
Six mois !
Oui, SIX longs mois déjà qu'EtaleTaCulture n'a rien publié !
Autant dire une éternité.
Quand on veut relancer un projet après une si longue absence, forcément, on est partagés entre deux-trois émotions contradictoires...
La première de ces émotions, c'est la peur. Mêlée à un peu de honte, sans doute. Les lecteurs seront-ils encore au rendez-vous ? Ne vont-ils pas me lyncher en place publique pour être resté aussi longtemps sans le moindre signe de vie ?
Mais l'émotion qui est sans doute la plus forte d'entre toutes, c'est la sensation de manque.
Ces petits picotements qui vous démangent le bout des doigts, cette frénésie créatrice qui met votre cerveau en ébullition, c'est un peu mon shoot d'héroïne à moi. Et, quand on s'y remet enfin, voir les mots défiler sur l'écran, sentir le clavier frémir sur le bureau, ressentir cette étrange mais néanmoins familière sensation que l'on est en train de faire ce que l'on aime le plus au monde.
(ou presque)
(faut pas exagérer non plus)
Et donc, voilà EtaleTaCulture qui se réveille doucement de sa léthargie. Article après article, on va essayer, ensemble, de retrouver un rythme de croisière.
En attendant, je pense que je vous dois quand même quelques explications...
Hey ! Mais t'as fait quoi depuis six mois ?
Depuis le lancement de ce blog (qui va fêter ses 6 ans dans quelques jours), c'est la deuxième fois que je vous fais le coup de rester quelques mois sans donner de nouvelles.
La première fois, c'était pour jouer du piano.
Cette fois...
[Roulement de tambour]
[Indice : c'est écrit dans le titre]
[Roulement de tambour bis]
... c'est pour reprendre mes études !
Eh oui, depuis le mois de septembre dernier, un événement majeur a bousculé mon train-train quotidien : je me suis réinscrit à l'université, en première année de licence d'Histoire !
À 33 balais, plus de 10 ans après la fin de mes précédentes études... c'est un projet plutôt ambitieux1 !
Pourquoi ? Par passion bien sûr, et surtout pour pouvoir apporter du contenu sérieux et vérifié dans toutes mes futures publications, sur ce blog et ailleurs.
(et puis aussi, je l'avoue à ma honte, pour pouvoir bénéficier de 10 % de réduction avec ma carte d'étudiant sur le menu maxi frites du kebab en bas de chez moi)
Je vais prendre un peu de temps pour expliquer cette reprise d'études, car je suis sûr que ça pourrait en intéresser quelques-uns parmi vous. En tout cas, de mon côté, si j'avais su plus tôt qu'il était possible de s'inscrire à l'université en suivant des cours à distance, tout en gardant son emploi en parallèle2, croyez-moi, j'aurais franchi le pas bien plus tôt !
Je suis donc inscrit en tant qu' "étudiant à distance" (enseignement à distance, ou EAD, dans le jargon) à l'Université de Paris-Nanterre3... tout en habitant Grenoble et en bossant à Lyon.
(il faut croire que la simplicité, ce n'est pas trop mon truc)
S'inscrire en licence "à distance"
Eh oui, c'est possible ! Ici, je décris mon expérience de 2017-2018. Comment ça se passe ? Suivez le guide...
Première étape : guetter l'ouverture des inscriptions sur le site internet de l'université que vous avez choisie (l'Université de Paris Nanterre dans mon cas).
Vers le mois d'avril, il vous faudra envoyer un dossier d'inscription (100 % dématérialisé) assez conséquent, avec bulletins de notes des dernières années d'études, copie du bac, attestations des employeurs successifs, CV, lettre de motivation et plein d'autres documents pas très passionnants. Comptez bien 3-4 heures pour tous les rassembler.
Ces dossiers sont-ils réellement lus dans le détail par le jury d'admission ? J'ai un doute... Ils servent plutôt, à mon avis, à faire une pré-sélection "naturelle" des candidats : la lourdeur de leur simple constitution est sans doute un point d'arrêt de la démarche pour de nombreuses personnes dont la motivation n'est pas assez forte... Mais je suis peut-être (sûrement) mauvaise langue.
(on ne se refait pas)
Après différentes tracasseries administratives et quelques semaines d'attente, vous aurez enfin le sésame tant attendu : un accès à la plateforme "coursenligne" de l'Université. C'est à ce moment qu'il vous faudra vous munir de votre plus belle plume et rédiger un chèque de 400 € environ pour les frais d'inscription. Et c'est tout.
La suite, c'est du travail, et seulement du travail.
Comment ça se passe ?
Cours rédigés par les professeurs, Travaux Dirigés, examens blancs, conseils de lecture, forum de discussion entre étudiants et enseignants... Tout y est pour bosser dans de bonnes conditions. Cerise sur le gâteau : vous n'avez de comptes à rendre à personne. Vous travaillez à votre rythme, avec vos propres contraintes personnelles et professionnelles. Vous pouvez, ou non, rendre des copies par courrier postal qui seront corrigées avec moult conseils pour progresser4. Ou ne rien faire et travailler dans votre coin.
