[Les gens altruistes sont-il gentils ?] Petite étude cynique sur les mécanismes de la générosité

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Djinnzz

Créateur et rédacteur d' EtaleTaCulture

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20 Réponses

  1. AvatarJean dit :

    Vous avez ce don de toujours me surprendre, article après article…
    Merci pour cette brillante démonstration !

  2. AvatarBapt dit :

    Aussi bien le fond que la forme sont géniaux !
    Un article que tous les bobos qui se croient « humanistes » ou « voués à des causes humanitaires » (ils te balancent ça la gueule en général comme si TOI et ta petite vie étriquée ne valaient pas le coup d’exister) devraient lire…

    • AvatarSophie dit :

      Ce n’est pas parce que l’altruisme apporte quelque chose également à celui qui fait l’acte de donner que ça dévalue le concept !
      Je ne sais pas si je suis clair, mais j’ai peur que je message sous-jacent de cet article soit: de toute façon, toutes les actions sont intéressées donc ça ne sert à rien d’être généreux.

      Donner quelque chose à quelqu’un, même si ça produit de la dopamine ou je ne sais quelle autre connerie, ça n’en reste pas moins une belle action !
      Donc je trouve cet article dangereux car il peut être interprété à mauvais escient, d’autant que le style très littéraire utilisé donne du crédit au message…

    • AvatarDjinnzz dit :

      Bonsoir Sophie,
      Je me suis posé la même question , en effet. C’est pourquoi j’ai tenu à conclure l’article sur le visage d’un SDF qui s’illumine après qu’on lui ait donné quelques pièces. Une petite lueur d’espoir dans le cynisme ambiant…

      Je suis donc d’accord avec vous !

      Néanmoins, on a trop tendance à se sur-valoriser lorsqu’on commet une petite action charitable. Relativisons tout ceci…
      De plus, prendre conscience que l’action de donner nous est, même indirectement, toujours profitable devrait nous inciter à plus de générosité.

      Mais je comprends tout à fait les craintes que vous mentionnez, et j’espère que ce commentaire vous rassure sur mes intentions !

  3. AvatarLuis dit :

    On se laisse prendre assez facilement dans cette petite nouvelle aux relents philosophiques…
    Je reste un peu sur ma faim néanmoins concernant la démonstration de l’inexistence de l’altruisme qui aurait mérité un peu plus de consistance.
    Mais je reviendrai ici lire vos productions d’une très bonne qualité !

  4. AvatarDjinnzz dit :

    Eh bien eh bien… Que de gentils commentaires !
    J’avais peur que le style narratif de cet article ne plaise pas… me voilà rassuré ! 🙂

    • Avatarjean dit :

      Que de gentils commentaires… mérités ! 🙂

  5. AvatarProto dit :

    Article inspirant…

  6. AvatarExki dit :

    « Lorsqu’on réalise un don, le corps produit de la dopamine, la même molécule que lors d’un rapport sexuel… Notre corps lui-même nous incite à être généreux! »

    Sans doute l’info la plus intéressante de cet article ! Et si ce mécanisme était lié au darwinisme, et que la solidarité entre être humain était une condition sine qua none à notre survie? Si on extrapole, le modernisme étant synonyme de repli sur soi, cela signifie que plus une civilisation devient technologique, moins elle devient altruiste et puis elle risque de s’auto-détruire…

    N’est-ce pas un peu de ça dont il est question aux actualités depuis des mois (terrorisme, attentats, migrants, chômage, précarité,…)

    Hélas, une société fondée uniquement sur la générosité de ses membres semble bien utopique… (quoi que, comme vous le dites, dans certaines tribus primitives…)

    C’est pour ça qu’il faut se battre pour défendre notre système de sécurité sociale ou de retraite: seul exemple au monde de réelle générosité (certes organisée par l’Etat) !

  7. Avatardjinnay dit :

    belle narration !!! j’adore le style …un style plus américain que francophone….hate de lire la suite 😉

    • Avatarnouf dit :

      C’est marrant que tu trouves ce style plus américain que français.
      Moi, le style me fait plutôt penser à du Guy de Maupassant (Le Horla, notamment) : le héros qui s’installe progressivement dans la folie…
      Tu pensais à quel bouquin en particulier, toi ?

  8. AvatarSand dit :

    Tombée par hasard sur cet article, je suis agréablement surprise par la prose ( et la réflexion).
    On entend les gens râler quand le train est en retard mais jamais de compliments quand il est à l’heure .Même principe pour un article,un peu de flatterie ne fait pas de mal( tiens ,c’est être altruiste ça ? )
    Je tomberai par hasard plus souvent par ici 🙂

    • AvatarLeva dit :

      Un texte qui fera date !
      Vous n’avez jamais pensé à publier un recueil de nouvelles comme celles-ci ? S’il voyait le jour un jour, je lui prédis un beau succès 🙂

  9. AvatarPat dit :

    La photo du Kid de Charlie Chaplin est très bien choisie, et le petit dialogue très touchant.
    Un sans faute !

  10. AvatarDavid dit :

    Au final, c’est rassurant que l’altruisme véritable n’existe pas…
    Puisque il existe des compensations de tout genre à tout acte généreux, cela devrait inciter les gens à aider leurs prochains…
    C’est moins cher que se payer une prostituée et ça produit le même effet sur le cerveau ! (dopamine)

  11. AvatarEurosix dit :

    On confond peut-être « altruiste » et « généreux » ! On pourrait faire un don tout en étant égoïste et bénévole à la  »Ligue contre le cancer ». Et si « altruisme » voulait simplement dire « vivre sa vie autrement » ? J’attends la suite avec impatience.

