[Expérience de sociologie] La tentation du chamallow

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Des milliers d’enfants ont passé un test diabolique impliquant un chamallow…

Dans les années 1970, des scientifiques anglais se sont lancés dans une étude d’envergure aux dépens de milliers d’enfants. Le principe de l’expérience est diaboliquement simple… offrir un délicieux chamallow à un enfant en lui proposant un marché: s’il parvient à patienter 15 minutes avant de le manger, alors on lui en donnera un deuxième en guise de récompense. L’enfant est laissé seul dans la pièce, avec l’objet de son désir sous les yeux. Depuis le Jardin d’Eden et l’interdiction de toucher à l’arbre de la connaissance, on n’a pas fait plus tordu!

Et vous voulez connaître le pire? Quarante ans plus tard, ce test perdure et des centaines d’enfants y sont encore confrontés chaque année…

Quel est le but de tout cela? Mettre en corrélation la capacité de résistance à la tentation de l’enfant et ses compétences scolaires. Tous les enfants testés ont en effet été suivis durant toute leur scolarité, puis durant leur vie d’adulte. Et les résultats sont sans appel: la plupart des enfants qui sont parvenus à patienter pour obtenir la récompense (avec beaucoup de souffrance, généralement, les images en attestent!) ont eu par la suite de meilleurs résultats scolaires, et une plus grande réussite sociale.

Autre point important: les enfants issus de familles aisées, et donc généralement « mieux » élevés, réussissent globalement mieux le test que les enfants issus de famille modeste. La preuve que la maîtrise de soi n’est pas un don inné mais qu’elle s’acquiert par l’éducation.

Le cerveau est composé de deux parties qui s’affrontent sans cesse: une partie « chaude », celle qui exige une satisfaction immédiate des besoins primaires (ici, manger le chamallow) et une partie « froide », axée sur l’analyse de la situation et le but final. La maîtrise de soi implique nécessairement de donner plus d’importance à la partie froide, ce qui revient à maîtriser ses émotions et prendre du recul sur une situation donnée. Plus facile à dire qu’à faire!

Alors, une meilleure maîtrise de soi implique-t-elle nécessairement un bonheur plus grand? Oui, assurément. Et ce n’est pas Adam et Ève qui nous diront le contraire!

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7 Réponses

  1. Laurent dit :

    La vidéo est attendrissante!
    Mais cela reste une certaine forme de torture psychologique quand même, je ne suis pas sûr de cautionner ce genre de choses.

  2. hero dit :

    Je suis contre la théorie de la prédestination.
    Un gamin de 5ans qui réagit à une unique expérience, et le voilà catalogué et son destin tout tracé? Heureusement que la réalité est moins simpliste que ça.

  3. EricG dit :

    Pour Adam et eve qui ont croqué la pomme du jardin d’Eden, c’est plus un phénomène de curiosité je pense que d’impatience comme ici.

    Dans les deux cas, on met sous le nez un truc super tentant en disant: « n’y touche pas, hein! », mais les mécanismes psy ne sont pas les mêmes.

  4. breton dit :

    Cette expérience à de nombreux détracteurs… un des principaux reproches est que l’analyse « standard » revient à dire que l’enfant n’attend pas la fin des 15 minutes pour manger son bonbon parce qu’il ne maîtrise pas la maîtrise de soi.

    Or, manger tout de suite le bonbon peut avoir d’autres explications: le manque de confiance de l’enfant envers l’adulte, par exemple. L’enfant n’a en effet aucune raison de croire un adulte qu’il ne connaît pas qui lui fait une promesse à échéance lointaine… et préfère donc profiter tout de suite de ce qu’on lui donne. « un tien vaut mieux que deux tu l’auras! » peut-on reprocher à l’enfant d’incarner ce vieil adage populaire plein de sagesse?

    J’adore toutes les expériences dites sociologiques et j’espere que vous continuerez à nous exposer d’autres expériences de type!

    • Lise dit :

      Wouah! Bien vu! J’aurais jamais penser à ça!!!

  5. breton dit :

    Je n’ai aucun mérite! Je n’ai fait que taper « test chamallow » dans Google et j’ai lu quelques articles d’y référant…

  6. Charlotte dit :

    Perso, même si j’avais été le sujet de l’expérience aujourd’hui, j’aurais quand même mangé le chamallow 🙂
    (15 minutes seul face à un bonbon, même pour un adulte, c’est dur!)

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