
Un matin, il y a quelques jours, je me réveillai en sursaut, le cœur battant et étreint par l'angoisse, avec une étrange question en tête : "Suis-je une bonne personne ?"
À cette question, la réponse OUI me vint instantanément à l’esprit. Après tout, je me lève chaque matin pour aller bosser, je paye mes impôts
(et sur internet, qui plus est)
(donnez-moi une médaille)
je dis bonjour avec le sourire au boulanger du coin quand je lui achète ma baguette, je cède ma place aux personnes âgées dans les transports en commun et, un jour, j’ai même donné 5 euros à un mendiant dans la rue.
Bien sûr, j’ai mes mauvais côtés, aussi. La plupart du temps, je préfère tourner la tête plutôt que d’affronter la misère des plus démunis.

Je tambourine à la porte de mes voisins du dessous, étudiants de leur état, quand ils organisent des fêtes avec une cinquantaine de leurs congénères, en les menaçant de leur péter la gueule s’ils ne baissent pas leur put*** de musique de m*** parce que bordel, y’en a qui bossent demain.
(ceci est une histoire vraie)
Et puis, une fois, alors qu'une gentille personne m’avait ouvert son lit le temps d’une nuit, je lui ai dit, le matin venu, que j’allais chercher des croissants, et je ne suis jamais revenu.
(putain, j’ai honte)
(désolé, on se croirait dans Confessions Intimes)
Mais bon, si je fais le bilan, je pense que je n’ai jamais VRAIMENT fait de mal à personne.
(sauf une fois, en CE1, j’ai volé son goûter au petit William, mais c’était pour me venger parce qu’il m’avait fait un croche-pattes la veille)
(bonjour la terreur de la cour de récréation)
C’est quoi, une bonne personne ?
Mais, ne pas avoir fait de mal (ou, du moins, le moins de mal possible) autour de soi suffit-il à se qualifier de BONNE personne ? J’eus quelques secondes de réflexion, tentant de cerner la portée d’une telle question. Non, bien sûr… Au mieux, cela nous définit comme une personne qui n’est pas MAUVAISE. Ce qui, au final, n’est déjà pas si mal.
Ce matin-là, donc, j’en vins à touiller mon bol de café noir en me posant LA grande question : c’est quoi, une bonne personne ?
(en vrai, c’était en mangeant un bol de Chocapic, mais ça fait carrément pas viril d’avouer ça)
(s’il te plaît, ne me dénonce pas)
Question facile s’il en est… Une bonne personne, c’est une personne altruiste, faisant passer le bien-être de ses congénères avant le sien1. Un peu comme moi quand j’ai donné un billet de 5 euros au clochard du coin. Ces 5 euros auraient pu me permettre de me payer mon paquet de clopes, mais j’ai préféré me passer de ce plaisir pour aider mon prochain.
Un acte TO-TA-LE-MENT désintéressé. De l’altruisme pur. De l’héroïsme ordinaire. Ouais, m’sieurs-dames, j’suis un héros, moi.
À ce stade de ma réflexion, mon regard encore vaseux se fixa sur le fond de mon bol. N’étais-je pas en train de me mentir à moi-même ? Pouvais-je vraiment affirmer que cet acte était désintéressé, que je n’en avais retiré aucun bénéfice ? Parce que, si je me rappelais bien, ça m’avait fait vachement plaisir de le donner, ce billet, à ce vieux monsieur assis par terre dans la rue. Il avait levé les yeux vers moi et m’avait remercié d’un hochement de tête, et j’ai pu voir un sourire s’esquisser sur son visage. Ce regard-là, je m’en souviendrai longtemps.
(en fait, cette histoire s’est passée il y a une dizaine d’années donc, techniquement, je m’en souviens DÉJÀ depuis longtemps)
"Tu te rends compte, me dis-je à moi-même, j’ai donné un billet de 5 euros à une personne dans le besoin 10 ans plus tôt, et je me rappelle encore de ce geste, et des émotions contradictoires que j’ai ressenties."
Alors, je fus bien obligé d’admettre la vérité. Ce geste n’était pas nécessairement totalement désintéressé2. J’ai eu L’IMPRESSION que je ne recevais rien en retour de mon don, mais cela m’a en fait permis de faire plein de choses : de me donner bonne conscience, de me donner le sentiment que j’étais une bonne personne et même, 10 ans plus tard, d’écrire un article sur le sujet qui me rapportera un peu d’argent grâce aux quelques publicités que j’ai disséminées sur mon blog.
