L’effet Pygmalion ou la prophétie auto-réalisatrice

Je pense, donc tu es

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, le 9/10/2012

L'effet Pygmalion

Maintenant que vous connaissez tout de l’étrange histoire d’amour entre Pygmalion et Galatée (vous savez, ce sculpteur chypriote qui implora Aphrodite de donner vie à sa statue), nous pouvons aborder sereinement le phénomène sociologique du même nom.

Imaginons une expérience: allons dans une école d’un quartier populaire et faisons passer des tests d’ « intelligence » (QI, petits problèmes mathématiques, etc…) à des élèves en difficulté scolaire. Trafiquons les résultats de ces tests, et faisons croire à certains enfants (et surtout à leurs professeurs) que leurs résultats sont exceptionnellement bons…

Ensuite, il ne reste plus qu’à faire repasser d’autres tests aux mêmes élèves l’année suivante. Et là… Grosse surprise! On se rend compte avec stupeur que les élèves que l’on avait dupé en leur donnant des notes surévaluées ont réeellement amélioré leurs performances scolaires!

Cette petite expérience, menée par des chercheurs américains, Rosenthal et Jacobson, nous permet de tirer une règle pédagogique universelle: celle de la prophétie auto-réalisatrice. Faites croire à un enfant que son avenir scolaire est voué à l’échec et vous serez sûrs qu’il ne fera jamais de grandes études. Au contraire, valorisez-le, et il augmentera ses performances de façon spectaculaire.

– Ah ben voilà! C’est pour ça que j’ai de mauvaises notes: c’est pas de ma faute!

– Mouais… Enfin, Kevin, si tu évitais d’écrire toutes les horreurs que tu fais subir à ta mamie dans tes rédactions, tu aurais peut-être de meilleures notes!

– Pfff… C’est pas juste!

Amis enseignants, vous savez ce qui vous reste à faire! Entre l’effet Veblen, la théorie de la vitre brisée ou l’effet Pygmalion, les études sociologiques ont décidément beaucoup à nous apprendre sur les comportements humains!

Le psychologue américain Robert Rosenthal

Le psychologue américain Robert Rosenthal

Pour approfondir…

Catégories : Culture Générale
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Créateur et rédacteur d' EtaleTaCulture
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Vos commentaires:

  1. Martheàlacrème dit: 9 octobre 2012 #1183

    Salut!
    Je suis très friande de ce genre d’articles sur les expériences sociologiques. C’est vraiment révélateur de de l’être humain et permet de comprendre un peu mieux le comportement des gens qui nous entourent.

    Concernant l’expérience de Pygmalion, j’ajouterai simplement que celle-ci est transposable à tous, et pas seulement aux enfants. C’est un principe très utilisé en management d’entreprise par exemple. Valoriser ses collaborateurs, c’est s’assurer qu’ils se dépassent et c’est bien plus « rentable » pour l’entreprise de que les rabaisser. (patron, si tu passes par là… ;-) )

    Bref, croyez en vous, croyez en vos capacités, croyez en vos rêves, et le monde vous appartient!

  2. Djinnzz dit: 9 octobre 2012 #1184

    Merci pour ce complément d’infos et ce conseil avisé!

  3. Stalkerz dit: 9 octobre 2012 #1188

    Ca doit être pour ça que je me suis toujours traîné à 8 de moyenne… Purée, j’aurais connu votre Pygma-machin, j’aurais enfin eu une escuse valable pour me justifier!
    La vie est tro injuste :cry:

  4. PsychoSick dit: 9 octobre 2012 #1192

    En fait, ce phénomène très connu des sociologues et des psychologues peut largement s’étendre à toutes les strates de la société.
    Ainsi, une population jugée par les médias d’agressive, de dangereuse ou de délinquante (ex: les gens du voyage), auront d’autant plus de facilités à montrer de tels comportements.
    Tout s’organise comme si les individus agissaient de la façon dont les autres attendent qu’ils agissent. Cela permet à l’individu en question de se forger une identité: il existe par le regard – et surtout par le jugement – d’autrui.
    De plus, ce préjugé sur un individu ou une population ne nous permet pas de juger de façon neutre et impartial.

    Exemple: si je vois deux personnes se battre dans la rue, un bien habillé et l’autre habillé en racaille, j’aurais immédiatement en tête le fait que c’est la personne bien habillée, propre sur elle, qui se fait agresser, et non l’inverse, alors qu’objectivement ce que je vois de la bagarre ne me permet pas de l’affirmer. Je juge simplement la situation au travers du filtre de mes croyances.

    De la même façon, si, lorsque nous faisons nos courses innocemment dans notre supermarché préféré, nous subissons le regard soupçonneux et insistant d’un vigile, nous réagirons certainement en adéquation avec ce que ledit vigile pense de nous: il nous croit voleur et agressif? Même si peu d’entre nous se mettrait effectivement à voler – la sacro-sainte peur du gendarme – il est plus que probable que nous adopterions un comportement agressif à l’égard dudit vigile, comportement qui le conforterait dans sa décision de nous surveiller de près! Et voilà la boucle bouclée: nous venons d’agir exactement de la façon que le regard d’autrui veuille que nous agissions.

    C’est ce qui est prouvé dans l’expérience de Rosenthal et Jacobson en étudiant le comportement d’une classe d’école primaire. Les « cancres » – ou du moins les élèves jugés comme tels – sont plus enclins à conforter leur statut de cancre. Ils existent au sein du microcosme de la classe comme tel et sortir de ce statut présenterait pour eux un effort insurmontable, si tant est qu’il en ait l’envie bien sûr!
    Idem, bien sûr, pour les bons élèves: ils sont prêts à faire les efforts nécessaires pour conforter leur rôle social de bon élève dans leur environnement.

    Bref, pour paraphraser Jean-Paul Sartre, « l’Enfer, c’est les autres! »

  5. PsychoSick dit: 9 octobre 2012 #1193

    Oups… à la relecture, je me suis rendu compte qu’il y avait pas mal de fautes de français dans mon précédent commentaire… Soyez indulgents svp, il est tard et je commence à fatiguer! :grin:

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