    • AvatarDjinnzz dit :

      Oui, vous avez sûrement raison Francis…
      Je dois vous faire une confidence: je suis dans l’embarras, je ne sais absolument pas comment continuer cette histoire !

      (mais bon, j’y réfléchis, j’y réfléchis…)
      🙂

  12. AvatarOnestplusieursdansmatête dit :

    Bonjour,

    Votre article est très intéressant.

    Avez-vous déjà entendu parler de l’Ennéagramme? Il s’agit d’une théorie selon laquelle il n’existe que 9 types de personnalités, peut-importe l’environnement des individus. C’est types de personnalités (ennéatypes) sont sujets à des passions (excès, mauvais côté qui se dévoile lorsque la personnalité de base est frustrée). Parmi ces neuf types, il y a…l’altruiste (énneatype 2, si cela intéresse quelqu’un).

    L’altruiste y est décrit comme une personne qui « se donne aux autres ». Il cherche à aimer et souvent à aider concrètement les gens autour de lui. Il perçoit intuitivement les qualités, les possibilités et les besoins des autres. Il va même jusqu’à anticiper les besoins de son entourage, convaincu qu’il sait ce qui est bon pour chacun. Il a tendance à dire chaleureusement aux autres ce qu’il y a de bien en eux et à les aider à surmonter leurs problèmes. Il est fier de cette image de personne aimante.
    Cependant, comme tout énneatype, il est sujet à une passion: l’orgueil.
    Bien qu’il revendique que son aide est désintéressée, l’altruiste aimerait bien que son rôle soit apprécié et surtout reconnu. Parfois, il manipule les autres pour obtenir cette reconnaissance et se met en colère s’il ne l’obtient pas. Le souci de son image fait qu’il veut que son aide soit acceptée, utile et efficace. Certains altruistes iraient même jusqu’à n’aider que des gens susceptibles de réussir. Ils sont souvent heureux dans le rôle d’éminence grise de quelqu’un d’important.

    Ainsi, l’altruiste serait à fond sur le don de soi…mais pour se sentir exister. Pour combler un besoin personnel, donc. Egoïsme masqué de générosité?
    La vraie question, je pense, c’est « Est-il possible qu’aider nourrisse notre égo, justement parce que l’entraide est une notion profondément encrée en nous, un besoin primaire, un besoin humain? » Peut-on continuer de penser que les altruistes sont « de fausses bonnes personnes » qui font le bien pour se sentir valorisées, si leur besoin de donner est naturel et humain? Dirait-on d’une personne qu’elle est égoïste car elle mange pour répondre à un besoin primaire? Car oui, l’entraide est aussi indispensable que la nourriture. Si on mange pas, on meurt, et si on a de l’aide de personne et qu’on se complet dans une vie de solitude nombriliste, est-on un humain « vivant »?
    C’est vrai, il est normal de se sentir heureux et fier lorsque l’on accomplit quelque chose de bien. Alors, pourquoi devrait on dénigrer nos gestes sous prétexte qu’on les a réalisé pour se sentir fier de soi? C’est beau de se sentir fier de soi grâce à quelque chose que l’on a accompli pour quelqu’un d’autre que soi-même. C’est LA, que L’Humanité reprend tout sons sens.

    Personnellement, je pense que ce qui donne de la valeur à nos actes sont les motifs auxquels ils sont associés, à l’instant T où nous les réalisons. Lorsque vous avez donné ces 5 euros au SDF, à l’instant T, donc, c’est a rendre service que vous pensiez. Votre motif était beau, alors votre action était belle. La remise en question est venue après cet instant T, c’est une rétrospection. Si vous êtes exigent et dur avec vous-même, ce sont ces traits de caractère qui vous font questionner votre action, pas l’action elle même.

    J’irai même plus loin, se remettre en question, justement, peut-être le signe ultime d’une « bonne personne ». Une personne qui se remet en question est une personne humble. L’orgueil, d’après moi, le problème numéro 1 de l’humanité, est le parfait opposé de l’humilité. Une personne qui ne se remet pas en question est une personne orgueilleuse, et une personne orgueilleuse, à terme, est capable de faire de vilaines choses pour nourrir son égo. Etre humble, surtout sur les belles actions que l’on entreprend, ne serait il pas un témoignage fidèle de notre « bon cœur? »

    Nous sommes tous humain, il est normal que le fait d’aider son semblable nous satisfasse et nous rende heureux. Car, pendant quelques minutes, nous en revenons au principe même de l’humanité: l’amour.

    Pour conclure, Mère Theresa ou L’Abbé Pierre étaient intéressés, ils cherchaient à combler un besoin personnel et une satisfaction personnelle aussi, celle d’aimer et celle de donner pour être bien. Dans un monde où les objectifs de vie son individuels (je veux ma maison mon chien ma femme mes gosses ma carrière mon iPhone mon ordi et ma voiture) renoncer à l’accomplissement des besoins SUPERFICIELS que l’on nous apprend à désirer pour en revenir aux véritables besoins, à savoir l’amour et l’humanité, peut-il vraiment être questionné?

    L’humble se nourrit de son altruisme, l’orgueilleux se nourrit de son égoïsme.

    • AvatarDjinnzz dit :

      Très très très intéressant !
      Non, je ne connaissais pas du tout, merci beaucoup !

  13. AvatarPierre dit :

    Un peu tard mais je viens de tomber sur le site…
    Parler d’altruisme est aussi parler de don. Marcel Mauss en a fait le fait social total le plus important dans son « essai sur le don » (1924/25). Il y a aussi le site M.A.U.S.S qui est le lieu fondamental des auteurs qui écrivent sur le don. Leurs approches sont essentielles pour comprendre cet invariant anthropologique essentiel.

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