(paye ta mise en abyme)
Mais si toutes les actions supposées désintéressées ne le sont pas vraiment, on peut légitimement se poser la question : existe-t-il dans ce bas-monde des gens altruistes ? Ou, plus simplement, la notion même d’altruisme existe-t-elle ?
L'altruisme existe-t-il vraiment ?
Je venais de finir mes Chocapic mon café noir et me dirigeais maintenant vers la douche. Alors qu’une eau brûlante et salvatrice me massait les épaules, je m’amusai à balayer mentalement les personnes de mon entourage. Bien qu'il y ait dans le lot des personnes très agréables et très sympathiques, je fus assez déçu de constater qu’au final, personne ne pouvait vraiment prétendre au qualificatif d' "altruiste".
(mince, je suis entouré d’une bande de sales égoïstes !)
(oh, c’est bon, calmez-vous, les amis qui lisez cet article, je plaisante)
(un peu)
Alors j’étendis le cercle de mes recherches aux personnalités publiques. Deux noms me vinrent immédiatement en tête : l'Abbé Pierre et Mère Thérésa. Mais, outre les bonnes actions indéniables que ces deux personnes ont réalisées dans leur vie, peuvent-elles vraiment être considérées comme altruistes ? Leurs actions étaient-elles VRAIMENT totalement désintéressées ?
Elles aussi ont gagné beaucoup grâce à leurs actions humanitaires : une renommée internationale et une reconnaissance de leurs pairs. Peut-on être sûr que les actions menées eussent été les mêmes en dehors des feux des projecteurs ? Et ça, c’est seulement pour le côté matériel. Car d’un point de vue plus spirituel, elles ont pu y rechercher le sentiment d’être utiles et, surtout, l’espoir d’une place au Paradis (ou du moins un passage au Purgatoire pas trop long), ce qui est un peu le Saint-Graal pour tous les gens de foi.
Donc, l’Abbé Pierre et Mère Thérésa étaient-ils vraiment altruistes ?
Je ne sais pas.
Je ne pense pas3.
Je sortis de la douche et m’habillai promptement. Je me retrouvai devant la glace, en train de nouer ma cravate autour du cou. À la lumière blafarde du néon, mon visage semblait triste, mes cernes ressortant comme deux soucoupes sombres et hideuses. Les stigmates de plusieurs semaines d’insomnie commençaient à se lire sur mon visage, et je sentais bien que je n’arriverais plus à tenir longtemps ce rythme. Avais-je seulement le choix ?
Pour détendre l’atmosphère entre moi et moi-même, je fis un sourire forcé dans le miroir. Mais mon reflet ne bougea pas d’un cil et continua de me scruter d’un air grave et soucieux. Interloqué, je clignai des yeux et tout revint soudain à la normale, mon reflet suivant de nouveau docilement le moindre de mes mouvements.
Un peu effrayé par cette expérience étrange, j’éteignis la lumière et sortis de la salle de bains. J’enfilai mon manteau en vitesse et, quelques secondes plus tard, j’étais dans la rue. L’air frais qui me balayait le visage me fit du bien. Je tentai d’oublier cette étrange expérience en reprenant le fil de ma réflexion.
"Mais, en fait, c’est quoi, l’altruisme ?"
J’avais lu quelques jours plus tôt que l'altruisme était un mot inventé par Auguste Comte, dès 18514, à partir du mot autrui (alter en latin) pour désigner un comportement caractérisé par des actes motivés par le souci du bien d’autrui.
Mais cette définition ne me satisfaisait pas vraiment.
Partons du principe que l’homme est un animal rationnel. Dans un modèle économique simplifié, l’acteur rationnel maximise son utilité sous contrainte. Ce principe structure une partie de la théorie économique : dans ce cadre, le but est de maximiser l’utilité compte tenu des ressources disponibles5.
