas ça le vrai problème.
Le VRAI problème, c'est que le zen, le vrai, n'a rien à voir avec la définition que nous, pauvres Occidentaux en mal d'exotisme, lui donnons! Dans la tradition bouddhique, il n'y a rien de plus exigeant et de plus austère que le zen! Loin d'être une méthode de bien-être ou de remise en forme, le zen est une voie à suivre dans laquelle on doit s'engager corps et âme. Celui qui choisit de l'emprunter doit vivre à l'écoute du monde qui l'entoure et prendre soin de lui comme des autres. Laisser quelqu'un dans la souffrance ou le dénuement n'est pas envisageable. La méditation et la discipline sont les seuls moyens de parvenir à un tel niveau de conscience, à un tel don de soi. Et une seule vie n'est certainement pas suffisante pour atteindre l'Éveil dont le Prince Siddharta nous montre la voie...
Dites non aux contrats d'assurance ZEN, aux cartes bleues ZEN et aux machin-trucs-bidules ZEN que des commerciaux sans scrupules essayent de vous refourguer à grands coups de matraquage publicitaire. Et la prochaine fois que vous croisez un mec qui se dit être zen, foutez-lui une grande claque dans sa gueule. Ça lui apprendra à savoir de quoi il parle, ce con.
Zazie et sa chanson débile...
"Sans amour et sans haine, Soyons Zen": Nan mais t'es sérieuse, là, Zazie? Y'a des coups de pied au cul qui se perdent!




" Dieu ! La voix sépulcrale de Djinnzz !"
" Quel bruit il fait !"
" Fuyons sous la spirale de l'escalier... !!!"
Nous reviendrons quand il sera calmé.
Pour ma part, je ne suis pas "Zen" mais philosophe !!
Bravo quand même pour ce coup de gueule et c'est vrai : beaucoup de coups de pieds occultes se perdent !
Hey, Djinnzz, t'énerve pas. Faut rester zen dans la vie!
:lol:
Cris de l'enfer! voix qui hurle et qui pleure!
;-)
Le Wiktionnaire vous donne apparemment raison pour le nom commun zen:
Nom commun
zen /zɛn/ masculin singulier
(Bouddhisme) Tradition bouddhiste japonaise fondée principalement sur la pratique de la méditation et l’étude des koans.
La recherche de la beauté par le zen a beaucoup contribué au développement des arts japonais.
Mais concernant l'utilisation en adjectif, c'est autre chose:
zen /zɛn/ invariable
(Familier) Imperturbable, calme.
Rester zen face au chaos de tous les jours.
Il n'est donc pas incorrect de l'employer.
Amusant, votre commentaire m'a amené à me pencher sur le mot "koan" que vous citez. Il s'avère que c'est, dans le bouddhisme, "une question absurde posée par un maître zen à son élève pour l’amener par la constatation de ladite absurdité, à mieux appréhender la réalité."
C'est à dire exactement la même méthode employée par Socrate pour faire "accoucher les esprits" (la maïeutique)
Je ne m'attendais pas à retrouver une telle similitude entre nos deux cultures.
Pour en revenir au zen, je suis assez d'accord, à force d'utiliser des mots à tout bout de champ, on en perd le sens réel. Aujourd'hui, ce sont les dictionnaires qui s'adaptent aux usages courants de la langue et non l'inverse. Donc l'argument "c'est dans le dico, donc je peux l'utiliser" est absurde.
Mais ce n'est que mon avis.