Cette liberté totale peut aussi, parfois, être difficile à gérer... On passe forcément par des hauts et des bas. À l'envie de tout laisser tomber succèdent des phases d'euphorie et de travail intensif. Bien sûr, chacun réagira selon sa propre personnalité. Mais les programmes sont denses et le travail doit être régulier et méthodique pour se donner une chance de réussir.
En fait, la seule obligation, c'est d'être présent sur le campus de Nanterre pendant les sessions d'examen (deux sessions de partiels par an, sur le même rythme qu'un cursus universitaire classique). Ça peut être assez lourd à gérer si on habite loin, surtout que l'on ne connaît le planning précis des épreuves qu'une quinzaine de jours à l'avance. Il faut en avoir conscience avant de s'inscrire...
Il faut aussi pouvoir financer les allers-retours à Paris, les nuits d'hôtel, l'achat de bouquins indispensables, etc. : vous voilà prévenus !
Pour ma part, j'ai passé huit épreuves en décembre / janvier dernier, durant lesquelles j'étais mélangé aux étudiants "classiques". Choc de génération assuré quand on entend certaines conversations dans les couloirs du campus...
(Conversation surprise dans les couloirs, entre deux véritables passionnés d'Histoire, environ quinze minutes avant le début d'une épreuve sur l'Histoire du XIXe siècle :)
- C'était qui Napoléon III, déjà ?
- Ben... le fils de Napoléon II5.
(des vrais passionnés, j'vous dis)
J'ai choisi la filière Histoire (option Histoire de l'Art) à l'Université de Paris-Nanterre (avec pour objectif d'aller jusqu'en Master II, donc 5 ans d'études au total6), mais évidemment plein d'autres filières sont possibles, à Paris-Nanterre ou dans d'autres universités qui disposent du dispositif "Étudiant à Distance" (encore trop peu, malheureusement). Renseignez-vous7 !
La fac, c'est bien beau, mais le blog dans tout ça ?
Arghhhh ! La question qui tue !
Comme vous l'avez constaté ces derniers mois, je n'ai clairement pas réussi à faire face et j'ai dû laisser de côté l'écriture de nouveaux articles pour me consacrer à mes cours... Ce qui est plutôt paradoxal, puisque je me suis justement lancé dans ce projet pour améliorer le blog !
J'ai aussi pris conscience ces derniers temps de l'importance qu'EtaleTaCulture avait prise dans ma vie ces dernières années... et ça me va très bien comme ça ! J'ai donc décidé de m'y remettre, avec un rythme de publication "raisonnable".
J'ai déjà deux-trois articles sous le coude qui ne vont pas tarder à sortir... Wait & see !
Et, si reprendre des études à distance en parallèle de votre boulot vous intéresse, n'hésitez pas à me poser des questions, je me ferai un plaisir de partager mon expérience avec vous !
Notes
- L’idée d’apprendre à l’âge adulte a une longue histoire. Dans son rapport sur l'instruction publique des 20 et 21 avril 1792, Condorcet défend un enseignement qui accompagne les individus après leur sortie de l’école. Il affirme déjà que l’accès aux connaissances doit rester ouvert à tous les âges.↩ Retour au texte
- En France, l’enseignement à distance précède largement internet : le service public par correspondance, créé en 1939 pour faire face à la désorganisation scolaire de la guerre, est l’ancêtre du Cned.↩ Retour au texte
- La faculté des Lettres et Sciences humaines de Nanterre ouvre officiellement le 2 novembre 1964, d’abord comme annexe de la Sorbonne. L’histoire et la géographie font partie de ses premières sections.↩ Retour au texte
- À Nanterre, le télé-enseignement possède déjà une histoire dans les années 1960. En décembre 1967, un service jusque-là lié à la Sorbonne est transféré à la faculté des Lettres. Les étudiants reçoivent des cours polycopiés et suivent des émissions radiophoniques ; le service est ensuite connu sous le nom de « Radio-Nanterre ».↩ Retour au texte
- Napoléon III est en réalité le fils de Louis Bonaparte et d’Hortense de Beauharnais, donc le neveu de Napoléon Ier. Napoléon II, fils de Napoléon Ier, est son cousin.↩ Retour au texte
- L’organisation licence-master-doctorat est inscrite dans les textes français en 2002, dans le cadre de l’espace européen de l’enseignement supérieur. La licence correspond à 180 crédits européens ; le master porte le total à 300, soit 120 crédits supplémentaires.↩ Retour au texte
- La Fédération interuniversitaire de l’enseignement à distance, créée en 1987 à l’initiative du ministère, rassemble des universités proposant cette modalité.↩ Retour au texte




Hahaha je vois des commentaire de 2021 qui demande des news, commentaire sans aucune réponse, je me lance tout de même ayant une passion pour les neurosciences et la psycho, je commande commencer ma licence et allé jusqu'au MASTER, je me demande comment avez-vous fait pour aller jusqu'au master vous travailliez à côté ?
Bonjour, je pense reprendre en septembre e licence d histoire, j ai 38ans. Ça m excite et ça m angoisse en même temps, je travaille à temps plein et j ai 2 enfants. Je ferai cette reprise d études supérieures dans le but de changer de métier