Dans la vraie vie, notez bien que les "bénéfices" ne sont pas forcément des espèces sonnantes et trébuchantes… Il peut s’agir tout aussi bien d’un sentiment de bien-être, de la satisfaction du devoir accompli, de recharger son karma ou de se mettre dans les petits papiers de Saint-Pierre pour qu’il ait un œil bienveillant sur nous lorsque nous serons aux portes de Son domaine…
Les différents types d'altruisme : l'altruisme envers ses proches
Alors que je cogitais intensément sur le sujet, j’en vins à distinguer trois types de comportement altruiste :
Parce que, dit-on, charité bien ordonnée commence par soi-même, l’altruisme envers ses proches me semblait le plus évident. À quoi bon s’occuper de son prochain si notre propre fils, nos propres parents, sont dans le besoin ? J’avais lu il y a quelques années un livre très intéressant dont je ne parvenais pas à me rappeler l’auteur. Gary quelque chose, je crois. Il bâtissait sa réflexion autour de "l’interdépendance des utilités6". Dans certains cercles familiaux, ou dans des tribus de certains peuples primitifs, servir les siens revient à se servir soi-même.
Plongé dans mes pensées, ombre parmi les ombres dans la ville qui dormait encore, je me dirigeai, tête baissée et d’un pas rapide, vers la gare où m’attendait le train de 6h22. Je ne vis pas approcher l’homme qui marchait dans ma direction. Nos deux épaules s’entrechoquèrent violemment.
Surpris, je levai la tête, prêt à m’excuser. L’homme s’immobilisa et me fixa sans dire un mot avant de tourner les talons et reprendre son chemin. L’action fut si rapide que je ne trouvai moi-même rien à dire. Je le regardai filer dans la rue peu éclairée et m’apprêtai à reprendre mon chemin.
Mais je m’aperçus qu’un portefeuille traînait par terre. Il semblait évident qu’il avait glissé de la poche de l’Inconnu lors de notre bousculade.
Je ramassai le portefeuille et courus en direction de l’homme. Déjà, il avait tourné au coin de la rue et, quand j’y arrivai à mon tour, la rue était déserte. Étrange, pensai-je.
J’ouvris le portefeuille que j’avais en main à la recherche de papiers qui m’auraient permis d’identifier ce mystérieux inconnu. Le portefeuille était complètement vide, à l’exception d’une carte d’identité américaine au nom de Gary Becker.
Le nom me fit l’effet d’un coup de massue. Gary Becker… Ça me revenait, maintenant. C’est justement le nom de cet auteur que j’avais sur le bout de la langue quelques minutes plus tôt.
Étais-je en train de devenir fou ? La vision de mon propre reflet dans le miroir qui me fixait ce matin fit irruption dans mon esprit et une peur panique commença à m’étreindre. Je regardai autour de moi et filai sans demander mon reste, courant sur les quelques centaines de mètres qui me restaient à parcourir jusqu'à la gare. Enfin, je pus m’installer dans le confort rassurant de mon Train Express Régional. Je tentai néanmoins d’éviter soigneusement de regarder mon propre visage qui se reflétait sur les vitres de la rame.
Je sortis mon smartphone de la poche pour en savoir un peu plus sur ce Gary Becker. Né en 1930, il est mort à Chicago le 3 mai 20147. Je sortis de nouveau la carte d’identité trouvée par terre. "Gary Becker born 12/02/1930". Aucun doute possible, la date de naissance coïncidait. Le style impersonnel de l’article Wikipedia qui lui était consacré m’ennuya rapidement, et j’éteignis mon téléphone.
Gary Becker.
Était-ce vraiment LUI qui m’avait bousculé tout à l’heure ? Comment expliquer cette coïncidence totalement folle ? Je chassai toutes mes interrogations et tentai de reprendre le fil de ma réflexion.
L’altruisme envers ses proches, donc, ne doit pas être automatiquement considéré comme du pur désintéressement, étant donné que l’auteur d’une action "désintéressée" peut en récolter les fruits tôt ou tard. C’est ce même mécanisme qui s’applique quand un mari fait plaisir à sa femme (ou inversement) : il sait que, ce faisant, il en retirera tôt ou tard une satisfaction. Idem à propos de l’héroïsme de guerre : aider son copain sur le champ de bataille, c’est espérer que lui, ou un autre, fera la même chose pour vous quand vous en aurez besoin8.
L'altruisme envers les étrangers
Qu’en est-il de l’altruisme envers les étrangers ? Là encore, l’espérance d’un gain différé vient fausser les cartes… Entretenir une attitude altruiste dans sa vie de tous les jours, revient, en quelque sorte, à "accumuler du capital social mobilisable en cas de besoin"9.
En gros, faites du bien autour de vous, cela finira par se savoir et changera le regard que les autres portent sur vous. Cet œil bienveillant pourra être bénéfique un jour ou l’autre… Je me rappelai alors de Tom Wolfe, cet auteur américain qui parlait à ce sujet, assez cyniquement, d’ "un dépôt à la banque des faveurs"10… dont, bien sûr, la personne "altruiste" ne tardera pas un jour ou l’autre à venir chercher les intérêts !
