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Le vrai nom de la peur de la page blanche

Quinze jours déjà. QUINZE put*** de jours à m'asseoir régulièrement devant mon écran d'ordinateur avec la ferme intention d'écrire un nouvel article... ...mais sans être foutu de sortir la moindre phrase potable. Pas d'idées de…

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Quinze jours déjà.
QUINZE put*** de jours à m'asseoir régulièrement devant mon écran d'ordinateur avec la ferme intention d'écrire un nouvel article...
...mais sans être foutu de sortir la moindre phrase potable1.

Pas d'idées de sujets.
Pas d'idées d'angles d'approche.
Rien. Que dalle. Nada.

Et mon curseur qui continue de clignoter en haut à gauche d'une page désespérément blanche.
Passent les jours et passent les semaines, comme dirait Apollinaire2, et aucun déblocage en vue.

Alors, ce matin, j'ai eu une idée de génie.
(ouais, bon, on se rassure comme on peut)

Et si j'écrivais... sur mon incapacité (temporaire, j'espère !) d'écrire ?

Pif, paf, deux trois recherches sur internet et je tombe sur la page Wikipedia consacrée à la peur de la page blanche... "[Cette peur] peut se traduire, lorsqu'elle se prolonge dans la durée, par un abandon de l'auteur ou une période de dépression au cours de laquelle il perd totalement confiance en lui3."

Merci Wikipedia, mais tu ne me rassures pas vraiment, là...

Plus intéressant, on y apprend que cette peur de la page blanche porte parfois un très joli nom : la leucosélophobie, du grec leuco (λευκός), ce qui est blanc4.
Classe pour briller en société.

Pas sûr cependant que cela soit suffisant pour retrouver le goût d'écrire5... on verra bien !

Notes

  1. Le blocage d’écriture ne concerne pas seulement la recherche d’un sujet. Une enquête publiée en 2022 par Sarah J. Ahmed et C. Dominik Güss, auprès de 146 écrivains, le retrouve à différentes étapes du travail, notamment pendant la rédaction. Cette étude, postérieure au billet, décrit des expériences déclarées par les participants ; elle ne permet pas de diagnostiquer son auteur.
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  2. Le vers vient du « Pont Mirabeau », repris dans Alcools en 1913. Chez Apollinaire, l’écoulement des jours accompagne celui de la Seine et le souvenir des amours disparues. Le billet déplace cette mélancolie vers l’attente d’une phrase qui ne vient pas.
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  3. Cette citation rapporte un risque évoqué par Wikipédia, pas une évolution inévitable. Les ressources universitaires décrivent des blocages aux causes variées, dont le stress ou une difficulté à préciser son sujet. Une phobie, au sens clinique, implique une peur intense : le seul fait de rester bloqué devant un texte ne suffit pas à l’établir.
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  4. Leuco- est un élément de formation savante que l’on retrouve dans leucocyte, nom des globules blancs. Ce rapprochement éclaire la première partie du mot ; il n’en constitue pas l’étymologie complète. La forme leucosélidophobie circule également pour parler de la page blanche.
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  5. Les centres d’aide à l’écriture proposent notamment le freewriting : rédiger pendant quelques minutes sans s’arrêter sur la grammaire ou la qualité des phrases, puis relire pour repérer les idées utiles. Cette séparation entre premier jet et révision vise à desserrer l’exigence de perfection immédiate ; elle ne promet pas une inspiration sur commande.
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LA CONVERSATION CONTINUE

Vos commentaires.

8 commentaires
Pistil

Courage, on en est tous passés par là.
Des phases de découragement qui se succèdent à des phases d'euphorie...

Le tout est de ne pas rester hors-course trop longtemps, au risque de ne pas avoir l'énergie de faire son come-back !

Carrie

Qu'est-ce que c'est que ces histoires?
On arrête de se lamenter et on continue d'écrire, non mais !

:p

JeanMich

Cette manie de donner des noms en -phobie à un peu tout et n'importe quoi... Ca m'énerve !!!

Mais bon, ceci dit, j'espère que l'inspiration vous reviendra bientôt...

Cassou

En réponse à JeanMich

Ah, l'inspiration !!!!
Ca me fait penser à ce très beau poème de Du Bellay, tiens...

Las, où est maintenant ce mépris de Fortune ?
Où est ce cœur vainqueur de toute adversité,
Cet honnête désir de l’immortalité,
Et cette honnête flamme au peuple non commune ?

Où sont ces doux plaisirs qu’au soir sous la nuit brune
Les Muses me donnaient, alors qu’en liberté
Dessus le vert tapis d’un rivage écarté
Je les menais danser aux rayons de la Lune ?

Maintenant la Fortune est maîtresse de moi,
Et mon cœur, qui soulait être maître de soi,
Est serf de mille maux et regrets qui m’ennuient.

De la postérité je n’ai plus de souci,
Cette divine ardeur, je ne l’ai plus aussi,
Et les Muses de moi, comme étranges, s’enfuient.

Jé

En réponse à Pistil

C'est vrai...
J'ai tenu un blog pendant 4 ans... J'en ai eu, moi aussi, des hauts et des bas !
J'imagine que ce genre de "pauses" sont nécessaires pour prendre un peu de recul, se ressourcer et éviter de tomber dans la routine.
Après une longue pause, j'avais personnellement encore plus envie de m'investir.
C'est bon aussi d'attendre que l'envie de s'y remettre nous tiraille... Au moins, on sait pourquoi on écrit!

Malheureusement, j'ai tout arrêté il y a 2 ans. J'ai fermé le nom de domaine, et je le regrette vraiment aujourd'hui...
Bien sûr, je n'avais pas énormément de lecteurs, aucun commentaire sur mes publications et le sentiment d'écrire "pour rien". C'est sans doute ça qui m'a motivé pour tout arrêter.

Les rêves de gloire et de célébrité du début (mentez pas, TOUS les blogueurs y croient au début) sont vite mis à rude épreuve... Dur de se faire une place dans une blogosphère si vaste... dominée par un Google omniscient qui décide de la vie ou de la mort des sites à travers son classement dans les résultats de recherches...

Au bout de quelques semaines, on se rend compte que bloguer, c'est dur et c'est éprouvant pour les nerfs.
J'ai tenu 4 ans, ce qui est au-delà de a durée de vie "moyenne" d'un blog, à mon avis...

Je me rends compte maintenant que j'ai arrêté que ce n'était pourtant pas "pour rien", car ça servait au moins à trouver un certain équilibre dans ma vie et à assouvir une passion !

Mais il est vrai qu'écrire, c'est bien, être lu, c'est mieux !
Alors Djinnzz, vous qui avez la chance d'avoir construit un lectorat fidèle, tenez bon et revenez à la barre !