La Guerre des Trois Henri

Il faut bien l’avouer, Henri III (1551 – 1589), quatrième fils de Catherine de Médicis, est bien plus célèbre pour ses frasques sexuelles et ses innombrables « mignons » que pour sa stratégie politique.

– Des mignons?

– Oui! Henri III aimait s’entourer de jeunes hommes raffinés, s’habillant de façon très précieuse. Ceci dit, attention aux anachronismes! Ce raffinement et cette préciosité ne sont pas à confondre avec l’homosexualité, même si les détracteurs d’Henri III se font un plaisir d’utiliser ce raccourci dans leurs campagnes de désinformation!

Pourtant, Henri III n’en demeure pas moins un homme d’Etat avisé œuvrant pour la paix au sein de son Royaume. Lors de son couronnement en 1574, le pays vit des heures sombres: le massacre de la Saint-Barthélémy s’est déroulé quatre ans auparavant et la guerre entre catholiques et protestants fait encore rage.

Pour tenter d’apaiser son royaume, il signe la paix de Beaulieu le 6 mai 1576 avec les Protestants qui met fin à la cinquième Guerre de religion.

Le duc de Guise, ultra-catholique, est outré: il refuse toutes les concessions faites par le Roi envers ces hérétiques. La même année, il crée la Ligue de la Sainte-Union qui prend de plus en plus d’ampleur.

Henri III est alors confronté à un dilemme… Doit-il laisser le duc de Guise organiser ce contre-pouvoir? Doit-il, au contraire, lutter contre la Ligue au risque de se mettre à dos tous les catholiques du Royaume? Sur un plan politique, sa décision est finalement très intelligente: il décide de prendre la tête de la Ligue de la Sainte-Union afin de mieux pouvoir la neutraliser.

Les Protestants vivent la décision du Roi comme une trahison… Ils ne l’entendent pas de cette oreille et se révoltent à leur tour… Nous sommes en décembre 1576, soit à peine 6 mois après la signature de la paix de Beaulieu. La paix aura été de courte durée!

Les alliances se préparent, les protestants rallient les Anglais et les Allemands tandis qu’Henri de Guise se rapproche de Philippe II d’Espagne. Après la Ligue de la Sainte Union, une deuxième Ligue voit le jour, bien plus puissante et agressive que la première. Cette fois dirigée par Henri de Guise en personne, elle possède sa propre armée, devient anti-monarchiste et fait régner la terreur dans Paris.

C’est alors qu’un évènement inattendu survient: le frère d’Henri III, unique prétendant à la succession au trône, meurt… Face à l’absence de descendance d’Henri III, les ambitions se réveillent… Henri de Guise revendique le trône pour son frère le cardinal de Bourbon. Quant à Henri de Navarre, protestant, il descend directement de Louis IX et estime donc qu’il a légitimement le droit de porter la couronne de France.

Ca y est, on a nos 3 Henri: Henri III, Henri de Guise et Henri de Navarre: la guerre des trois Henri est lancée!

Henri III ouvre les hostilités et remporte un round en ayant recours à la bonne vieille méthode de l’assassinat: il fait tuer Henri de Guise et son frère le cardinal de Bourbon. Un Henri de moins! Par contre, la Ligue, qui tient toujours la ville de Paris, est scandalisée par cet assassinat et devient de plus en plus agressive. Le Royaume est en proie à une véritable guerre civile.

Henri de Navarre offre à Henri III son armée composée de soldats protestants afin de délivrer Paris des Ligueurs. Les deux Henri installent un siège autour de la capitale.

le 1er août 1589, alors que le conflit est encore loin d’être dénoué, Henri III se fait assassiner par Jacques Clément, un moine manipulé par Catherine de Montpensier, la sœur du Duc de Guise.

Henri III n’ayant toujours pas d’héritiers, c’est Henri de Navarre qui est censé monter sur le trône. Bien sûr, les Ligueurs ne l’entendent pas de cette oreille et nomment leur propre Roi: le cardinal Charles de Bourbon. Henri de Navarre parviendra-t-il à mater la rébellion et à conquérir son trône? La suite au prochain numéro!

– Ouais, ben moi, j’ai pas compris grand chose… Y’a trop de Henri dans cette histoire!

Pour approfondir…

____________________________________

Vous avez aimé cet article ? Alors j'ai besoin de vous ! Vous pouvez soutenir le blog sur Tipeee. Un beau geste, facile à faire, et qui permettra à EtaleTaCulture de garder son indépendance et d'assurer sa survie...

Objectif: 50 donateurs
Récompense: du contenu exclusif et/ou en avant-première

Je vous remercie pour tout le soutien que vous m'apportez depuis maintenant 5 ans, amis lecteurs!
Djinnzz

PS: ça marche aussi en cliquant sur l'image juste en dessous ↓↓↓↓

Djinnzz

Créateur et rédacteur d' EtaleTaCulture

Vous aimerez aussi...

7 Réponses

  1. Fantine dit :

    Merci BEAUCOUP! D’un humour agréable et d’une clarté ludique.

  2. Fantine dit :

    Et le contraire.

  3. Marion dit :

    Henri de Guise n’est nullement le frère du Cardinal Bourbon.
    Le Cardinal Archevêque est le frère d’Antoine de Vendôme, père d’Henri de Navarre, futur Henri IV !

    Antoine et le cardinal ont également un troisième frère, Louis de Condé, ennemi juré d’Henri de Guise.

    Oncles, neveux et frères se font tous la guerre.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.