L’altruisme véritable, là encore, n’était pas de la partie…
Dans ma quête de la bonté de l’âme humaine, j’avais encore un infime espoir. Il restait une catégorie d’actions que je n’avais pas encore explorée : celle concernant l’altruisme envers des étrangers, encore, mais cette fois à l’écart de toute interaction récurrente. Une relation "one shot", sans aucun espoir de retour.
Quand l’acte « altruiste » n’est que résultante de la pression sociale
Le train avait pris sa vitesse de régime, et j’observais le paysage urbain qui défilait sous mes yeux. Les lumières de la ville m’hypnotisaient. J’imaginais ces hommes et ces femmes, là dans leur lit douillet, là s’apprêtant à partir travailler, déposant un dernier baiser sur les lèvres de la personne aimée. Mon esprit vagabondait et, une chose en entraînant une autre, j’en vins à penser au système de pourboire des États-Unis. Là-bas, les prix indiqués sur les cartes des bars et des restaurants n’incluent souvent pas le service… il faut donc y ajouter un pourboire pour payer les serveurs. La norme veut qu’on laisse entre 15 et 25 % du montant total de la note, mais, bien sûr, hors frais de service obligatoires, le pourboire est volontaire. Vous pouvez aussi bien ne donner aucun pourboire, et personne ne viendra vous courir après à la sortie du restaurant… il vous faudra "seulement" affronter le regard désapprobateur (et sans doute une réflexion acerbe) de votre serveur. Donner un pourboire peut donc être ici une façon d’échapper au sentiment de honte ou de culpabilité vis-à-vis du serveur ou des autres clients11.
La "charité chrétienne" peut aussi s’expliquer de la même façon… et que dire de la simonie12!

On donne donc pour se sentir tranquille, avoir le sentiment d’avoir rempli un impératif moral ou social. Un altruisme normatif, en quelque sorte, guidé par le sentiment de soumission à des normes sociales.
Une autre façon de voir les choses est de considérer un altruisme hédoniste : dans ce cas de figure, je ne paye pas pour éviter une peine, mais pour me procurer un peu de bonheur. Des études d’imagerie cérébrale étayent cette idée : j’avais lu quelque part que, lorsqu’on réalise un don, certains circuits cérébraux de la récompense s’activent, également impliqués dans d’autres plaisirs… Notre corps lui-même nous incite à être généreux13!
Mon train était enfin à quai. Alors que je sortais de la gare, je levai les yeux au ciel. Un bleu azur annonçait une belle journée. À côté de moi, un homme assis par terre me demanda un peu de monnaie. Je lui offris mon plus beau sourire, et son visage s’illumina aussitôt. Je sortis quelques pièces de ma poche, m’excusai de lui donner si peu, et poursuivis mon chemin.
C’était une belle journée et rien, pas même Gary Becker, ne pourrait la gâcher.
Dans ma poche, je sentis mon téléphone vibrer. Sans que je ne puisse me l’expliquer, un courant glacé me parcourut l’échine. Je sortis l’appareil et, comme je le pressentais, constatai qu’il s’agissait d’un appel masqué.
- Allo ? fis-je, hésitant.
- Bonjour, Arnaud, dit l’inconnu d’une voix calme et posée. Je crois que vous possédez quelque chose qui m’appartient.
Quelque chose me disait que j’allais enfin comprendre les mystérieux événements qui ponctuaient ma vie depuis quelque temps…
À SUIVRE ?
Notes
- En philosophie morale, l’altruisme désigne d’abord le souci du bien d’autrui pour lui-même. Il ne résume pas toutes les qualités d’une « bonne personne » : justice, honnêteté et respect des droits soulèvent aussi leurs propres questions.↩ Retour au texte
- James Andreoni distingue en 1990 l’altruisme « pur », sensible au bien reçu par autrui, et le plaisir de donner lui-même, souvent appelé warm glow. Son modèle d’altruisme « impur » combine ces deux motivations : satisfaction personnelle et souci des autres peuvent coexister.↩ Retour au texte
- L’introspection ne suffit pas à trancher les intentions d’une autre personne. En 1981, Daniel Batson et ses collègues ont confronté des explications concurrentes dans une expérience : aider quelqu’un semblait-il encore attirant quand on pouvait facilement quitter la situation pénible ? Les résultats favorisaient l’hypothèse d’une motivation altruiste liée à l’empathie, sans démontrer que tous les gestes généreux sont désintéressés.↩ Retour au texte
- Le mot figure dans le premier volume du Système de politique positive, paru en 1851. Chez Comte, il accompagne un projet moral et une « religion de l’Humanité » : l’histoire du terme dépasse donc celle d’une simple étiquette psychologique. Thomas Dixon en retrace ensuite la diffusion dans l’Angleterre victorienne.↩ Retour au texte
- Maximiser son « utilité » ne signifie pas nécessairement rechercher son argent ou son confort personnel. Si le bien-être d’un proche entre dans les préférences d’un individu, l’aider peut être un choix rationnel dans le modèle, même sans remboursement attendu.↩ Retour au texte
- Le chercheur concerné est l’économiste Gary S. Becker. Dans « A Theory of Social Interactions » (1974), il développe l’analyse d’interactions où la situation d’autrui intervient dans les choix individuels, notamment familiaux. La cohérence d’un tel modèle économique ne constitue pas une preuve que toute affection cache un calcul conscient.↩ Retour au texte
- Gary Becker, né le 2 décembre 1930, a reçu le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en 1992 pour l’extension de l’analyse microéconomique à des comportements non marchands. La rencontre et la carte d’identité relèvent ici de la mise en scène fantastique du narrateur.↩ Retour au texte
- Robert Trivers formalise en 1971 un modèle d’« altruisme réciproque ». Il étudie les conditions évolutives d’une coopération entre partenaires, mais aussi le problème des tricheurs qui reçoivent sans rendre. Un bénéfice futur possible n’est donc jamais une garantie attachée à chaque secours.↩ Retour au texte
- Pierre Bourdieu définit en 1980 le capital social par les ressources liées à un réseau durable de relations et à l’appartenance à un groupe. Il précise que les profits associés à ces relations ne sont pas toujours consciemment recherchés : ce concept ne se réduit pas à tenir une comptabilité personnelle des services rendus.↩ Retour au texte
- La « favor bank » apparaît dans Le Bûcher des vanités de Tom Wolfe, publié en 1987. Cette métaphore romanesque représente des services échangés comme des dépôts et des retraits ; elle décrit une logique de relations et de pouvoir, sans constituer une loi générale de la générosité.↩ Retour au texte
- L’IRS distinguait déjà, dans son texte de 2012, le pourboire libre des frais de service imposés. Un montant automatiquement ajouté à la facture, par exemple pour une grande table, appartient à cette seconde catégorie. La liberté juridique du pourboire et la pression sociale ressentie sont donc deux questions distinctes.↩ Retour au texte
- La simonie est, dans le vocabulaire chrétien, l’achat ou la vente de biens spirituels. Son nom renvoie à Simon le Magicien, dans les Actes des Apôtres, qui voulait acheter un pouvoir apostolique. Le Catéchisme catholique la condamne : elle ne se confond pas avec toute charité accompagnée d’un espoir religieux.↩ Retour au texte
- Dans l’expérience de Jorge Moll et ses collègues publiée en 2006, des participants décidaient de donner à des organisations caritatives pendant une IRM fonctionnelle. Les dons et les gains monétaires mobilisaient en partie des circuits communs de récompense ; d’autres régions distinguaient les dons. L’IRM ne dosait pas directement la dopamine et ne permettait pas, à elle seule, de conclure au caractère égoïste de la motivation.↩ Retour au texte




Vous avez ce don de toujours me surprendre, article après article...
Merci pour cette brillante démonstration !
Aussi bien le fond que la forme sont géniaux !
Un article que tous les bobos qui se croient "humanistes" ou "voués à des causes humanitaires" (ils te balancent ça la gueule en général comme si TOI et ta petite vie étriquée ne valaient pas le coup d'exister) devraient lire...
On se laisse prendre assez facilement dans cette petite nouvelle aux relents philosophiques...
Je reste un peu sur ma faim néanmoins concernant la démonstration de l'inexistence de l'altruisme qui aurait mérité un peu plus de consistance.
Mais je reviendrai ici lire vos productions d'une très bonne qualité !
Eh bien eh bien... Que de gentils commentaires !
J'avais peur que le style narratif de cet article ne plaise pas... me voilà rassuré ! :)
Que de gentils commentaires... mérités ! :)